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Retourner aux études après 30 ans

Retourner aux études après 30 ans
Photo: Getty Images

À 30 ans, alors que certaines personnes tentent de faire progresser leur carrière, d’autres repartent à zéro.

Qu’elles aient perdu leur emploi­ ou soient simplement à la recherche d’un métier plus passionnant, ces personnes sont de plus en plus nombreuses à se réorienter. Mais comment trouver sa nouvelle voie? Et comment réaliser la transition en douceur?

Pour certains, parvenir à la trentaine provoque une remise en question des choix faits des années plus tôt.

«J’avais la carrière que j’avais toujours voulu avoir, mais j’en avais fait le tour, explique Cindy Synnett, auparavant rédactrice en chef et professionnelle en cours de reconversion. Ça allait super bien à mon travail, mais lorsque je regardais des offres dans mon secteur d’activité, tout me levait le cœur!»

Pour Jacynthe Maltais, ancienne réalisatrice et productrice, le besoin de changement est survenu à la naissance de ses enfants : «Entre le boulot, le métro et la vie de famille, je ne me sentais pas entière, confie-t-elle. Je n’étais pas heureuse. J’ai travaillé fort pour me bâtir une carrière, mais je ne pouvais pas me donner à 100 %, tout en sachant que mes enfants passaient toute la journée à la garderie.»

Choisir une nouvelle carrière
Trouver un nouveau métier, plus intéressant, plus proche de ses passions, demande un certain temps de réflexion. Plusieurs ressources sont disponibles pour aider à trouver sa voie : les orienteurs utilisent des tests pour découvrir quel métier est susceptible de correspondre à votre personnalité; le mentorat, comme chez Academos, permet d’être en contact avec plusieurs professionnels et d’échanger sur leur expérience du métier ; des services téléphoniques d’aide et d’accompagnement, dont Osez les études, sont également disponibles pour aider à explorer les différentes options.

Pour cette démarche, Cindy Synnett a fait appel à des professionnels. «Pendant un an, je suis allée voir deux orienteurs. J’ai passé des tests, et les résultats m’ont beaucoup surprise. La comptabilité est ressortie. J’avais à l’époque une image assez négative du métier, alors je suis allée rencontrer des professionnels du domaine afin de voir leur réalité. Et c’est là que j’ai compris pourquoi ce métier convenait à ma personnalité.»

La méthode de Jacynthe Maltais a été plus hasardeuse : «Je me suis inscrite à une formation d’aide à l’accouchement en me disant bien naïvement que cela m’instruirait. Mais depuis, je pratique l’accompagnement à la naissance à temps partiel.»

Planification budgétaire
Lorsqu’on reprend les études dans la trentaine, voire plus tard, le niveau de vie en prend un coup : difficile en effet d’avoir le même niveau de vie s’il n’y a pas de salaire qui rentre. Ce choix entraîne de nombreux changements qui impliquent des concessions. Celles-ci, à un certain âge, peuvent être plus difficiles à prendre.

«Je suis retournée aux études à temps plein, mais je travaillais en même temps, explique Cindy Synnett. J’avais quelques contrats à la pige et j’ai monté mon entreprise de service ménager.»

«Mon parcours a eu un effet positif autour de moi. Sans le vouloir, j’ai été un vecteur de motivation pour les gens qui souhaitaient changer de domaine.» Cindy Synnett, ancienne journaliste, travaillant aujourd’hui en comptabilité

Le soutien du conjoint est également primordial durant ces changements. «Cela a été le grand vertige, une source de tensions financières, et il a fallu qu’on change nos habitudes de consommation, raconte Jacynthe Maltais. Mais j’ai réussi à me reconvertir grâce au soutien de mon mari. Si j’avais été mère monoparentale, je n’aurais jamais pu y arriver.»

Et si c’était à refaire?
«Je suis heureuse aujourd’hui, révèle Jacynthe Maltais. Certes, j’ai quand même des doutes sur le fait que mon ancienne vie va peut-être me manquer. Mais je fais quelque chose de plus humain. J’ai le grand privilège d’aider des couples lors de la naissance de leur enfant. J’ai l’impression que cette carrière m’a choisie, et j’ai trouvé mon équilibre.»

Prendre la décision de repartir à zéro alors que la carrière­ est bien établie demande du courage, mais en inspire plus d’un. «Mon parcours a eu un effet positif autour de moi, constate Cindy Synnett. Sans le vouloir, j’ai été un vecteur de motivation pour les gens qui souhaitaient changer de domaine. Plusieurs de mes proches sont retournés à l’école ou se perfectionnent.»

Ces deux femmes n’entendent pas en rester là sur le plan de leur carrière. Jacynthe Maltais prévoit approfondir ses compétences d’accompagnatrice en apprenant le yoga prénatal. Quant à Cindy Synnett, elle se prépare pour l’examen de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec.