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Un symbole d’oppression

Un symbole d’oppression

Pour plusieurs féministes, le soutien-gorge est un symbole d’oppression des femmes. Ça se défend.

Ce morceau de vêtement répond à une certaine injonction de pudeur en aplanissant le mamelon qui distrait, dit-on, le regard masculin. C’est l’argument qu’avançaient récemment certaines écoles secondaires pour en imposer le port aux jeunes filles. Paradoxalement, il permet aussi au sein de se conformer à un idéal de beauté – haut et rond! – et participe à la sexualisation du corps des femmes.

En quelque sorte, le soutien-gorge illustre parfaitement le spectre très restreint de l’idéal féminin : pas trop sexy, mais quand même agréable à l’œil, svp.

Si le port du soutien-gorge ne fait techniquement l’objet d’aucune obligation, on peut avancer que son utilisation s’inscrit dans des idéologies dominantes, comme le capitalisme et le patriarcat. La création d’un besoin, à grand renfort de marketing insécurisant, à des fins commerciales : capitalisme.

Le fait qu’une direction scolaire invoque la distraction des garçons pour imposer le port du soutien-gorge aux filles montre qu’on veut faire porter aux filles le fardeau de la réussite masculine, et faire passer l’intérêt masculin avant l’égalité : patriarcat.

Pourtant, la plupart des femmes enfilent leur soutien-gorge sans s’en plaindre. Certaines le portent par habitude, d’autre par confort, d’autres encore en dépit de l’inconfort qu’il suscite. Plusieurs femmes se voient dans l’incapacité de sortir de chez elles sans ce petit coup de pouce contre la gravité. Même enrobées de plusieurs couches de vêtements, elles se sentiraient nues sans cet article.

Pour d’autres, le soutien-gorge est un symbole d’émancipation qui permet aux femmes de se sentir en pleine possession d’elles-mêmes et de leur sexualité, d’affronter le monde avec confiance.

On peut dire que le soutien-gorge revêt autant de significations qu’il y a de femmes qui le portent – ou ne le portent pas!

On peut même juger que le soutien-gorge soit un symbole d’oppression sans nécessairement vouloir s’en défaire. La contestation du soutien-gorge a longtemps été ridiculisée, l’image de la féministe brûlant son soutien-gorge représentant la caricature suprême d’un féminisme déraisonnable, voire stupide.

Je me suis personnellement émancipée de cette exigence vestimentaire en 2017. Ça s’est fait graduellement.

Depuis, je pourrais vous parler en long et en large des avantages de ne pas porter de soutien-gorge, mais je ne verserai pas dans le prosélytisme. Je suis consciente que le fait que je ne porte pas de soutien-gorge suscite parfois des malaises, mais j’empêche ce constat d’avoir une incidence sur une décision que j’ai prise pour moi.

Personne ne m’a forcée à abandonner mon soutien-gorge, et je ne juge pas celles qui continuent de se sentir plus à l’aise d’en porter un. S’il avait fallu qu’un règlement nous impose le port du soutien-gorge lorsque j’étais au secondaire, j’aurais probablement été en première ligne du mouvement de protestation.

Mais le jour où, sous prétexte de libérer les femmes de ce symbole d’oppression, on voudrait en interdire le port, je serais aussi la première à défendre mes consœurs qui préfèrent le statu quo. Peut-être même que, par solidarité, j’enfilerais à nouveau mon armure.

Commentaires 47

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  • émancipée

    La lucidité de votre conclusion est brûlante de vérité.

  • Pop

    Cute, vous êtes rendu à la phase soutien-gorge de votre démarche féministe, tranquillement mais sûrement, vous arrivez en 2019👍.

    Ps, ont fait quoi avec Simone, c’est pas jojo cette histoire avec Sartre..

    • corn

      passe ton chemin, pop.

    • XeRocks81

      le deuxième degré vous a complètement échappé n’est-ce pas?

    • Robert Pilon

      Bonjour Pop,
      Je crois que vous n’avez pas compris que Judith parle ici du soutien-gorge pour qu’on fasse nous-mêmes le parallèle avec le voile. Un parallèle assez habile, je dois le dire. Merci Judith.

  • Ren

    Avoir les seins pendants ou ne pas avoir les seins pendants, telle est la question.

    • Anne G

      Avoir les cheveux sales ou pas, ou avoir un « bad hair day » ou pas…

    • Lara Treard

      Je n’ai JAMAIS porté de soutien-gorge et j’ai maintenant 70 ans. J’ai des seins que m’envieraient des femmes de la moitié de mon âge. Alors lâchez moi avec les seins qui pendent…

  • Martin Harvey

    Bonjour Mme ou Mll. Lussier.
    Très bien expliqué, la différence entre les êtres. J’espère que beaucoup de gens vont lire votre article et comprendre ce qui se passe dans l’actualité. Les gens pensent que la démocratie, c’est le droit du nombre à écraser les minorités. Merci de votre contribution à remettre les choses en perspective !
    Bonne journée ! et bon choix ! 😉

    • Richard Desjardins

      Excellent !

    • Lise

      vous écrivez bien, avez le droit à vos opinions. Je crois que vous ne savez rien sur être opprimée. Quel dommage de chercher le conflit pour des broutilles. Soyez heureuse et chercher la paix ! Merci!

    • Rejean Asselin

      La démocratie n’est pas non plus une minorité qui veut écraser la majorité !@

  • Serge Daigno

    Vous devenez membre d’un club de nudistes et l’on vous en bloque l’accès parce que vous refusez d’enlever votre soutien-gorge. Vous avez le choix d’annuler votre inscription, ou plutôt d’organiser une manif pour dénoncer ce club de nudistes qui brime votre droit fondamental de porter votre soutien-gorge dans un club de nudistes.

    Le club se voit alors forcé d’accepter les nudistes en soutien-gorge, éventuellement les pantalons, les bas et souliers font leur entrée et les nudistes deviennent minoritaires au sein du groupe. Le comité non élu de ce club décide un jour de bannir ces nudistes car ceux-ci indisposent les autres membres.

    Une minorité faisant valoir ses droits individuels aura donc réussi à substituer ses propres valeurs à celles d’une majorité qui s’est écrasée devant l’adversité.

    • Judith Lussier

      Intéressante comparaison. Est-ce à dire que la société québécoise est une gang de tous nus 😂

    • Richard Desjardins

      Mais non ! C’est justement là où le respect des différences des individus s’applique. Il suffit d’avoir un club de nudiste avec soutien-gorge, et un autre sans soutien-gorge. L’objectif est de reconnaître le droit à la différence sans processus d’assimilation.

    • Benton

      Un club de nudiste est un club… privé et non pas public.
      Vous avec la liberté d’y adhérer ou non.

    • Cousineau

      Superbe votre comparaison , j’ado
      ! De plus , le soutien -gorge n’a aucune connotation religieuse !
      En plus cette journaliste n’a pas écouté de reportage sur l’histoire de l’Iran avec la venue de l’Ayatola Komeni !

  • Sebastien Gauthier

    Cet article est une allusion au voile, qui est pour certains un symbole d’oppression, et pour d’autres un symbole d’émancipation.

    La comparaison est boiteuse. D’un côté on a une pièce de vêtement imposée par des dictats religieux vieux de 13 siècles. De l’autre une pièce de vêtement qui a été porté par les femmes les plus modernes et libérées de l’histoire de l’humanité.

    Dans certains pays, dans certaines occasions, les femmes sont obligées de porter le soutien-gorge. Cette obligation est limitée dans l’espace et le temps. Rien à voir avec ces millions de femmes qui risquent la prison si elles n’ont pas leur voile dès qu’elles sortent de leur résidence.

    L’oppression du soutien-gorge est une peccadille comparée à l’oppression du voile.

    • Judith Lussier

      C’est une comparaison boiteuse en effet, et c’est la raison pour laquelle je ne l’ai pas faite dans le texte. Vous me direz qu’elle est présente dans le sous-texte, bien sûr, et elle l’est strictement dans la comparaison que l’on peut faire entre deux symboles d’oppression. En ce qui concerne le port du soutien-gorge, on a voulu l’imposer, au Québec, à des jeunes filles.

    • Sylvain Bérubé

      L’histoire du soutien-gorge est lié au contrôle du corps des femmes, comme l’est le voile. En ce sens, la comparaison tient, comme le démontre Judith dans son article.

      Par ailleurs, les gens d’ici contre l’interdiction du port du voile sont également contre son imposition, donc 100% solidaires avec les femmes d’ailleurs opprimées par le voile.

    • Maxime W.Tremblay

      Totalement d’accord, y aucune comparaison valable dans le discours de la féministe en manque d’arguments intelligents.

