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Complexe, le recyclage des cartouches d’encre

Complexe, le recyclage des cartouches d’encre
Photo: Maxime Johnson


Visite d’une usine de fabrication de cartouches d’encre recyclées de HP.

Après avoir atteint la marque des 50 % il y a quelques mois seulement, HP produit désormais 75% des cartouches d’encre qu’elle vend à partir de cartouches recyclées. Portrait d’une opération mondiale, qui passe notamment par Montréal.

Pour la plupart des gens, le recyclage est une opération un peu floue, où des objets usagés sont transformés d’un coup de baguette magique en produits neufs.

Évidemment, le procédé est dans les faits bien plus terre à terre. Et si certains matériaux peuvent facilement être recyclés, d’autres demandent plus d’efforts. C’est le cas des cartouches pour imprimantes à jet d’encre.

Lorsqu’un consommateur retourne une cartouche HP usagée, par la poste ou via un magasin Bureau en gros, la cartouche est tout d’abord envoyée dans un premier centre (généralement aux États-Unis), où elle est lavée et déchiquetée.

L’opération suivante se déroule à Montréal, chez le Groupe Lavergne. Le plastique des cartouches est traité, puis combiné à des bouteilles d’eau, ou encore à certains cintres de plastique utilisés par l’industrie du vêtement.

«Nous avons essayé des dizaines d’autres produits avant de déterminer que ces cintres étaient ce qu’il nous fallait», explique Shelley Zimmer, responsable du marketing environnemental mondial chez HP. Considérant que le plastique est utilisé ici dans un produit de haute technologie, les normes sont plus élevées que pour produire un pot de fleurs, par exemple, ce qui explique la nécessité de bien choisir ses matériaux et ses additifs afin que la qualité de la cartouche recyclée soit la même que celle d’une cartouche non recyclée.

HP reçoit aussi moins de cartouches que la compagnie en produit, ce qui explique la nécessité de les combiner à d’autres produits de consommation.

La «boucle fermée»
La suite de l’opération se déroule dans un troisième centre, dont l’un des principaux se trouve à quelques kilomètres de Dublin, en Irlande.

Dans une usine relativement calme, en pleine nature et entourée de centaines (!) de lapins, les billes de plastique reçues de Montréal sont fondues et moulues dans les différentes pièces requises pour la cartouche finale. L’assemblage se fait alors à quelques mètres de là, chez un partenaire de HP qui s’assure de monter et de remplir les cartouches. L’opération est pratiquement toute automatisée, à tel point que l’usine semble parfois déserte.

Après l’emballage final (dans une autre usine), les cartouches sont prêtes à retourner sur les tablettes.

Selon les estimations, certaines des cartouches pour imprimantes à jet d’encre que l’on retrouve sur le marché présentement seraient passées de 5 à 7 fois par ce procédé en «boucle fermée» instauré par HP en 2005.

L’impact environnemental
Considérant l’ajout d’additifs et le transport du matériel à divers endroits dans le monde, il est difficile de qualifier le recyclage des cartouches de procédé complètement vert. Selon HP, cette opération offre quand même des avantages intéressants par rapport à la fabrication de cartouches avec du plastique neuf, puisqu’elle permet une réduction de 33% de l’empreinte carbone et de 54% de l’utilisation de combustible fossile.

Le processus permet aussi d’alimenter l’industrie du recyclage et de diminuer la quantité de plastique qui se retrouve dans les dépotoirs. Ainsi, 566 millions de cartouches ont été recyclées depuis 1991, 2,5 milliards de bouteilles d’eau depuis 2005 et 500 000kg de cintres depuis l’année dernière.

Il est bon de noter que, si l’impact environnemental du procédé est clairement positif, son impact financier, lui, l’est moins.

«L’augmentation du prix des matières premières pourrait éventuellement changer la donne, mais pour l’instant, il serait moins cher pour HP de fabriquer du nouveau plastique que de recycler les cartouches. Mais nous le faisons quand même, parce que c’est la chose à faire», résume Shelley Zimmer.

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