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Sciences infirmières, pour des connaissances approfondies

Sciences infirmières, pour des connaissances approfondies
Photo: Métro

Les sciences infirmières, un boulot de bureau? Oui et non: la profession, contrairement aux idées reçues, ne se limite pas aux postes administratifs. Portrait de cette formation qui a du piquant.

«Nos diplômés peuvent occuper des postes de cadres, mais la vocation est d’abord et avant tout le travail au chevet des patients», souligne la directrice du programme de 1er cycle à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval, Kathleen Lechasseur.
Grâce à leurs connaissances scientifiques plus approfondies que leurs collègues techniciens, les infirmiers bacheliers seront davantage appelés à œuvrer dans les milieux de la santé communautaire et des soins critiques. Ils pourront aussi travailler en milieu hospitalier, en santé scolaire, en industrie, voire ouvrir leur propre clinique, indique Kathleen Lechasseur.

«La formation de base est la même que la formation collégiale, mais nous allons un peu plus loin pour favoriser le développement du jugement critique et de l’autonomie professionnelle. Nous mettons également l’accent sur la recherche et encourageons nos étudiants à y recourir dans leur pratique, en appuyant leurs décisions sur des données probantes», poursuit-elle.

«Nous favorisons le développement du jugement critique et de l’autonomie professionnelle de nos étudiantes.» – Kathleen Lechasseur, directrice du programme de 1er cycle à la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval

Dès l’an prochain, les étudiants du programme de l’Université Laval auront la possibilité de choisir l’alternance travail-études pendant leur baccalauréat, dont la durée est écourtée à deux ans si le diplôme d’études collégiales en soins infirmiers a été obtenu
au préalable.

Charlène Joyal. «Le meilleur des mondes»

Charlène JoyalCV

  • Nom : Charlène Joyal
  • Âge : 31 ans
  • Nombre d’années d’expérience : 8
  • Formation : Baccalauréat et maîtrise en sciences infirmières
  • Autre occupation : présidente du comité jeunesse de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

Pourquoi avez-vous choisi cette profession?
Je m’intéressais beaucoup au milieu de la santé. Je me suis d’abord dirigée en microbiologie, mais il me manquait la relation d’aide et le contact direct avec les gens. Les sciences infirmières, c’est le meilleur des mondes, car nous touchons à tout un éventail de connaissances, que ce soit la biologie ou la pharmacologie, tout en contribuant à améliorer la santé du patient.

À quoi ressemble la journée de travail d’un infirmier bachelier?
Cela dépendra de son milieu de travail: dans mon cas, j’ai aussi une maîtrise donc j’ai accédé à un poste de conseillère clinicienne à l’hôpital Jefferey Hale de Québec, où je contribue au développement des soins infirmiers pour améliorer la pratique, notamment en formant mes collègues. Et avant cela, en tant que bachelière, j’ai été infirmière de liaison; je m’assurais que les patients de retour à la maison recevaient les bons soins. J’ai aussi travaillé de nuit dans un centre d’hébergement, ce qui m’a permis de développer mon jugement critique, car je devais gérer seule deux étages et quarante patients.

Quelles sont les qualités à posséder pour exercer ce métier?
C’est certain qu’il faut avoir de l’entregent puisque nous devons travailler avec des personnes malades qui vivent des moments difficiles. Mais je pense qu’il faut aussi savoir déléguer et développer un bon leadership pour que le travail d’équipe se fasse bien. Et une bonne capacité d’adaptation est nécessaire, car les conditions de santé évoluent constamment, il faut toujours réévaluer la situation.

«Nous touchons à tout un éventail de connaissances, que ce soit la biologie ou la pharmacologie, tout en contribuant à améliorer la santé du patient.» – Charlène Joyal, conseillère clinicienne, hôpital Jeffery Hale

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail?
Le lien de collaboration qui se développe avec le patient et sa famille. Les gens sont de plus en plus informés sur leur santé et il se crée une sorte de transfert de connaissances entre nous. Je leur explique l’état de santé du patient et son évolution, et en retour, ils me fournissent des informations utiles, comme par exemple, ses habitudes de vie.

Y a-t-il un aspect de votre travail qui est plus difficile?
Même si nous sommes des professionnels de la santé et que nous voyons un certain nombre de fins de vie, ce genre d’événements peut toujours nous affecter. J’avais aussi trouvé difficile, à mes débuts, de gérer et prioriser les soins que j’avais à donner en une journée de travail.