Carrières

Survivre à l’intelligence artificielle

Survivre à l’intelligence artificielle

L’automation et l’intelligence artificielle pourraient remplacer un poste sur cinq au cours des prochaines années.

C’est une des conclusions surprenantes de l’Enquête 2019 sur les tendances et les talents, un sondage annuel mené par Mercer, une maison de consultation en ressources humaines. Dans le cadre de cette enquête, 7300 employés, professionnels des ressources humaines et gestionnaires de haut niveau ont été interrogés, partout dans le monde, sur leurs perceptions des nouvelles réalités du recrutement et de la gestion des employés.

Ce n’est pas le seul résultat à faire frémir. En effet, 79% des répondants croient également que le nombre d’employés à temps plein diminuera bientôt de façon significative. En effet, les nouvelles technologies permettent aux gestionnaires de déléguer un nombre grandissant de tâches à des travailleurs autonomes et à des pigistes. L’emploi à temps plein deviendra alors réservé à une petite élite professionnelle dont les compétences sont essentielles au succès de l’entreprise. Pour recruter et conserver cette élite aux compétences rares, les entreprises sont prêtes à tout, y compris à priver les autres salariés de leur sécurité d’emploi.

D’autres études sont parvenues à des résultats similaires; ceux de cette enquête ne sont donc pas si surprenants, me direz-vous. En fait, c’est la vitesse à laquelle ces changements auront lieu qui surprend à la lecture du rapport d’enquête. Selon les répondants, qui ont été choisis pour leurs connaissances des objectifs des entreprises, ces changements se produiront surtout- entre 2022 et 2025.

D’ici trois à six ans, donc, votre poste pourrait être aboli à la suite de l’introduction de nouvelles technologies performantes capables de réaliser une partie des tâches que vous assumez aujourd’hui. On vous offrira alors de travailler comme pigiste pour faire ce qui reste.

D’ici 2022? Cela ne nous laisse pas grand temps pour souffler, comme on dit en langue populaire. Bien sûr, cela pourrait survenir plus tard ici pour des raisons diverses, mais ce ne serait que partie remise. Comment se préparer à ces changements?

Heureusement, d’autres études nous rappellent que les employeurs cherchent aussi des compétences que les machines ne peuvent pas dupliquer: jugement, créativité, esprit critique, empathie, intelligence émotionnelle, etc. Voilà donc une façon de s’adapter à ce nouveau marché du travail: développer des compétences irremplaçables et viser les postes où elles sont très importantes.

Une autre façon, la plus évidente, est de devenir technologue, de faire partie de l’élite qui conçoit, produit et maintient toute cette technologie performante. Évidemment, pour quelqu’un dont la carrière est déjà bien entamée, ce n’est pas vraiment une option si cela implique une formation de longue durée, dont il faudrait assumer seul les coûts.

Si leurs difficultés de recrutement persistent, ce qui sera presque certainement le cas, les entreprises devront aider financièrement leurs employés qui désirent se former, et beaucoup plus qu’elles le font maintenant. Un phénomène à surveiller.