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«Call of Duty»: «Modern Warfare» porte bien son nom

«Call of Duty»: «Modern Warfare» porte bien son nom

Modern Warfare représente ce que Call of Duty a de mieux à offrir: une campagne solo avec une bonne variété de missions et un mode en ligne rapide et énergisant. Malheureusement, les lacunes de la série sont elles aussi toujours présentes.

Campagne: plus pour les missions que l’histoire

Pour Call of Duty: Modern Warfare, le développeur Infinity Ward voulait offrir l’expérience la plus réaliste possible, représentant le genre de missions qu’un commando d’élite moderne pourrait devoir réaliser.

Il suffit de comparer le jeu à n’importe quel jeu de guerre lancé il y a une décennie pour se rendre compte à quel point le pari a été relevé avec brio. Terminé les ennemis noirs et blancs et les champs de bataille définis: la guerre de Call of Duty: Modern Warfare se déroule n’importe où, et les bons et les méchants ne sont pas toujours définis au couteau.

Quelques missions parviennent d’ailleurs particulièrement bien à reproduire certains aspects difficiles de la guerre moderne, comme le fait d’être parmi les civils. Dans le chaos et les explosions, les passants, ses alliés et les combattants ennemis sont parfois difficiles à différencier en une fraction de seconde.

Collaboration spéciale avec Activision

En plus d’offrir quelques scènes mémorables (comme ce passage à Londres parmi les civils, ou encore une mission inspirée du raid où Osama Ben Laden a été tué), le jeu se démarque par ses missions variées.

Oui, Call of Duty reste un jeu de tir, mais il faut parfois effectuer de grands assauts avec une véritable armée, s’infiltrer seul sans se faire voir, défendre un point attaqué par des hordes d’ennemis, utiliser différents outils technologiques, rattraper des terroristes, etc.

La variété et la qualité des cartes est d’ailleurs louable, surtout considérant qu’on ne passe généralement par ces environnements qu’une seule fois.

Si le message d’Infinity Ward sur la guerre moderne passe assez bien lorsque l’on déconstruit les missions, force est toutefois de reconnaître que ce n’est pas le cas par rapport à l’histoire elle-même. On dirait en fait qu’un effort considérable a été mis pour la raconter en un minimum de mots, avec un minimum de séquences cinématiques (j’ai débuté Modern Warfare tout de suite après avoir complété Death Stranding, alors disons que la différence était de taille).

On obtient finalement un jeu avec beaucoup d’action, oui, mais où on n’a pas particulièrement le temps de s’attacher aux personnages, ni de s’intéresser à leur histoire.

Malgré ses faiblesses, la campagne est un ajout apprécié par rapport à Call of Duty: Black Ops 4, qui vous offrira un bon divertissement pendant environ trois soirées.

Un mode en ligne peaufiné

Comme toujours, on joue surtout à Call of Duty pour son mode en ligne, qui évolue lentement, mais surement, année après année.

Parmi les grands changements, notons l’arrivée de trois nouveaux modes, un avec de petites équipes de deux personnes (escarmouche), et l’autre avec de grandes cartes où une centaine de joueurs s’affrontent (guerre terrestre, qui n’est pas sans rappeler les grandes batailles de la série Battlefield).

Un troisième permet aussi d’effectuer des missions de nuit, où le réalisme du jeu a été augmenté (soldats plus fragiles, aucune carte, etc).

Parmi les plus petits changements, notons que tous les systèmes pour modifier les armes et les équipements ont été revus. On n’a plus à choisir entre un atout et une amélioration à son arme, par exemple, et il est possible de modifier son équipement rapidement, même pendant une partie.

La balance du jeu semble aussi avoir été revue, avec des séries d’éliminations moins puissantes qu’auparavant. Terminé les fois où l’on rejoint une partie sur le point de se terminer et où on ne fait que recevoir des missiles par la tête sans rien pouvoir faire. Il y a toujours un débalancement inhérent provoqué par séries d’éliminations, mais celui-ci m’a semblé moins prononcé qu’avec Black Ops 4.

Collaboration spéciale avec Activision

Côté interface, le jeu a aussi été remis à l’avant. On n’ouvre plus le logiciel sur des invitations à compléter des achats et à relever des défis, mais plutôt sur une interface pour lancer directement une partie. J’ai aussi apprécié le fait qu’il soit possible de personnaliser les parties rapides, afin de ne pas jouer à un mode qui nous intéresse moins, par exemple.

Évidemment, Call of Duty a aussi ses faiblesses habituelles. Les équipes ont par exemple souvent des problèmes de débalancement, le jeu individuel plus mis de l’avant que le jeu d’équipe et le temps entre le moment où on voit un ennemi et sa mort est beaucoup trop court, ce qui limite l’intérêt des échanges. Ce sont là à mon avis des points négatifs, mais je reconnais aussi qu’il s’agit là désormais de caractéristiques pour la franchise.

Notons que Call of Duty: Modern Warfare offre également un mode coopératif, mais pas de mode zombies. Le jeu permet aussi comme toujours de jouer à deux en séparant l’écran en deux, une fonctionnalité de plus en plus rare dans les jeux de tir modernes.

Même si j’aurais aimé une histoire un peu plus soutenue et même si la série peine encore à promouvoir le jeu d’équipe en ligne, j’ai dans l’ensemble beaucoup aimé Call of Duty: Modern Warfare, qui améliore les forces existantes de la franchise, tout en offrant un contexte moderne pour sa campagne solo. Il s’agit du meilleur jeu de la série depuis plusieurs années.

Note: 83/100