J’avais bien aimé la première génération du Ford Escape Hybride. À l’époque, les véhicules hybrides étaient si peu nombreux qu’on était prêt à leur pardonner pas mal de défauts. Aujourd’hui, les choses ont évolué. Et, si la deuxième génération de l’Escape Hybride sait se montrer frugale, elle doit malheureusement composer avec des travers inexcusables.
Certes, il est toujours agréable de pouvoir, à bord de l’utilitaire, rouler jusqu’à 40 km/h sur seule motorisation électrique. Et il est toujours aussi intéressant de s’arrêter dans le silence aux feux de circulation. Chaque fois, on se tape dans les mains, heureux de n’émettre aucun polluant.
Évidemment, comme pour la plupart des véhicules hybrides, la consommation réelle en carburant de l’Escape n’est pas celle annoncée. La version à deux roues motrices devrait faire dans les 6,1 l/100 km, et ce, dans des conditions mixtes d’urbanité et d’autoroutes. Notre essai, mené sans adopter de comportements de conduite particuliers, a plutôt enregistré 7,5 l/100 km.
Ça reste bien, très bien même. C’est dire qu’avec un plein réservoir, l’utilitaire accepte de rouler au mois 750 km.
Sauf que 7,5 l, c’est à peine moins que les 9 l/100 km du Ford Escape conventionnel (moteur quatre cylindres). Cette petite réduction de consommation est de surcroît bien cher payée : à 31 499 $, l’hybride demande 7 500 $ de plus que l’Escape de base…
D’importants travers
Il est vrai que l’écart est en partie absorbé par les 2 000 $ de remises fédérales écoAuto (pour l’année-modèle 2008 seulement) et jusqu’à 2 000 $ en crédit d’impôt provincial. N’eût été l’aspect financier, l’on aurait peut-être pu passer outre et se féliciter de faire sa part pour l’environnement.
Mais l’utilitaire compact de Ford présente d’importants travers, à commencer par son insonorisation médiocre. Celle-ci compromet sérieusement les conversations menées dans l’habitacle. Je ne me souviens pas avoir fait l’essai, ces dernières années, d’un véhicule qui laissait autant passer les bruits du vent et de pneus sur la route.
De plus, les moins herculéens trouveront le hayon très lourd à soulever. On se demande pourquoi un véhicule qui se dit «vert», et pour lequel chaque kilogramme retranché se reflète positivement dans la consommation en carburant, n’a pas privilégié l’aluminium, beaucoup plus léger que l’acier.
Par contre, complimentons ce revêtement des sièges, fabriqué de matériaux recyclés. Ford soutient que l’utilisation de fibres et de plastiques récupérés, ensuite traités et tissés, permet d’économiser 600 000 gallons d’eau et sept millions de kW/h d’électricité par an. C’est toujours ça de gagné…
Accélérations peu dynamiques
Retour au négatif : la puissance. Bien sûr, on ne demande pas à notre Escape Hybride d’exécuter le 0-100km/h en un temps record (il le fait en dix secondes, pour ceux que ça intéresse). Mais quand même : avec lui, les accélérations sont peu dynamiques, voire rugueuses. On sent vite toute la limite des 155 chevaux développés par le quatre cylindres (2,3 l) et le moteur électrique (70 kW).
Dites-vous bien que 155 chevaux, c’est à peine plus que ce que produisent les voitures compactes d’aujourd’hui…
La transmission à variation continue n’aide pas la cause. Mais cette fois, ne jetons pas la pierre à Ford : les hybrides qui se respectent adoptent tous cette technologie CVT. C’est elle qui assure un régime optimal, donc une meilleure consommation d’essence. Il faut donc s’y faire : les révolutions ne cessent de gronder tant que le pied enfonce l’accélérateur.
Tout n’est pas noir pour l’Escape Hybride. Les sensations livrées par le freinage (beaucoup plus franc) et la direction (toujours électrique, mais beaucoup plus consistante) se sont beaucoup améliorées, avec le passage générationnel.
Et l’on dira ce que l’on dira, l’utilitaire compact de Ford demeure l’un des plus spacieux de la catégorie. Bon dégagement aux têtes et aux jambes, confortable banquette arrière pour trois passagers, grand espace cargo qui, étonnamment, n’est pas handicapé par la présence de batteries…
De fait, on ne peut reprocher grand-chose à l’habitacle, entièrement révisé pour cette 2e génération. Le design intérieur est beaucoup plus contemporain et agréable au coup d’Å“il, les commandes sont intuitives à manipuler et on s’y sent vite à l’aise.
On ne regrette que l’absence de support lombaire – les longs trajets laissent une douloureuse marque au bas des dos, croyez-moi…