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Macholand à l’assaut du sexisme ordinaire

Macholand à l’assaut du sexisme ordinaire
Photo: Getty

Ras-le-bol! Y’en a marre du sexisme quotidien en France. Au pays de Marianne, une «plateforme d’actions collectives» a vu le jour mardi dernier dans le cyberespace afin de combattre les préjugés et les stéréotypes sur les femmes.

Macholand.fr a recours à la puissance de frappe de l’internet pour demander aux «citoyennes et citoyens» de signaler tout propos sexiste dans les médias et les espaces publicitaire, politique ou économique.

«Il n’est pas question de délation, mais de mettre en lumière le sexisme. Je pense que c’est le sexisme qui devrait déranger. Pas le fait de le dénoncer», souligne, dans un courriel, Caroline De Haas, l’une des fondatrices du site qui, le jour de son lancement, a été attaqué par des pirates informatiques.

En ce moment, Macholand a dans sa mire Gérard Collomb, le maire socialiste de Lyon, qui a expliqué en ces termes la nomination en août de Najat Vallaud-Belkacem à la tête du ministère de l’Éducation: «C’est une communicante et une séductrice, mais elle doit se méfier des paillettes. Je crois que François Hollande aime les jolies femmes.»

Le monde politique français est réputé pour être un univers machiste. Quand Ségolène Royale, l’ex-épouse du président de la république, annonça sa candidature à l’Élysée en 2007, Laurent Fabius, l’actuel ministre des Affaires étrangères s’interrogea ainsi: «Mais qui va garder les enfants?»

Les exemples sont légion, mais la France est-elle pour autant le royaume européen du sexisme? Caroline De Haas ne le pense pas. «Pas plus que dans les autres pays.»

Il y a huit ans, José Maria Aznar, alors premier ministre d’Espagne, glissa son stylo dans le décolleté d’une journaliste parce qu’il n’aimait pas ses questions.

Quand il dirigeait l’Italie, Silvio Berlusconi s’illustra pour ses blagues sexistes, trop nombreuses pour être énumérées ici. Cette année, la palme revient à Vladimir Poutine. «Il est préférable de ne pas débattre avec une femme», avait dit le président russe en juin.

«Des Macholand, il en faudrait un peu partout! Notre site est une première en Europe et on est tout à fait disponible à aider ceux qui veulent en créer, au Québec comme ailleurs», précise, dans une entrevue téléphonique, Caroline De Haas, 34 ans.

De manière générale, le Québec n’est-il pas moins sexiste que la France? La réponse fuse et étonne: «Il y a plus de masculinistes chez vous! Y a jamais eu un mec chez nous qui est entré dans un endroit et qui a tué des femmes en disant qu’elles étaient féministes [référence à la tuerie de Polytechnique, le 6 décembre 1989].»

Peut-être, mais a-t-on déjà dit «Madame le ministre» au Québec? Macholand, qui a déjà enregistré plus de 100 000 visiteurs, est promis à un bel avenir.

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