      Il faudrait expliquer à la petite dame, que malgré que les soutien-gorge sont conçus pour y mettre les seins, il ne faut pas confondre avec des « Saints » et encore moins un y voir un artéfact religieux. 😂😂😂 Je sais bien que la gogauche n’a pas inventé l’eau chaude.

    • Sylvie Thibeault

      Completement FAUX!!

      Voici une brève histoire entre la relation tumultueuse des femmes avec le « soutien » -gorge  »
      Vous n’avez aucune idée de ce dont vous parlez, tout comme l’autre qui se proclame bien informé sur les religions. Il semble que nous ayons beaucoup de « spécialistes » dans tout ici ..

      1-
      Depuis l’Antiquité, les femmes utilisent différents dispositifs pour leur poitrine : apodesme ou strophium, mastodeton, sangles, mamillare, brassières, bandeaux, corsets et corselets. Selon les périodes, ces dispositifs ont répondu à divers objectifs : modeler la silhouette, mettre en valeur la poitrine, faciliter les mouvements ou l’exercice sportif, mais aussi prendre en compte les convenances, touchant au monde de l’intime, voire de l’érotisme ou de la morale.

      Comme d’autres pièces de la lingerie, l’apparence peut prendre le pas sur le confort dans la conception du soutien-gorge.

      Le soutien-gorge, comme les autres sous-vêtements, joue un rôle déterminant dans la relation entre le corps et les vêtements, et dans la transformation du corps naturel en un corps culturel, un corps reflet de la société

      Nombreux femmes refusent l’usage du soutien-gorge, le jugeant inconfortable et inutile à empêcher la chute des seins. Une étude menée sur 330 femmes pendant 15 ans semble confirmer les avantages du non port du soutien-gorge : les mamelons remontent de 7 mm par an par rapport à l’épaule, la poitrine aurait tendance à se raffermir et les vergetures à disparaître.

      Certains courants féministes le refusent également, jugeant le soutien-gorge instrument d’oppression et de souffrance infligée au corps des femmes, et résultant d’une hyper-sexualisation de leur corps. Le brûlage de soutien-gorge est d’ailleurs devenu une icône (quoique plus un stéréotype) du féminisme des années 1970.
      La libération des seins est un mouvement militant pour la reconnaissance du droit à la liberté des femmes et des filles d’apparaître seins nus en public, au même titre que les hommes et les garçons, et l’arrêt de tous types de poursuites judiciaires à leur encontre dans les sociétés où avoir la poitrine découverte est jugé répréhensible. Le mouvement soutient particulièrement le droit des mères à allaiter en public.

      La libération des seins est revendiquée dans tous les aspects de la vie, mais plus couramment pratiquée lors de festivals ou à la plage, pour un bain de soleil. Les partisanes de la libération des seins ne s’identifient pas forcément comme nudistes ou naturistes, et ne désirent pas dévoiler leurs organes sexuels en public. Cela s’accompagne donc souvent d’une volonté de désexualisation des seins féminins dans la vie courante. Elles ne se comptent pas parmi les exhibitionnistes et se distancient des représentations artistiques provocantes et « allumeuses » du buste féminin. Le but affiché est de pouvoir circuler torse nu comme un mode de vie pour tous les âges et tous les sexes, d’une façon décomplexée et naturelle.

      La journée des seins nus (en) se produit dans le monde tous les ans le dimanche le plus proche du 26 août.

      C’est avec l’émergence du mouvement hippie que certaines femmes ont décidé d’abandonner leur soutien-gorge. En septembre 1968, le mouvement féministe New York Radical Woman protesta contre l’élection de Miss America à Atlantic City en jetant des accessoires féminins et des soutiens-gorge dans une poubelle. Elles voulaient initialement les brûler, mais n’en ont pas obtenu le droit. Cette manifestation est devenue une légende urbaine de femmes brûlant leurs soutiens-gorge dans la rue. « Le soutien-gorge est perçu comme un symbole d’une oppression subie par les femmes sans même qu’elles ne s’en rendent compte. Le signe qu’elles ont été séduites par des rituels esthétiques et contraintes de se conformer à l’idéal imposé par la société. »

      Depuis 2007 est organisé le Go Topless Day, la journée seins nus, le dimanche le plus proche du 26 août, la journée de l’égalité de la femme aux États-Unis2. D’abord national, l’évènement s’est depuis internationalisé et a été célébré en 2015 dans plus de 60 villes à travers le monde

