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Nindies: Montréal adopte la Switch

Nindies: Montréal adopte la Switch

Jeux vidéo. Alors que les développeurs montréalais négligeaient l’écosystème Nintendo il n’y a pas si longtemps, les studios se tournent désormais de plus en plus vers la console Switch. Retour sur le succès inattendu des Nindies.

Quatre des dix jeux les plus populaires sur la console Nintendo Switch la semaine dernière étaient des jeux indépendants, des titres créés par de petites équipes et généralement de moindre envergure que ceux des Ubisoft de ce monde. La Xbox One et la PS4 ne comptent aucun jeu du genre au sommet de leurs palmarès respectifs.

Le succès des Nindies (une contraction de Nintendo et Indies) est indéniable. «C’est sur la Switch que notre jeu Les mages de Mystralia a connu son meilleur lancement», observe Patric J. Mondou, directeur créatif du studio montréalais Jeux Borealys.

Même son de cloche chez Thunder Lotus Games, dont les titres Jotun et Sundered sont offerts sur la console de Nintendo. «Dans le cas de Jotun, ç’a été notre meilleure première semaine, toutes plateformes confondues, même s’il est arrivé sur la Switch trois ans après son lancement sur PC», illustre le PDG du studio, William Dubé.

Plusieurs raisons expliquent la popularité des Nindies. «Les mages de Mystralia rendent hommage aux jeux d’action-aventure classiques, comme Zelda. Le public cible de la Nintendo Switch est donc près du nôtre», croit Patric J. Mondou.

Cette proximité est loin d’être unique. La Switch n’a pas la puissance des Xbox One et PS4. Les titres qui y sont développés (incluant ceux de Nintendo) se démarquent ainsi plus par leur ingénuité et leur direction artistique que par leurs graphismes réalistes, par exemple.

Les joueurs qui aiment la Switch risquent d’être plus ouverts aux jeux indépendants que ceux qui s’en tiennent aux Assassin’s Creed ou Call of Duty. «Les adeptes de Nintendo sont aussi de bons amateurs, des gens loyaux et passionnés», ajoute d’ailleurs William Dubé.

L’arrivée des développeurs indépendants peut également être expliquée par des raisons plus pratiques. Créer et publier un jeu dans l’écosystème Nintendo est plus facile et plus abordable qu’avant et le succès de la console (vendue à 32 millions d’exemplaires jusqu’ici) rend l’expérience financièrement viable. «Une fois qu’un jeu est fait et qu’il a connu du succès, c’est intéressant de l’offrir à plusieurs endroits. Ça ne coûte pas trop cher à faire, et ça nous permet d’aller chercher un public plus large», résume William Dubé.

Il y a en ce moment au moins une quinzaine de studios indépendants montréalais qui développent pour la Switch, comme Clever Endeavor, Double Stallion et Kitfox Games. De mémoire, il n’y en avait que deux sur la Wii U, la console précédente de Nintendo qui s’est avérée un échec commercial.

La quantité pourrait même augmenter, puisqu’il se crée plusieurs studios par année dans la métropole. «Le milieu indépendant se développe très vite, et il n’est même pas arrivé à saturation. Il y a encore beaucoup de projets en développement», précise Jean-Martin Aussant, directeur général de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec.

De nouveaux efforts pour se démarquer

Les succès passés et présents des développeurs de jeux sur la Switch ne sont évidemment pas garants de leurs succès futurs, prévient toutefois William Dubé. «C’est comme avec chaque plateforme : lorsqu’elle devient populaire, il est plus difficile de s’y démarquer. Il faut se battre pour chaque vente et pour chaque morceau de visibilité gagné», rappelle-t-il.

Jeux Borealys compte d’ailleurs optimiser encore plus la version Switch de ses futurs jeux. «Les mages de Mystralia était à 99,9 % identique sur la Switch et sur les autres plateformes, mais nous voulons profiter des autres options de la console de Nintendo pour nos prochains titres, comme les contrôles gyroscopiques et le fait de pouvoir toucher l’écran», dévoile Patric J.Mondou.

Les Nindies connaissent du succès sur la plateforme de Nintendo même s’ils n’ont généralement pas été conçus pour elle au départ. Les prochaines années risquent d’être encore plus intéressantes pour les propriétaires de Switch et les amateurs de jeux indépendants, alors que les studios s’adapteront aux forces de la console et redoubleront d’efforts pour s’y démarquer.

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