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01:15 24 avril 2013 | mise à jour le: 24 avril 2013 à 08:27

Une nuisance nommée LinkedIn

J’aimerais commencer ce billet en m’excusant auprès des 1 786 personnes à qui j’ai malencontreusement envoyé une invitation à se connecter à moi sur LinkedIn. C’était une erreur. Le résultat d’un moment d’inadvertance où j’ai répondu «oui» à la question «Voulez-vous envoyer une invitation à tous vos contacts Gmail?», sans vraiment lire la question.

J’aimerais surtout m’excuser auprès de ces 1 786 personnes (parmi lesquelles des ex, d’anciens employeurs, une fille avec qui j’ai fait un travail d’équipe en 2001, des gens à qui je n’ai parlé qu’une seule fois, d’autres à qui je n’ai pas parlé depuis des années, d’autres encore à qui j’aurais souhaité ne plus jamais parler) de leur avoir, à mon corps défendant, envoyé un rappel de se connecter à moi sur LinkedIn. Puis un autre, et un autre, jusqu’à ce que j’aille annuler manuellement chacun des rappels (ou nuisances) que le réseau social avait programmés pour moi.

J’aimerais surtout m’excuser auprès du gars qui a pensé que cette invitation était le signe de la résurrection de sa carrière. Et aussi auprès de celui qui m’a téléphonée un soir de semaine pour me demander poliment qui j’étais après avoir reçu plusieurs rappels lui disant que je voulais me connecter à lui sur LinkedIn. Je suis sincèrement désolée.

Je suis désolée d’avoir fait baisser le taux de productivité du Québec au cours des trois dernières semaines avec mes invitations casse-pieds. Je sais que tout ça est de ma faute, que j’aurais dû lire la question comme il faut, mais quelle espèce de réseau social peut se vanter d’être le réseau social des relations professionnelles tout en étant à l’origine des pires maladresses en la matière? Envoyer des tas d’invitations non personnalisées à tout un chacun, tout le monde sait que ça ne se fait pas!

J’ai demandé aux contacts de mon réseau social préféré à moi, Facebook, de me donner une seule raison de considérer LinkedIn comme autre chose qu’une nuisance. Jamais question n’aura suscité autant de divisions sur mon mur. Si chez certains qui, comme moi, n’avaient rien demandé, il s’est avéré être un véritable cauchemar, dépourvu de photos de chats, de recettes de bœuf braisé et de fermes virtuelles, LinkedIn est pour plusieurs beaucoup moins casse-pieds que Facebook, et beaucoup plus utile que Twitter. Certains y ont décroché le contrat du siècle, d’autres y trouvent régulièrement du personnel.

En leur demandant comment ils s’y étaient pris, j’ai un peu commencé à découvrir les fonctions de recherche de LinkedIn, constaté que tous mes amis avaient leur CV à jour là-dessus et réalisé que j’étais un véritable dinosaure avec mes zéro expérience de travail. Ce réseau-là, c’est tout simplement pas pour moi. J’ai alors compris que j’étais l’équivalent sur LinkedIn de ces mamans et mononc’ qui publient sur Facebook des pensés simili-profondes sur fond de paysage, des invitations à voir qui regarde le plus ton profil ou des recettes de soupe.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.