      Certaines médecins mettent en avant que porter un soutien-gorge favoriserait l’apparition de cancer du sein. En effet, les études régulièrement relayées par les médias montrent qu’une corrélation entre le port de soutien-gorge et l’apparition de tumeurs mammaires au sein d’un échantillon de femmes donné,

    • Sylvie Thibeault

      2-

      En 1968, lors de la manifestation féministe Miss America, les manifestants ont symboliquement jeté un certain nombre de produits féminins dans une « poubelle pour la liberté ». Ceux-ci comprenaient des soutiens-gorge, qui figuraient parmi les articles que les manifestants appelaient des « instruments de torture féminine » et des complots de ce qu’ils percevaient comme une féminité forcée. Un reportage local paru dans Atlantic City Press a rapporté à tort que « les soutiens-gorge, ceintures, faux, bigoudis et copies de magazines féminins populaires ont été brûlés dans la » Freedom Trash Can «  ». Les personnes présentes ont déclaré que personne n’avait brûlé de soutien-gorge et que personne ne l’avait enlevée. Cependant, une journaliste (Lindsy Van Gelder) qui couvrait la manifestation avait établi une analogie entre les manifestantes féministes et les manifestants de la guerre du Vietnam qui avaient brûlé leurs cartes, et le parallèle entre les manifestantes qui brûlaient leurs cartes et les femmes qui brûlaient leur soutien-gorge était encouragé par certains organisateurs, notamment Robin Morgan. « Les médias se sont intéressés à la partie du soutien-gorge », a déclaré plus tard Carol Hanisch. « Je dis souvent que si elles nous avaient appelés » brûleurs de la ceinture « , chaque femme d’Amérique aurait couru se joindre à nous. »

      Le féminisme et le « brassage de soutien-gorge » sont devenus liés dans la culture populaire. Le terme analogue de jockstrap burning a depuis été inventé comme une référence au masculinisme. Alors que les femmes féministes ne brûlaient pas littéralement leur soutien-gorge, certaines ont cessé de les porter en signe de protestation. L’auteur féministe Bonnie J. Dow a suggéré que l’association d’individus opposés au mouvement féministe encourageait l’association entre le féminisme et le brûlage du soutien-gorge. Certaines militantes féministes croient que les anti-féministes utilisent le mythe du soutien-gorge et le sujet du soutien-gorge pour banaliser ce que les manifestants tentaient d’accomplir lors de la manifestation féministe Miss America de 1968 et du mouvement féministe en général.

      Le trope des féministes qui brûlaient leur soutien-gorge avait été anticipé par une génération antérieure de féministes qui avait appelé à la combustion de corsets comme une étape vers la libération. En 1873, Elizabeth Stuart Phelps Ward écrivait:

      Alors brûlez les corsets! … Non, vous ne sauvez pas non plus les os de baleine, vous n’aurez plus jamais besoin d’os de baleine. Faites un feu de joie des aciers cruels qui l’ont enduit sur votre thorax et vos abdomens pendant tant d’années et poussez un soupir de soulagement pour votre émancipation que je vous assure, à partir de ce moment.

      Certaines féministes ont commencé à soutenir dans les années 1960 et 1970 que le soutien-gorge était un exemple de la façon dont les vêtements des femmes façonnaient et même déformaient le corps de la femme en fonction des attentes des hommes. La professeure Lisa Jardine a entendu Germaine Greer, une féministe, parler de soutiens-gorge lors d’un dîner officiel au Newnham College, Cambridge, en 1964 (Greer en était devenu membre en 1962):

      À la table des diplômés, Germaine expliquait qu’il ne pouvait y avoir de libération pour les femmes, aussi instruites soient-elles, tant que nous serions obligés de nous fourrer dans des soutiens-gorge construits comme des mini-vésuves, deux cônes en porte-à-faux blancs cousus qui ne portaient pas ressemblance avec l’anatomie féminine. Le malaise volontairement subi par le soutien-gorge des années soixante, a-t-elle vigoureusement opposé, était un symbole hideux de l’oppression féminine.

      Le livre de Germaine Greer, The Female Eunuch (1970), s’associe au mouvement anti-soutien-gorge car elle souligne à quel point un soutien-gorge peut être restrictif et inconfortable. « Les soutiens-gorge sont une invention ridicule », a-t-elle écrit, « mais si vous faites de la bralessness une règle, vous vous soumettez simplement à une autre répression. »

      Susan Brownmiller dans son livre Femininity (1984) a adopté la position suivante: les femmes sans soutiens-gorge choquent et colère les hommes parce que les hommes « pensent implicitement qu’ils possèdent des seins et qu’ils sont les seuls à les supprimer ».

