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Suaad Ghadban: la danse comme marque

Suaad Ghadban: la danse comme marque
Photo: Chantal Lévesque / Métro

Première Québécoise à être nommée ambassadrice de New Balance, Suaad Ghadban a aussi fait sa marque, à elle, avec quelques mots d’ordre tout simples: «entrain, bonheur, liberté, plaisir».

«Souriez! Amusez-vous! Je vous aime!» C’est habituellement en lançant cette formule que Suaad Ghadban commence ses cours. Des cours «jamais pareils», durant lesquels elle enjoint aussi les participants à faire des mouvements toujours «plus grands! Plus grands!» et encore à «sourire!»

Créative – «je n’ai pas de limites!» –, la sportive de 30 ans croit que le secret de sa polyvalence réside dans l’inventivité. Faire répéter des squats ad vitam æternam (ou du moins pendant une heure)? Ish, non. Elle mixe plutôt du hip-hop et de la danse du ventre, insère dans ses chorégraphies quelques moves à la Nicki Minaj. Elle a aussi créé le Hot Booty Ballet, un concept au nom «qui dit exactement ce qui va se passer!» Hot: il va faire chaud. Ballet: il y aura des mouvements de danse. Et Booty: ben, ça va travailler cette région-là.

C’est d’ailleurs, note-t-elle avec fierté, cette création «qui l’a fait tomber dans l’œil de la marque américaine New Balance», pour laquelle elle agit depuis peu à titre d’ambassadrice. «C’est la première fois qu’ils prennent une porte-parole en danse et en fitness plutôt qu’en course!» se réjouit-elle. Ce choix s’accorde à la vision générale de la ligne de chaussures et de vêtements «qui conjugue sport et mode». «Ils veulent cibler les filles de 20 à 40 ans qui ne sont pas nécessairement des triathloniennes et qui ne rêvent pas de perdre plein de poids, mais qui font de l’exercice juste parce qu’elles adorent ça!»

Suaad raconte avoir été choisie au terme d’un sondage, parce que «son style plaisait au plus grand nombre». «Moi, je ne dis pas “il faut que tu manges x repas par jour et x nombre de calories”! Ce n’est pas réaliste pour ceux qui ont des enfants, pour les gens d’affaires.»

Femme d’affaires, Suaad Ghadban l’est aussi à sa façon. Elle a commencé le ballet à cinq ans, avant de se tourner vers la danse acrobatique, dont elle est devenue championne. Elle a aussi passé sa vingtaine sur les scènes, en tournée: «J’ai fait Broadway, Atlantic City…» Puis, petit à petit, elle s’est tournée vers l’entraînement. Aujourd’hui, elle compte parmi ses clients l’agence de mannequins Next Models, des célébrités du petit écran, des athlètes. Et ce, surtout depuis qu’elle s’est mise à «incorporer du fitness dans la danse». «Ça me permet de m’adresser à un plus grand public.»

Un public de plus en plus friand d’émissions à la So You Think You Can Dance et qui voit toutes ses pop-stars favorites se démener sur scène (Lady Gaga assise sur un tabouret pendant un show au complet? Pfff.) Dans ces conditions, Suaad considère qu’avoir une expérience d’interprète représente un gros plus pour un entraîneur. «Être passé par là, ça permet de sentir la douleur de nos clients, de savoir où ça bloque», confie-t-elle, notant au passage: «Moi par exemple, je suis certifiée dans une trentaine de programmes de groupe, mais aussi spécialisée en jazz, en classique. Je peux donc “coacher” autant des pros, que monsieur et madame Tout-le-monde.»

Sans oublier que, depuis quelque temps, elle travaille beaucoup son côté «business». On la voit faire des segments de mise en forme à Breakfast Television, à Global TV. «Je suis chanceuse; beaucoup de danseurs ne poursuivent pas leur carrière très longtemps.»

La longévité de son métier, pour elle, passe aussi par les réseaux sociaux. Alors que plusieurs stars de l’entraînement misent sur leur propre image pour bâtir leur réputation, Suaad a choisi de «mettre de l’avant ses élèves». Sur son compte Instagram, c’est rarement elle qu’on voit. «Tiens, regarde, nous dit-elle en faisant défiler des photos. Ça, c’est une de mes clientes de 72 ans. Elle est super en forme et si belle! Ça, c’est Cœur de pirate. Ça, ce sont 200 gars auxquels j’ai donné un cours d’aérobie! Je trouve ça important de montrer ce que mes étudiants sont capables de faire. Ce sont eux qui m’inspirent! Et c’est bien plus intéressant que ce que je peux faire, moi!»

Cela dit, elle peut faire plein de choses. Et elle aime faire plein de choses. «Toute ma vie, on a voulu me confiner à un style: tu devrais JUSTE enseigner le TRX. Ou JUSTE le hip-hop. Je ne peux pas! Chaque semaine, je veux essayer quelque chose de neuf. Et c’est comme ça que l’être humain est fait! Une fois que quelque chose devient répétitif, ça ne nous tente plus. Il faut qu’il y ait un élément de surprise. De: “Oh, je n’ai jamais fait ça!”»

C’est pourquoi elle trouve primordial d’incorporer des éléments «excitants» à sa profession. «Pour moi, il ne s’agit pas juste de donner un cours, mais de créer un spectacle, un événement! Le “vite, vite, vite”, on s’en fout! Il faut avoir du plaisir! Libérer son stress! Je suis contente que les gens commencent à apprécier la danse. Tout le monde est du genre “Crossfit!” On passe-tu à autre chose?»

SuaadGhabdan Boxe

Reine du ring
«Je n’ai pas un corps de ballerine. Et le ballet était la dernière chose que je voulais enseigner. Ce n’était pas ma force!» lance Suaad Ghadban. Mais plutôt que de boycotter ce style, l’entraîneuse a décidé de l’adapter… à sa façon. Elle donne ainsi des cours sur des hits de rap ou des succès du top 40, en incorporant divers éléments aux mouvements classiques. Sa dernière invention? Le ballet… boxing. «Le but, ce n’est pas la perfection, c’est le bien-être, le plaisir, l’action.» Envie d’essayer? Suaad enseigne notamment chez Report Fitness et chez b.cycle.

Suaadfitness.com

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