Surpris, n’est-ce pas? C’est pourtant le cas. C’est le grand manitou de la statistique automobile au Canada, Dennis DesRosiers, qui en arrive à cette étonnante conclusion. Les coûts d’un véhicule se décomposent en plusieurs chapitres. Certains sont fixes, peu importe la distance parcourue. D’autres sont fonction du kilométrage. Cent mille dollars, donc, au bas mot. Voilà qui fait dire à Éric Brassard, auteur du livre québécois Finance au volant, que «l’automobile est le moyen de transport qui coûte plus cher que tout autre mode alternatif».
«Dès qu’un véhicule quitte le concessionnaire, il perd 20 % de sa valeur», rappelle par ailleurs M. DesRosiers. Pire : une automobile est réputée perdre la moitié de sa valeur en seulement trois ans. Comment s’en sauver? En conservant son véhicule le plus d’années possible, ce qui permet de répartir plus équitablement l’investissement.
Les automobilistes se soucient du prix sans cesse croissant des assurances, ils s’inquiètent de ce que leur coûteront entretien et réparations. Mais ils oublient trop souvent qu’après la dépréciation, c’est le carburant qui occupe la plus grande part de leurs dépenses. Ainsi, une berline qui consomme 8 L/100 km et qui roule 20 000 km par année aura coûté, après 10 ans, presque autant en essence que son prix d’acquisition.
De plus, à moins de lire dans les boules de cristal, personne n’est en mesure de dire avec exactitude les coûts d’entretien et de réparations d’un véhicule. La plupart des études sur le sujet révèlent cependant que ce poste de dépenses est beaucoup moins lourd à assumer que l’on est porté à le croire. Selon J.D. Power, ces coûts sont de 499 $ au Québec. Évidemment, il s’agit d’une moyenne, et les débours varient selon l’âge d’un véhicule.
Reste que, selon la firme DesRosiers Automotive Consultant, les réparations pour une voiture de 10 ans représentent la somme de 54,61 $ par millier de kilomètres parcourus – soit moitié moins que les dépenses en dépréciation et en carburant. En 2009, CAA-Québec a estimé le coût annuel d’une automobile (une Chevrolet Cobalt) roulant 18 000 km par année. Par kilomètre, la voiture compacte coûte 11 ¢ en carburant, entretien et pneus. Les assurances, l’immatriculation et le permis de conduire, de même que la dépréciation et le financement, représentent une dépense de 17,85 $ par jour. Au total, la Cobalt coûte à conduire, annuellement, 8 441 $. C’est 703 $ par mois. On est loin des 199 $ annoncées dans les publicités!
100 000 $
Dennis DesRosiers réunit les dépenses en cinq familles :
- La dépréciation : de 25 000 $ à 35 000 $ sur 15 ans.
- Le carburant : Aux prix actuels, on pourrait estimer cette dépense à près 25 000 $ sur 15 ans.
- L’entretien et les réparations : entre 10 000 $ et 15 000 $ sur 15 ans.
- L’assurance : entre 10 000 $ et 12 000 $ sur 15 ans, davantage pour les nouveaux conducteurs.
- Autres : permis de conduire, contraventions…