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14:00 30 mars 2021 | mise à jour le: 30 mars 2021 à 13:08 temps de lecture: 4 minutes

Un pas vers la fin de pratiques inéquitables dans l’industrie agroalimentaire ?

Un pas vers la fin de pratiques inéquitables dans l’industrie agroalimentaire ?

Dans la dernière année marquée par la pandémie, j’ai été aux premières loges pour constater l’importance – notamment en temps de crise – de tous les maillons de notre chaîne d’approvisionnement alimentaire, des agriculteurs aux détaillants, en passant par les fabricants, les fournisseurs locaux et les transformateurs. Je sais également que pour assurer la sécurité alimentaire des Québécois, l’essor des producteurs locaux et, surtout, la préservation du pouvoir d’achat et de choix des consommateurs, il est primordial que l’ensemble de ces acteurs entretiennent de saines relations d’affaires.

Nous avons dévoilé, cette semaine, le fruit de discussions avec Produits alimentaires, de santé et de consommation du Canada (PASC), une association regroupant plus de 150 fabricants de toutes tailles au pays. Le Code de pratiques pour l’approvisionnement des épiceries au Canada, inspiré des meilleures pratiques à travers le monde, notamment de ce qui s’est fait au Royaume-Uni, suggère des balises pour assurer des relations commerciales fondées sur la bonne foi et l’équité entre les fournisseurs et les détaillants alimentaires. Le code promeut la transparence et des ententes d’approvisionnements écrites, guide les exigences d’un préavis raisonnable en cas de modifications aux ententes, décourage le recours à des actions et des pénalités unilatérales et rétroactives, et établit des modèles de règlement des différends efficaces, efficients et équitables.

Je suis fier de dire que ce code est construit à l’image des relations soutenues et directes qu’IGA et ses marchands entretiennent avec leurs fournisseurs locaux au Québec. J’ai pris place à la table pour élaborer ces principes directeurs et je peux vous dire que cela ressemble énormément à la façon dont IGA a grandi et prospéré au Québec. Entendons-nous : nous sommes loin d’être parfaits. C’est l’ensemble de l’industrie qui a un examen de conscience à faire. Mais je peux affirmer que ce code s’inscrit en cohérence avec nos actuelles façons de faire et soyez assurés que nous comptons poursuivre nos efforts en ce sens, notamment grâce à la relation de proximité développée entre les marchands propriétaires de nos 303 IGA, présents dans toutes les régions du Québec, et ceux qui cultivent et fabriquent la nourriture qui se retrouve dans votre assiette.

Pourquoi, à titre de grand détaillant, Sobeys est-il en faveur d’un resserrement de la réglementation dans son secteur? Parce que nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une approche gagnante pour tous les joueurs de l’industrie, qui nous permet de mener des négociations justes et honnêtes avec nos partenaires et, par le fait même, de mieux servir l’intérêt des consommateurs. De plus, ce code peut réduire les incertitudes commerciales pour favoriser plus d’investissements et d’innovation dans la chaine d’approvisionnement, tant au Québec qu’au Canada, tout en développant une économie plus forte et plus compétitive.

Le code proposé est certes perfectible. En faisant preuve de leadership, nous souhaitons ouvrir un dialogue franc et ouvert entre tous les fournisseurs – petits et grands – et les grands détaillants au pays pour développer des relations d’affaires équitables et responsables. Nous avons le devoir de faire mieux pour soutenir la compétitivité canadienne et favoriser l’innovation de produits. Pour y arriver, les pratiques actuelles doivent cesser, et faire place à des comportements d’affaires positifs. Il est clair également que nous devrons compter sur l’appui des gouvernements pour appliquer et administrer un tel code.

Bien des intervenants du secteur sont encore sceptiques quant à l’adhésion éventuelle des autres grands détaillants alimentaires du Québec et du Canada. Or, bien que nous soyons tous des négociateurs coriaces qui ont des intérêts parfois divergents, nous avons démontré qu’il est possible de s’entendre lorsque nous agissons de manière juste et transparente avec l’autre partie.

C’est la voie que nous avons choisie et nous invitons maintenant tous les joueurs de l’industrie agroalimentaire à l’emprunter, et ce, dans l’intérêt de tous les Québécois.

Pierre St-Laurent

Vice-président exécutif et chef de l’exploitation, Sobeys/IGA

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