Sylvain Ménard

Quand la nature reprend ses droits

Quand la nature reprend ses droits

En fin de semaine, je suis tombé sur un lien qui montrait une série de photos «avant-après» des décors d’Expo 67, et de ce qu’ils sont devenus quelque 50 ans plus tard. Première réflexion : c’est fou à quel point la nature reprend toujours ses droits. Là où se dressaient des pavillons dont le design demeure ancré dans notre imaginaire, on trouve maintenant des dalles de béton entourées d’arbres. Et les 55 millions de visiteurs d’hier ont été remplacés depuis par 55 millions de plantes sauvages qui poussent aujourd’hui en toute liberté.

Je me suis longtemps questionné sur ce qu’on pourrait faire pour redonner une seconde vie au site d’Expo 67. Surtout pour se donner bonne conscience, pour en faire autre chose qu’un casino et une piste de course qui sert à peine quelques jours par année.

Et c’est en voyant ces photos que j’ai compris : le mieux à faire sur l’emplacement d’Expo 67, c’est rien. Absolument rien. Laissons la nature reprendre le dessus, c’est parfait comme ça.

Contrairement à l’humain, la nature ne conçoit jamais d’horreur architecturale. Quand la nature a quelque chose à faire pousser, elle ne se casse pas la nénette pour demander des permis ni pour utiliser des matériaux à la mode. Contrairement aux politiciens, la nature ne concède pas de terrain pour faire plaisir aux amis du pouvoir. La nature est très équitable à cet égard. Elle offre à tous la même portion de territoire, aux pauvres comme aux riches. La nature, elle est comme ça, du bon monde comme ça ne se dit pas. Elle est même capable de pardonner à ceux qui ont scrapé la faune et la flore des îles après avoir déversé des tonnes de DDT en 1967 pour éloigner les mannes qui importunaient la belle visite venue de partout.

Le mieux à faire sur l’emplacement d’Expo 67, c’est rien. Absolument rien. Laissons la nature reprendre le dessus, c’est parfait comme ça.

Il n’est pas dit qu’on ne pourrait pas donner un coup de pouce à la nature dans l’accomplissement de son œuvre. En l’aidant à faire le ménage (les humains ont la sale manie de laisser traîner leurs cochonneries, voyez-vous), en mettant en place un service de navettes électriques (et silencieuses) pour mener madame et monsieur Tout-le-Monde à son coin d’ombre favori et, bien sûr, en permettant un maximum d’accès au bord de l’eau. Montréal est probablement la seule île du monde où on a érigé autant d’obstacles sur les berges.

Y’a des jours où la nature a tellement raison. Juste à voir.

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El Paso est une ville américaine, en bordure de la frontière mexicaine. Samedi, un jeune homme de 21 ans est allé dans un centre commercial fréquenté par des Hispanos pour tirer sur ces «envahisseurs» qui, selon sa brillante analyse, vont finir par avoir le dessus – en nombre et en importance – sur le peuple américain. Le genre de théorie qui ne tient pas debout deux secondes, mais qui peut s’incruster profondément dans la tête d’un crétin de grand chemin. Et, quand le crétin en question se procure un fusil d’assaut, ben ça donne le résultat qu’on connaît : 22 morts et 2 douzaines de blessés.

Appelé à réagir sur ces tristes événements, le président fou du pays d’en bas n’a pas tardé à montrer du doigt la culture violente propagée par les jeux vidéo et, c’était à prévoir, la sale tendance des médias américains à diffuser des fake news. Pas un mot, pas un seul mot sur ses propos de merde qu’il tweete au quotidien.

La toile de discorde que le président fou est en train de se tisser aux États-Unis nous permet de supposer qu’il y aura malheureusement une suite à ce type de violence. Franchement, juste entre vous et moi, j’ai peur de ce qui se dessine chez nos voisins du sud.

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Une autre édition du festival Osheaga s’est terminée dans la joie et l’allégresse dimanche soir. Trois belles journées de soleil, de musique et, surtout, plein de beau monde content de se revoir et encore plus de se faire voir sur toutes les plateformes inimaginables du monde entier.

Pour ma part, et avec la permission de mon nouvel ami Simon Dubois qui a eu ce flash de génie, je crois qu’on devrait renommer cet événement «MOIsheaga». C’est tellement rendu ça…

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