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Une révolution nécessaire en formation continue

décrochage

Étude: lorsqu’il s’agit d’acquérir de nouvelles compétences pour s’adapter aux technologies, c’est chacun pour soi!

C’est une des conclusions du récent rapport du Forum des politiques publiques Compétences, formation et apprentissage continu, du chercheur Daniel Munro.

La raison principale est que la formation continue au Canada est insuffisante, laissant les travailleurs sans moyens de développer les compétences dont ils auront besoin dans l’avenir. Ainsi, au cours d’une année, seulement 31 % des travailleurs canadiens reçoivent une formation liée à leur emploi, bien moins qu’ailleurs dans le monde; en guise d’exemple, 42 % des travailleurs suisses et 47 % des travailleurs norvégiens reçoivent une formation.

De plus, ces 31 % de chanceux ne passent pas autant d’heures en formation que leurs collègues d’ailleurs dans le monde. Dans les pays de l’OCDE, un travailleur reçoit 58 heures de formation par an en moyenne. Au Canada, il ne recevra que 49 heures.

De plus, la formation continue au Canada est surtout destinée à ceux qui ont déjà un diplôme universitaire, alors qu’il est démontré qu’ils ont plus de facilité à s’adapter aux nouvelles technologies. Ainsi, dans une année, deux diplômés universitaires sur trois participeront à une formation liée à l’emploi. Ce ne sera le cas que du quart des diplômés du secondaire, qui ont pourtant besoin de plus de soutien pour accroître leurs compétences et dont les emplois sont plus susceptibles d’être automatisés.

Pour compléter ce sombre tableau, notons que le Canada n’investit que 0,07 % de la valeur de son GDP en formation continue et en développement de la main d’œuvre, deux fois moins que la moyenne de l’OCDE (0,13 %).

Faut-il donc croire le discours de tant de décideurs, qui clament l’urgence de préparer notre main-d’œuvre à l’arrivée des technologies intelligentes sur le marché du travail? Bien… pas vraiment! Si un véritable état d’urgence existait, nous assisterions ici à une mobilisation semblable à celle de la Révolution tranquille. Ce qu’on observe plutôt, c’est la mauvaise habitude de s’attendre à ce que ce soit l’autre qui fasse quelque chose. Les établissements d’enseignement s’attendent à ce que les entreprises offrent plus de formation à leurs employés, car les compétences à enseigner sont souvent spécifiques à l’entreprise. Les employeurs affirment qu’ils n’ont ni le temps ni les ressources pour former leurs employés et réclament des diplômés prêts à occuper leur poste dès les premières journées. Les gouvernants, quant à eux, semblent pris dans l’étau de ces points de vue opposés et ne pas trop savoir comment s’en défaire.

Pourtant, l’objectif de l’adaptation aux nouvelles technologies me semble aussi important que celui de la modernisation du système d’éducation lors de la Révolution tranquille, objectif auquel tous s’étaient alors ralliés. Il serait temps qu’on fasse de même.

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