      L’auteur féministe Iris Marion Young écrivait en 2005 que le soutien-gorge « servait de barrière au toucher » et qu’une femme sans sein était « désobjectifiée », éliminant ainsi le « regard dur et pointu que la culture phallique considère comme la norme ». À son avis, sans soutien-gorge, les seins des femmes ne sont pas des objets de forme uniforme, mais changent à mesure que la femme bouge, reflétant le corps naturel. Parmi les autres arguments féministes anti-soutien-gorge de Young en 2005, citons le fait que les soutiens-gorge d’entraînement sont utilisés pour inciter les filles à penser que leurs seins sont des objets sexuels et à accentuer leur sexualité. Young a également écrit en 2007 que, dans la culture américaine, les seins sont soumis à une « culture patriarcale américaine dominée par les médias [qui] objective les seins avant un tel regard distancié qui fige et maîtrise. » La universitaire Wendy Burns-Ardolino écrivait en 2007 que la décision de la femme porter des soutiens-gorge est médiatisé par le « regard masculin ».

    • Sylvie Thibeault

      3-

      En Scandinavie
      Le collectif Bara Bröst (« juste des seins » en suédois) a fait parler de lui en septembre 2007 lorsque plusieurs jeunes militantes ont débarqué dans une piscine d’Uppsala seins nus. Après avoir été plusieurs fois expulsées et avoir mené des actions de ce type à travers tout le pays, le collectif a par exemple obtenu que la piscine de Sundsvall autorise le torse nu pour les membres des deux sexes4. Une des porte-paroles du mouvement définit leurs revendications en ces termes :

      « Nous avons démarré le mouvement il y a deux mois dans le sud de la Suède. Notre but est de susciter un débat sur les règles culturelles et sociales non écrites qui sexualisent et discriminent le corps de la femme» (…) « Il est important que les femmes aient les mêmes droits que les hommes. Lorsqu’on nous dit qu’être seins nus, cela risque de susciter une attraction, nous disons que les hommes doivent être capables de ne pas nous agresser parce que nous sommes topless »

      — Ragnhild Karlsson, Citation dans Numanist

      En décembre 2007, un mouvement de protestation du nom de Topless Front (« le front des seins nus » en anglais) a vu le jour au Danemark. De la même manière qu’en Suède, des groupes composés d’hommes et de femmes sont rentrés dans des piscines municipales torse nu dans le but de gagner la liberté de se baigner seins nus. Même si la baignade seins nus n’était pas illégale, elle était de fait peu acceptée et en mars 2008, les protestataires ont obtenu gain de cause.

      En France
      En septembre 2006 a eu lieu dans plusieurs grandes villes de France une « Grande tétée » pour promouvoir l’allaitement maternel en public à l’initiative de la CoFAM, la Coordination Française pour l’Allaitement Maternel, association loi 1901. L’action a été relativement bien reçue dans les médias français. La CoFAM a annoncé vouloir réitérer l’événement.

      Le collectif féministe Les TumulTueuses a organisé des actions piscines seins nus à Paris en mai 2009 en distribuant des tracts « Mon corps si je veux, quand je veux, tel qu’il est », alors que le règlement interdisait le monokini. Certaines de leurs actions se sont soldées par une intervention policière.

      Le mardi 28 août 2018 lors de sa chronique dans l’émission Par Jupiter ! sur France Inter, la comédienne Constance termine son intervention seins nus après avoir retiré sa robe et son soutien-gorge, tandis que l’émission est filmée. Cette séquence fait suite à ses propos relatifs aux « scandales [qui] éclatent régulièrement en France quand les femmes osent allaiter leur bébé dans un endroit public » et à une incitation à « faire la nique à ces puritains moralisateurs qui nous disent qu’on est pervers avec notre peau qu’on aère alors qu’eux, ils ont juste un problème avec leur zizi ».

      En Amérique du nord
      Les organisations notoires sont TERA (Topfree Equal Rights Association ou Association du Droit Égal aux Seins Nus)10 au Canada et GoTopless.org (promène-toi seins nus), aux États-Unis, affiliée au mouvement raëlien.

      La militante Sherry Glaser a créé le collectif Breast Not Bombs à Mendocino en Californie sur le modèle de Food Not Bombs pour protester contre la guerre en Irak. Après avoir manifesté seins nus avec une amie le 8 novembre 2005, elles ont été arrêtées pour exhibition sexuelle et trouble à l’ordre public. Elles ont néanmoins gagné leur procès en obtenant dédommagement pour violation de leur liberté d’expression. Le collectif a pour but de prouver que la guerre est beaucoup plus indécente que les seins nus.

      J’espère que cela vous aidera à comprendre pourquoi le soutien-gorge n’est pas une question de choix, comme vous le dites.
      Ce qui réaffirme l’article au-dessus.

  • François Larivière

    Apres l’amalgame, entre voile et soutien-gorge, parlons des différences entre les 2 objets… Il n’y a pas en ce moment un pays comme l’Iran pour le voile, qui a emprisonné une femme pour plusieurs années avec une peine de coups de fouets parce qu’elle militait contre le port du soutien-gorge et il n’y a pas de pays, comme en ce moment en Algérie pour le voile, ou on rapporte le cas de plusieurs jeunes femmes qui se sont pendus avec leur soutien-gorge. Tout est affaire de degrés, hein ?
    Une chronique de Radio-Canada affirmait que le hijab au Maroc n’était à peu près porté il y a 20-30 ans; s’il y est maintenant en majorité, c’est à cause à la base de la dictature chiite iranienne, des dictatures salafistes arabes qui financent la propagation de l’Islam à coup de milliards, de la confrérie des Frères Musulmans dont le plus célèbre représentant, Tarik Ramadan, invitait les musulmans à coloniser l’Occident avec leur valeurs…
    Le féminisme doit s’intéresser à toutes les dimensions du patriarcat, de la publicité aux religions, sans omettre dans la crainte de stigmatiser. C’est ça les sciences humaines.

  • Denis Hurtubise

    Très bon argument pour la liberté de choix au plan vestimentaire. J’espère que plus d’un (et plus d’une) sauront lire entre les lignes et percevoir l’analogie implicite avec le voile. Je m’ai pas hésité à rédiger un tweet d’invitation à mes confrères de lire votre texte.

    • Ren

      @Denis Hurtubise

      Faire l’analogie entre le voile et le soutien-gorge, c’est accorder une charge religieuse au soutien-gorge et/ou réduire le voile à un simple accessoire de coquetterie. Absurde !

      • Sylvie Thibeault

        Santé, douleur et malaise

        Des études médicales ont montré que de nombreuses femmes ressentaient de la douleur en raison du port d’un soutien-gorge et qu’il était difficile pour elles de trouver un soutien-gorge ajusté. Les femmes se plaignent de douleurs à l’épaule, au cou, au dos et aux seins, de migraines, d’indigestion, d’écorchures de la peau et de difficultés respiratoires dues au port de soutiens-gorge. Les femmes à forte poitrine ont tendance à acheter des soutiens-gorge trop petits, alors que les femmes à petite poitrine font le contraire. Les femmes qui ont de gros seins sont plus susceptibles d’être gênées. Les soutiens-gorge a grande taille a été corrélée à une augmentation de la douleur à l’épaule et au cou, ainsi qu’à une augmentation de l’inconfort et des problèmes de santé. Parmi un groupe de 31 Britanniques ayant demandé une plastie mammaire avec réduction, 81% se plaignaient de douleurs au cou et au dos, tandis que 77% se plaignaient de douleurs à l’épaule.

        La compagnie de vêtements Ruby Ribbon a interrogé 3 000 femmes en 2014 avant la Journée nationale sans soutien-gorge sur leurs attitudes à l’égard de leurs seins et de leur soutien-gorge. Parmi les répondants, 92% ont déclaré qu’ils souhaitaient simplement soutien et confort et qu’ils étaient moins intéressés par le sex-appeal ou par les couleurs et les motifs à la mode. Vingt et un pour cent ont classé leur soutien-gorge «Un ennemi – J’aurais aimé ne jamais l’avoir rencontrée» et près de la moitié (46%) ont répondu « un partenaire d’affaires-: que je la supporte». Lorsqu’on lui a demandé de décrire leur soutien-gorge en un mot, le terme le plus populaire était « inconfortable ». De nombreuses femmes attendent avec impatience le moment de la journée où elles pourront enlever leur soutien-gorge. Une rédactrice en chef a écrit: « Enlever notre soutien-gorge est un sentiment extrêmement libérateur, et nous en attendons avec impatience les femmes – chaque jour, toute la journée. »

        alors pourquoi pensez-vous que les femmes le portent? Parce qu’on est sado et on aiment souffrir?

