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Le cuir de poisson fait sa place en mode

Le cuir de poisson fait sa place en mode
Photo: Fémer

Le cuir de poisson commence à attirer l’attention en mode.

Souvent produite dans le respect de l’environnement, cette matière inusitée a l’avantage d’être malléable et polyvalente, bien que délicate à travailler, soutient Jacques Houyou fabricant d’espadrilles à Mauléon, dans le sud-ouest de la France, qui lancera une collection d’espadrilles pour femmes en peau de truite de Banca, un élevage réputé du Pays basque en juillet. Selon l’AFP, les chaussures ne seront produite qu’en série limitée – une centaine de paires – à sa fabrique, Don QuiChosse.

Il n’est pas le seul à s’être approprié cette ressource: toujours en France, la peausserie Fémer transforme en cuir les peaux de poisson issus «de la filière alimentaire maritime».

«Le cuir de poisson est très intéressant à travailler en raison de sa texture et de la multitude de finis qu’on peut lui donner, renchérit la designer montréalaise Cynthia Girard, de Maison CYMA. Il a également un avantage technique: mince et souple, il a une résistance à la déchirure de 90 newtons.»

La griffe haut de gamme qu’elle a fondée avec Mary-Jo Dorval utilise pour sa part du cuir de saumon et de perchaude d’origine islandaise pour certains vêtements. «[Ce cuir] est produit en respectant l’environnement de deux manières: d’abord, c’est un sous-produit de l’industrie de la pêche. Ensuite, le processus de production utilise deux sources d’énergie renouvelable, soit l’hydroélectricité et la géothermie», ont confié les deux créatrices à Métro alors qu’elles se préparaient à présenter leur collection à New York plus tôt cet hiver.

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Défilé de Maison CYMA à New York.

«Il y a 20 ans, nous avons fabriqué des espadrilles, sorte de tong japonaise en peau de saumon, mais nous n’avons jamais eu l’occasion de travailler la peau de truite, a confié Jacques Houyou à l’AFP. À ma connaissance, c’est une première sur le marché.»

Des photos des espadrilles en question ne sont pas encore disponibles, mais on sait déjà qu’elle comporteront un talon compensé, un peu comme certains modèles déjà produits par Don QuiChosse.

Des espadrilles fabriquées par Don QuiChosse, au Pays basque français.