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Les pays des Andes veulent développer leur offre touristique

Les pays des Andes veulent développer leur offre touristique
Photo: iStock

Au-delà du célèbre Machu Picchu, les pays andins veulent développer leur offre sur la grande route Inca mais la tâche est ardue sur un territoire immense et dominé touristiquement par le Pérou.

Présents en marge du Fitur, l’un des plus importants salons touristiques du monde organisé cette semaine à Madrid, des représentants gouvernementaux du Pérou, du Chili, de Colombie et d’Équateur ont défendu ensemble l’attractivité de cette route (Qhapaq Ñan), classée depuis 2014 au patrimoine mondial de l’Unesco et qui regroupe aussi l’Argentine et la Bolivie.

«C’est un patrimoine commun à tous les pays andins», a déclaré Monica Zalaquett, sous-secrétaire chilienne au Tourisme.

Mais selon la vice-ministre péruvienne du Tourisme, Liz Blanca Chirinos, le développement du Qhapaq Ñan comme marque touristique internationale «est difficile» et prendra du temps.

Le Pérou, destination phare de la région avec le Machu Picchu et l’ancienne capitale impériale Cuzco, n’a pour l’instant pas dédié de budget public au développement de cette route, souligne-t-elle tout en jugeant que des investissements privés seraient «trop agressifs» à l’égard des populations amérindiennes.

Les tour-opérateurs présents au Fitur mettent eux en avant la nécessité de construire des infrastructures pour développer l’offre sur l’ensemble de la grande route Inca. Un défi de taille vu l’immensité de la zone et les différences de politiques publiques des six pays.

À Uyuni, célèbre «salar» – désert de sel – situé dans le sud de la Bolivie, «il y a peu d’hôtels et entre la Paz (en Bolivie) et Cuzco, peu de vols», regrette Roberto D’Amico, fondateur de Peru Quality, entreprise touristique opérant au Chili, au Pérou et en Bolivie.

«Le tourisme n’est pas bien géré au niveau gouvernemental. On ne lui donne pas l’importance qu’il mérite» en Bolivie, renchérit Julio Peralta, de Turismo Kolla, en soulignant le besoin de «publicité institutionnelle».

Selon ces professionnels, la domination sans partage du Pérou et du Machu Picchu rend aussi très difficile une intégration plus importante de la grande route Inca.

«Si quelqu’un veut se rendre sur la grande route Inca, il va au Pérou, pas en Equateur, nous n’avons pas de ruines comparables au Machu Picchu», souligne Marcos Endara, gérant de Zenith Travel.

«Nous sommes donc loin » pour l’instant de faire de la route Inca une marque internationale intégrée, juge Roberto D’Amico, qui pense toutefois que «cela fonctionnera». « Mais il faudra des investissements importants et de la publicité».