Éducation

La neuroéducation: comprendre son cerveau pour mieux apprendre

Steve Masson est directeur du laboratoire de neuroéducation de l’UQAM. Photo: Archives/Métro Média

Pour attaquer cette rentrée du bon pied, Métro décrypte les mécanismes du cerveau pour mieux apprendre à l’école et au travail.

La neuroéducation est un domaine à l’intersection entre les neurosciences et l’éducation. Cela permet d’étudier le fonctionnement du cerveau pour mieux savoir comment aider les élèves à apprendre. «Ça s’adresse à tout le monde, on est tous des apprenants même quand on n’est plus à l’école, et il y a des stratégies à mettre en place pour mieux apprendre» explique Steve Masson, fondateur du laboratoire de neuroéducation à l’UQAM.

Plus de 300 professeurs montréalais, principalement du primaire et du secondaire, ont suivi le cursus de neuroéducation de l’UQAM. Eve St-Germain Duval est l’une d’entre eux. «Ce n’est pas tant une nouvelle méthode que de nouveaux principes pour enseigner de manière plus efficace» explique cette professeure de l’école Saint-Jean-de-la-Lande dans Rosemont. Cela lui a permis d’enlever certains «neuromythes» courants qui ne sont pas efficients. «C’est pas vrai que certains ont une mémoire plus visuelle ou plus auditive, etc. On a tous ces mêmes différentes façons de mémoriser. Désormais, je cherche plutôt à varier les supports.» Elle confie que ce qu’elle a le plus changé dans sa manière d’enseigner est le fait de répéter et pratiquer plusieurs fois de manières différentes afin de consolider les acquis de ses élèves.

«L’une des grandes découvertes de la neuroéducation est qu’il y a des principes d’apprentissage généraux qui s’appliquent à tout le monde. Même pour les élèves ayant des troubles d’apprentissage.»

Steve Masson, directeur du laboratoire de recherche en neuroéducation de l’UQAM

Répéter et dormir sont les meilleures astuces pour apprendre

Le conseil numéro un de Steve Masson pour mieux apprendre est la répétition. «Pour apprendre, il faut que notre cerveau change et pour que notre cerveau change, il faut penser fort aux choses que l’on veut apprendre, en cherchant et en essayant de s’en souvenir.

Et ce, à plusieurs reprises. Et là on consolide des connexions neuronales.» Par exemple, quand un élève veut réussir un examen. Il vaut mieux relire sa leçon 15 min tous les jours jusqu’à la date de l’épreuve plutôt que de s’organiser de longues sessions de révisions intensives. Une session de 3 heures de révision la veille de l’examen étant la pire méthode. «Il faut de l’espace entre les périodes d’apprentissage. Notre cerveau a besoin de s’activer pour apprendre or il n’est pas capable de rester aussi actif sur une longue période de concentration.» Cela permet d’apprendre plus en travaillant moins, s’amuse le spécialiste.

Étaler les leçons sur plusieurs jours permet également de dormir entre chaque période. Le sommeil est un élément clé de l’apprentissage. «Quand on dort, on réactive les groupes de neurones responsables de chacune de nos expériences et apprentissages. Plus on active ces groupes de neurones et plus on consolide nos apprentissages et cela nous permet de mieux nous en souvenir» explique Steve Masson. Par exemple, un élève qui veut apprendre les fractions, s’il les répète un peu chaque jour, la nuit son cerveau va réactiver les groupes de neurones dédiés aux fractions et donc va s’en souvenir plus facilement sans y mettre plus d’efforts.

Bien apprendre dès le départ

La neuroéducation a également mis en lumière le fait que les erreurs des élèves étaient parfois plus difficiles à corriger. Cela est dû à la consolidation neuronale. Plus on active une connaissance, plus on l’apprend facilement. Cependant, si on apprend une connaissance erronée, il sera d’autant plus difficile de défaire cette erreur bien consolidée. «Quand je débute un nouvel apprentissage, je dois m’assurer que mes élèves prennent le bon chemin, appliquent la meilleure méthode, le plus rapidement possible pour éviter qu’il consolident des erreurs» explique Eve St-Germain Duval. «Plus tard, quand ils sont plus autonomes, cela permet d’être moins derrière eux, car ils ont acquis les bonnes méthodes de travail» ajoute la professeure en école primaire.

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