Opinions
11:44 26 novembre 2020 | mise à jour le: 26 novembre 2020 à 11:45 temps de lecture: 4 minutes

Lettre ouverte concernant les examens en présentiel à Polytechnique Montréal

Lettre ouverte concernant les examens en présentiel à Polytechnique Montréal

Bonjour,

Je vous écris pour demander à l’aide. Malgré beaucoup d’effort, beaucoup de pression par les étudiants, malgré une pandémie qui s’aggrave tous les jours, malgré l’inquiétude accablante que cette pandémie impose sur tous, Polytechnique Montréal refuse de voir la raison.

En effet, Polytechnique Montréal a décidé unilatéralement d’organiser presque tous ses examens finaux en présentiel. Ceux-ci affirment qu’ils font affaires avec les autorités de la santé publique pour garantir la sécurité des étudiants. Ils disent aussi qu’il sera possible de faire les examens à distance, en autant que l’étudiant soit immunosupprimé, soit à l’internationale, ou soit en région éloignée. Polytechnique avait confirmé que la grande majorité des cours seraient à distance pour la session d’automne.

La voici maintenant qui fait volte-face et décide arbitrairement de faire les examens finaux en présentiel, alors que toutes nos évaluations, tous nos cours, toutes nos interactions ont été à distance pendant toute la session. Comment accepter que certains étudiants suivent leurs examens à distance alors que d’autres auront à mettre leur santé en danger? Cela démontre encore une fois que nous préférons prioriser le bien-être de gens à l’international que les étudiants locaux. Comment est-ce équitable pour la communauté étudiante montréalaise?

Tous les commentaires concernant les craintes, les peurs, les enjeux des étudiants par rapport au fait de devoir passer en moyenne trois heures dans une salle fermée avec de parfaits étrangers ont, pour la plupart, été complètement ignorés par l’administration scolaire. Polytechnique affirme, à répétition, que leurs conditions d’examen sont raisonnables et sécuritaires, mais n’informe la communauté étudiante de rien. Je reçois personnellement plusieurs courriels de l’université chaque semaine concernant la coupure de chauffage dans une salle sur un campus où je n’ai toujours jamais mis les pieds, mais rien concernant nos craintes et nos enjeux face aux examens finaux en présentiel. Selon moi et plusieurs de mes collègues, cette décision fut prise de manière très arbitraire, sans jamais prendre en compte les inquiétudes et la réalité des étudiants.

L’administration de l’école affirme, par leurs communiqués, qu’un représentant du corps étudiant était présent lors des délibérations pour en arriver à cette décision. La démission enflammée du président de l’association étudiante polytechnicienne la semaine du 16 novembre semble plutôt indiquer, par les mots figurant dans sa lettre de démission, que ces représentants n’avaient pas le bien-être de la communauté étudiante, qu’ils disent représenter, à cœur.

Bien qu’il soit possible d’organiser des examens de sorte que tous soient à deux mètres de distance, que faire si j’attrapais la COVID-19 dans les 14 jours précédents mon examen? Comment garantir qu’un de mes collègues près de moi n’est pas atteint de la COVID-19? Comment garantir, étant donné le peu de connaissance sur ce virus mortel, qu’être à deux mètres d’une personne contaminée, dans une salle fermée, avec une ventilation qui n’est pas faite pour évacuer des virus de l’air, ne m’infectera pas?

Polytechnique affirme et réaffirme que la situation dans les salles d’examens sera sécuritaire, mais comment justifier de forcer les étudiants de Montréal à prendre le transport en commun (quelque chose de déconseiller par les autorités), à emprunter les mêmes portes d’entrée, les mêmes portes de sortie, parcourir les mêmes couloirs que des milliers d’étudiants est sécuritaire et adéquat étant donné une pandémie mondiale mortelle? Comment justifier de mettre ses étudiants en danger quelques jours avant Noël?

Ne sachant plus vers qui me tourner, je vous écris ici, en espérant que votre support pourra nous venir en aide et venir protéger moi et mes proches face à une situation dangereuse. Malgré neuf mois de prudence, neuf mois d’isolement, neuf mois de situation difficile, stressante, complexe, nous nous voyons imposer de briser cet isolement pour se mettre à risque inutilement.

Merci de votre aide et de votre lecture,

Louis-Félix Meunier M. Sc., Étudiant de Polytechnique

Articles similaires