Perspective
09:25 29 juin 2020 | mise à jour le: 29 juin 2020 à 16:03 temps de lecture: 5 minutes

Instagram, coronavirus et fausses nouvelles

Instagram, coronavirus et fausses nouvelles
Photo: 123RFSelon une enquête, Facebook serait la plateforme d’information la plus prisée

Instagram se renforce en tant que source d’information dans le monde des médias sociaux envahis par les fausses histoires. Métro se penche sur le problème.

Les médias sociaux continuent d’évoluer en tant que source d’information la plus populaire, bien que de nombreux utilisateurs soient conscients de la désinformation et des fausses nouvelles présentes sur ces plateformes. Le rapport de 2020 publié récemment par l’Institut Reuters sur les nouvelles numériques a confirmé que l’utilisation des médias sociaux a augmenté durant la quarantaine mise en place à cause de la COVID-19, WhatsApp enregistrant la plus forte croissance, d’environ 10% dans certains pays.

Mais les personnes n’utilisent pas un média social seulement pour discuter et s’amuser. Ils les considèrent également comme des sources principales d’information. Selon l’étude de Reuters, Facebook arrive en tête avec 36% des utilisateurs de médias sociaux consommant de l’information sur la plateforme, suivi de YouTube (21%), WhatsApp (16%) et Twitter (12%). Le réseau Instagram gagne maintenant en popularité dans ce domaine (11%) et pourrait bientôt dépasser le service de microblogage.

Popularité croissante

Mais pourquoi les réseaux sociaux sont-ils devenus une source d’information si populaire?

«Les gens passent beaucoup de temps sur les médias sociaux. Les agences de presse publient des articles sur ces plateformes, et les utilisateurs qui le font partagent aussi des histoires ou donneront leurs propres opinions sur des sujets d’actualité. En temps de crise les reportages des correspondants officiels peuvent être lents [au moins pour répondre à toutes les préoccupations ou questions que les gens peuvent se poser], mais les articles des réseaux sociaux peuvent être diffusés plus rapidement», a expliqué à Métro Samantha Vanderslott, chercheuse en sciences sociales à l’Oxford Vaccine Group et l’Oxford Martin School.

La popularité croissante des médias sociaux comme source d’information a également conduit à une présence accrue de fausses nouvelles. Une étude menée par Statista en 2018 a révélé que près de la moitié des lecteurs déclarent voir de tels articles au moins une fois par jour. Une autre étude a révélé que les Américains de tout âge pensent maintenant que plus de 60% des informations qu’ils trouvent sur les médias sociaux sont fausses.

«Nous avons observé une augmentation de ce phénomène sur les médiaux sociaux au cours des cinq dernières années», indique Jon-Patrick Allem, directeur du laboratoire d’analyses des médias sociaux à l’École de médecine Keck de l’Université de Californie du Sud, aux États-Unis.

Solution facile

La désinformation s’est développée de pair avec les plateformes numériques parce que les fausses informations se répandent plus facilement à travers ces médias sociaux.

«Sur un média social, n’importe qui peut poster et répandre de fausses nouvelles et il y a des limites à ce que les entreprises de médias sociaux font à ce sujet, bien qu’elles aient des politiques et des initiatives pour essayer de les freiner», a ajouté Mme Vanderslott.

Dans l’équation des fausses nouvelles, il y a deux composantes: ceux qui les génèrent et ceux qui les partagent. Selon Samantha Vanderslott, «il y a ceux qui cherchent à avoir beaucoup de clics pour générer des revenus publicitaires ou gagner en notoriété, et ceux qui créent des fausses nouvelles pour des raisons idéologiques afin de persuader des personnes d’un certain point de vue ou de provoquer de la confusion et du chaos».

En ce qui concerne les raisons pour lesquelles les personnes partagent des fausses nouvelles, l’experte souligne que cela se produit parce qu’ils peuvent croire sincèrement en leur véracité. Ils peuvent ne pas être sûrs que cela soit vrai, mais cela correspond à leurs croyances ou leurs points de vue, et le dernier point est qu’ils savent avec certitude que cela n’est pas vrai, mais qu’il est bénéfique pour eux de le partager en raison des répercussions qu’ils pensent provoquer.


Démêler le vrai du faux

Voici des éléments à vérifier, selon l’experte Samantha Vanderslott.

  1. La source. Questionnez la source et vérifiez sur les sites officiels si des faits y sont répétés. Le nombre de sources est également important. Si l’information n’est rapportée que par une seule source, méfiance.
  2. Le logo. Vérifiez si le logo d’une orga nisation utilisé dans le message a la même apparence que celui du site officiel.
  3. La mauvaise grammaire et l’orthographe. Les journalistes et les organisations fiables sont moins susceptibles de faire des fautes répétées de grammaire et d’orthographe.
  4. Les faux comptes. Certains comptes sur les médias sociaux imitent les vrais en étant très similaires. Faites aussi attention aux fausses adresses web.
  5. L’émotion extrême. Si quelque chose vous rend en colère ou vous réjouit, soyez sur vos gardes, car les messages qui déclenchent de fortes émotions sont les plus partagés.
  6. Le sur-encouragement à partager. Méfiez-vous si le message vous presse de partager – c’est ainsi que fonctionnent les messages viraux.
  7. Vérifier les faits sur des sites. Des sites comme APFactCheck et Full Fact présentent les fausses nouvelles les plus courantes.

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