        La société nous l’impose.

  • Chris Fontaine

    Quel patriarcat ? j’ai décroché là

  • HysteRic

    Le port ou non du soutien gorge n’est pas à la racine d’une problématique. Le problème survient quand l’état légifère sur comment tu devrait t’habiller, t’exprimer. C’est une atteinte à nos droits individuels et je suis personnellement contre ce genre d’atteinte à nos libertés. Quelqu’un devrait avoir un droit unilatéral de décider ce qu’il/Elle va porter ou dire en autant que les actions posées ne portent pas atteinte à l’intégrité des autres. Et non, voir des mamelons a travers un gilet ne constitue pas une atteinte à l’intégrité de qui que ce soit. En ce qui concerne les écoles, je crois que la réglementation vise à tenter de minimiser les risques potentiels d’abus sexuels. (Les prédateurs existent, faut se sortir la tête du sable)

    En ce qui a trait au port du voile islamique, l’effort de législatif est imposé dans le but de conserver l’état laïque. Seuls les employés de l’état sont visés par cette mesure . Séparer la religion du gouvernement est essentiel dans une société multiculturelle ou les gens de toutes origines devraient pouvoir se sentir également représentés.

    Ceci étant dit: portez donc ce que vous voulez. Et quand vous allez travailler, suivez le décorum requis par l’employeur a défaut de quoi il faudra peut-être prendre en considération un autre emploi. Autrement je crois que tout le monde est libre de porter ce qu’ils désirent, de pratiquer la foi qu’ils désirent. Je ferai de même sous mon toit.

  • Marco Leclerc

    Heu!?

    Voile islamique = soutien-gorge = oppression de la femme?
    Pas étonnant que vos opinions soient si facile à contrer, vos prémisses ne tiennent jamais la route.

    Qu’on me tienne au courant lorsqu’une femme sera lapidée pour ne pas avoir porté le soutien-gorge.

    N’importe quoi cet article!

  • Kathleen Larouche

    Personne ne me fouetterait si je décidais de ne pas porter de soutien-gorge. Votre comparaison est épouvantable. Je regrette que l’on oublie ce genre de connerie. Honte à vous

    • Kathleen Larouche

      Que l’on publie *
      Erreur de correcteur

  • Kathleen Larouche

    Je ne me ferais pas fouetter si je décidais de ne pas porter de soutien-gorge. Votre comparaison est épiuvantable. Je regrette que l’on publie ce genre de connerie. Honte à vous et à tous ceux qui vous applaudissent !

  • Mylène Nobert-Nadeau

    Comparer le soutien-gorge avec le voile musulman sur la base du fait qu’il s’agit dans les deux cas d’un vêtement, c’est comparer des pommes et des oranges. Si vous le voulez bien, j’aimerais vous expliquer pourquoi.

    Le soutien-gorge a été inventé pour remplacer le corset (beaucoup plus contraignant) et n’est lié à aucune idéologie religieuse ou politique. Les « porteuses de soutien-gorge » ne se considèrent ni comme une communauté ni comme une classe sociale. De plus, malgré l’exemple que vous invoquez (et qui a peut-être choqué la majorité des gens), notre culture, de façon générale, ne porte aucun jugement moral sur les femmes qui ne le portent pas. Enfin, aucune femme ne se fait harceler, menacer, agresser ou arrêter par la police parce qu’elle n’en porte pas.

    Le voile musulman lui était, bien avant l’islam, un marqueur social que seules les femmes libres avaient le droit de porter (ce qu’elles faisaient sans doute avec orgueil), alors que cela était interdit aux esclaves et aux prostituées. À l’époque de la « révélation » du verset 59 de la sourate 33 , des musulmanes se faisaient importuner par des hommes lorsqu’elles sortaient la nuit pour satisfaire un besoin naturel.

    L’islam n’accordant de valeur qu’à l’honneur, les biens et la vie des musulmans à l’exclusion de tout les autres, il est dit ceci dans le Coran au verset 59 de la sourate 33 (qui est la 90e dans l’ordre chronologique des sourates):

    33.59. Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d´être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

    C’est dire que, même avant d’être le symbole d’une religion misogyne (puisqu’elle autorise la violence conjugale, le viol de guerre et l’esclavage sexuel), le voile était déjà le symbole de la hiérarchisation des classes sociales et ainsi que de la culture du viol qui fait du harcèlement et de l’agression sexuelle la seule responsabilité des femmes jugée indécentes.

