Carrières

Amina Gerba, femme d'affaires à Montréal: un exemple de réussite

Classée parmi les 25 femmes d’affaires les plus influentes au Québec par le journal Les Affaires en 2008, Amina Gerba est l’exemple type d’une entrepreneuse qui réussit.

À la tête du magazine Afrique Expansion, de la société de consulting Afrique Expansion inc. et cofondatrice de la marque de beurre de karité Kariderm, elle est aussi devenue l’instigatrice du Forum Africa, qui se tient tous les deux ans à Montréal.

Au départ, rien n’était joué. Durant son baccalauréat en gestion touristique à l’UQAM, Amina Gerba constate d’abord «la très grande méconnaissance des gens de l’Afrique en général. Je me suis dit : pourquoi ne pas promouvoir les ressources et les atouts de ce continent?»

La native du Came­roun termine ensuite un MBA en marketing des services et ne travaille qu’un an et demi au sein d’une entreprise avant de lancer la sienne. «Ma formation couvrait tous les aspects dont j’avais besoin pour mettre en place mon affaire», se souvient-elle.

Qu’importe si elle a quatre enfants, Amina est déterminée et connaît les risques : «Monter une entreprise est très difficile dans le domaine de la vente.» Elle s’entoure d’un collaborateur qui connaît les produits au beurre de karité et se retrouve, en 2003, à la tête de la première entreprise au Québec à lancer le concept de karité biologique et équitable.

Une réussite québécoise
«Quand je vois les autres pays, je me dis que je n’aurais jamais réussi tout ça dans
un autre contexte, estime Mme Gerba. Ici, il y avait l’aide du gouvernement, mais aussi la langue française qui m’ont aidée à entreprendre.»

Partie de rien, elle a accepté de distribuer le beurre de karité de quelques productrices du Burkina Faso. La vente de ses produits permet aujourd’hui de nourrir les familles des productrices. «Nous avons pu réussir, car, en face, nous avions des femmes sérieuses, très fiables, et ce sont là deux immenses qualités de l’Afrique», affirme-t-elle.

Reste qu’au final, «enseigner de nouvelles méthodes de travail et de production à des femmes qui ne sont parfois jamais allées à l’école a rendu les choses plus longues que prévu», constate-t-elle.

Aujourd’hui, Amina Gerba ne regrette rien. Parmi ses projets en figure un qui lui tient particulièrement à cÅ“ur :?s’investir dans l’audiovisuel pour promouvoir ce qui se passe en Afrique.