Société

La loi 96: Can we talk?

CHRONIQUE – Lorsque j’ai été approchée pour écrire une série d’articles sur la loi 96 en français et sur la façon dont elle est perçue par les anglophones et allophones du Québec, j’ai longuement réfléchi à la meilleure façon d’expliquer les préoccupations de ces communautés linguistiques.

Bien que je connaisse de nombreux francophones qui partagent mes inquiétudes au sujet de la loi 96, j’ai remarqué (majoritairement sur les réseaux sociaux) une résistance (et souvent, presque un mépris) considérable de la part de certains francophones qui soit ne connaissent pas suffisamment les éléments problématiques de la loi 96, soit rejettent facilement ces préoccupations comme du «chialage d’une élite anglophone».

We’re routinely seen as those “Westmount Rhodesians,” those “West-Island privileged anglos,” “the best treated minority in Canada.” C’est-à-dire, la minorité «la mieux traitée» au Canada.

J’aimerais corriger certaines idées fausses et peut-être faire la lumière sur ces préoccupations pour les gens qui sont toujours un peu trop vite à les rejeter, pour qu’ils puissent les prendre un peu plus au sérieux. Il existe des préoccupations valables et légitimes concernant la loi 96. Nous ne sommes pas des crybabies qui chialent pour rien…

La mission de tous

Nous sommes tous des Québécois et Québécoises et nous vivons et avancerons tous ensemble. Il est donc important que nous nous comprenions. Protéger et promouvoir le français devrait être la mission de tous. Mais il est difficile d’en faire ta mission lorsque tu n’es pas invité à la réunion de planification ou que tu es souvent traité comme le problème ou l’obstacle à la survie du français. Même quand tu parles français…

Maybe invite us to the meet-up next time? (We’ll tell Michael Rousseau to stay home and practice his French.)

Au lieu de travailler ensemble, ce gouvernement paternaliste et un peu baby-boomer a souvent travaillé fort pour mettre les gens les uns contre les autres pour ses propres raisons électoralistes et populistes. Ça fonctionne bien pour eux, la strategie divide and conquer, mais pas pour nous. Si nous n’avançons pas en tant que communauté ensemble, nous n’avançons pas vraiment. A society is only as strong as its weakest link.

Commençons d’abord par les bases, juste pour que nous nous comprenions. Comme une allophone québécoise, j’appuie la loi 101 et la protection de la langue française. Je reconnais que le statut du français demeure fragile en Amérique du Nord et le sera toujours. Je pense que la vigilance est nécessaire. Je ne suis même pas l’exception, je suis la règle.

Presque tous les anglophones et allophones que je connais au Québec partagent également ces croyances. Cinquante ans après la loi 101, les anglophones et les allophones qui ont pris la décision de continuer à vivre, travailler, et créer au Québec sont pour la plupart bilingues et trilingues et comprennent parfaitement que le français est notre langue commune.

French is part of our identity too. Even if I work in English, or I speak Greek with my mom. La langue française, c’est mon chez-moi aussi.

Mais les anglophones et allophones, eux aussi, veulent protéger leurs langues, leurs cultures, et leurs institutions. C’est tout à fait normal, n’est-ce pas?

Protéger une langue ne signifie pas vilipender les autres

Il y a une grande différence entre promouvoir et protéger une langue commune et tenter d’étouffer et de diaboliser toutes les autres langues au Québec – en particulier à Montréal, une ville aussi diversifiée et multilingue avec une richesse culturelle dont nous devrions être fiers.

Montreal can’t and never will be limited to only French. Même si la langue commune et officielle reste le français. Et les gens doivent arrêter de s’énerver pour ça.

La loi 96 est un abus de pouvoir du gouvernement –what’s referred to asgovernment overreach in English – et accompli peu, tout en créant de nombreux problèmes pour la cohésion sociale et la prospérité du Québec.

On continue à chercher des mesures punitives (always the stick, never the carrot…) pour restreindre l’utilisation de l’anglais et d’autres langues, au lieu de se concentrer sur de vraies mesures visant à améliorer et à promouvoir l’utilisation et l’enseignement du français. Nous pouvons faire mieux. Et nous devrions exiger que notre gouvernement fasse mieux aussi.

*Toula Drimonis est auteure et rédige des chroniques pour divers médias anglophones. Métro l’a contactée pour une série de textes sur le point de vue anglophone du débat sur la loi 96. Voici le premier de cinq textes.

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