Sylvain Ménard

La dernière tempête de l’hiver

La dernière tempête de l’hiver

Pôvre PQ. Au moment où on le croyait en train de se refaire tranquillement une santé en faisant une marche dans le bois, en voilà une autre qui s’organise pour mettre le pied sur une mine oubliée dans le chemin. Pour le retour des temps doux, faudra attendre encore un peu.

Le départ de Catherine Fournier ne pouvait pas plus mal tomber. Alors que l’ex-chef Jean-François Lisée était dimanche à Tout le monde en parle pour mettre en garde ceux qui se réjouissent de la mort annoncée de son parti, la plus jeune députée de la formation décide de prendre ses cliques et ses claques pour aller siéger seule dans son coin à l’Assemblée nationale. Ça ne s’invente pas.

Aujourd’hui, si vous me le permettez, j’aurais quand même quelques questions à poser à Mme Fournier sur ses motivations personnelles, son avenir politique et ses projets au service de «la cause».

Je la questionnerais sur l’origine et la durée de sa réflexion qu’on espère approfondie, puisqu’elle bouleverse sérieusement la suite des choses pour le PQ. Je ne peux me résoudre à croire qu’une décision pareille se prenne à la légère.

Dans le même ordre d’idées, je lui demanderais comment elle pourra continuer à regarder dans les yeux ceux et celles qui, il y a à peine 162 jours, ont voté tant pour elle que pour son parti dans le comté de Marie-Victorin, château fort péquiste depuis toujours. Sans vouloir chercher la bibitte, il nous est permis de croire qu’elle a décidé «d’emprunter» l’étiquette péquiste en sachant fort bien que ses chances de remporter la victoire en tant que candidate indépendante seraient absolument nulles. Si j’avais voté pour elle, je vous confirme que je serais un peu en maudit.

Quand elle nous dit que «la dernière chose dont le mouvement souverainiste a besoin […], c’est d’un parti politique souverainiste qui [s’ajouterait] à l’offre actuelle», je me demande bien dans quelles eaux et, surtout, à l’intérieur de quelle barque elle a l’intention de ramer pour contribuer à l’avenir du projet souverainiste. Son histoire d’une éventuelle coalition des militants souverainistes tient pour le moment de la parabole. Et c’est justement ÇA qui plombe le mouvement souverainiste depuis 25 ans : l’abus de paraboles et l’absence de concret.

Au PQ, comme pour nous, la dernière tempête de l’hiver aura été celle de trop.

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L’histoire ne retiendra sûrement pas le nom de Justin Trudeau dans la liste des grands premiers ministres canadiens de son époque. Là où il se distinguera cependant, c’est dans le fait qu’en l’absence de véritables chefs pour lui faire face à la Chambre des communes depuis le jour de son entrée en poste en 2015, son leadership aura essuyé une première véritable attaque de la part de ses propres ministres à sept mois des prochaines élections. Avec des amis comme ça…

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Vu: Leaving Neverland, le docu tant attendu qui relate les témoignages de deux victimes présumées de Michael Jackson. Totalement troublant. Encore plus incompréhensible de constater ce que des familles entières ont été prêtes à offrir pour accéder à l’inatteignable univers de la plus grande vedette au monde. On est maintenant en mesure d’évaluer avec beaucoup d’exactitude le prix de ce marchandage: deux petits gars marqués à vie par celui qui semble être un grand, et surtout puissant malade.

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