    La sourate 24, qui elle est la 102e, comporte ce verset:

    24.31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants (castrés), ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes (…).

    C’est ce verset, abusivement interprété comme une obligation pour les musulmanes de cacher leurs cheveux, qui sert aujourd’hui à culpabiliser les musulmanes à l’idée de montrer leurs cheveux et à les convaincre que le voile est le symbole de leur religion. Cependant, le phénomène n’a rien de traditionnel, il est même plutôt récent. Avant la révolution iranienne de 1979, le voile avait été abandonné depuis longtemps par la majorité des musulmanes, non seulement en Iran mais dans plusieurs pays à majorité musulmane. C’est en devenant un symbole politique, celui de l’islamisme, qu’il s’est répandu à travers le monde (au fait, la loi interdit déjà aux représentants de l’état de porter un symbole politique).

    Pour toutes ces raisons, je crois que la comparaison voile-soutien-gorge ne tient pas.

    • Marco Leclerc

      Attention! En guise de réponse, l’accusation s’islamophobie n’est pas loin…

      • Mylène Nobert-Nadeau

        Je suis habituée. Ce n’est pas comme si les accusations gratuites constituaient un argument valable.

      • Ren

        @Marco Leclerc

        Je suis fier d’être un islamophobe.

  • Alain Ledoux

    « …..  Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » Coran 33:59

    Avec ce que nous savons des mœurs de l’époque du Prophète, on comprend que le voile permettait aux femmes d’être reconnues comme croyante afin d’être exempté des offenses faites à celles qui ne sont pas reconnues comme telle. Il s’agissait d’un signe distinctif suggéré par Dieu dans l’oreille du prophète et qui favorisait la jouissance d’un droit que l’Islam refusait au non croyante. Ce symbole discriminatoire n’a aucune raison d’être dans nos écoles québécoises. Serait-il encore actuel de reconnaître à la communauté islamique d’ici le droit de nier certains droits à celles d’entres eux qui ne le porteraient pas?

  • Stephane Gaudette

    WOW

    Faire l’equation de voile = brassiere ….que de genie

    Nomme moi UNE femme dans l’histoire du Quebec qui a ete tuee pour refus du port de la brassiere

    Reviens jaser quand tu auras trouve

  • André Boivin

    vous avec parfaitement raison sur la raison du port du voile par les musulmanes ! merci ma femme porte le voile aussi par respect pour la mère de Jésus le grand prophète ,, elle a décidé à le porter quand elle avait 40 ,elle qui était prof de français dans un lycé français ! surtout elle e avait assez de voir dans les médias le culte exagéré pour le corp de la femme dénudé

  • pouf

    Eh ben. Judith Lussier qui est devenue athée du soutien-gorge.
    Toujours intéressant d’apprendre que le soutien-gorge est une religion…
    Est-ce qu’on devrait l’inclure dans le projet de loi de la laïcité?
    J’sais pas si à kek part y’a des femmes qui se font tuer parce qu’elle refuse d’en mettre un… ?

  • Mélanie Baril

    Merci! Ça fait des semaines que je voulais faire exactement ce parallèle 💕

  • Jeanne

    Prochain geste de libération: les teintures à cheveux!
    Non mais quel esclavage! Pour lequel vous devez débourser gros en plus!
    Vive les cheveux au naturel. Comme les blancs miens.

  • Claire

    La prochaine étape sera aussi d’enlever tout maquillage. Et les talons aiguille!
    Non mais quel est le dieu cruel qui oblige les femmes (et maintenant de plus en plus d’hommes) à se maquiller et porter des talons aiguilles!

  • Jayson Scott

    Vous faites bien. Perso j’ai arrêté de mettre des bobettes depuis 2 ans. Vivre et laisser vivre! Je n’y vois que du positif. Le seul inconvénient c’est quand je vais essayer des jeans. Par contre c’est un inconvénient pour les autres; pas pour moi. J’me suis dit: »d’la marde…qu’est-ce qu’on ne sait pas, ça nous fait pas mal » Si un jour vous essayez des pantalons et que vous avez une doute; dites-vous que je les ai probablement essayé avant vous!

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