Google a annoncé lundi son intention d’acheter Motorola Mobility, en grande partie pour son imposant portfolio de brevets.
Google compte débourser 12,5 G$US pour mettre la main sur le fabricant de téléphones et de tablettes Motorola Mobility. Une somme énorme, 63 % plus élevée que l’évaluation boursière de la compagnie au moment de l’annonce, mais qui pourrait finalement régler d’épineuses questions juridiques.
Poursuites en série
Une vague de poursuites ont été intentées par Microsoft, Apple et d’autres compagnies au cours des derniers mois contre Google et ses partenaires, dont Samsung et HTC.
Oracle poursuit notamment Google pour son utilisation de Java dans Android, et Apple poursuit Samsung pour le design de sa tablette Samsung Galaxy Tab 10.1, qui ressemblerait trop à celui de l’iPad 2.
Dans un billet de blogue incendiaire publié au début du mois, Google qualifie ces poursuites de campagne organisée et hostile, utilisant des «brevets bidons» et destinée à imposer une taxe Android pour augmenter le prix des appareils.
Guerre froide
Pour régler la crise, un moyen s’impose : acquérir suffisamment de brevets pour négocier l’arrêt des poursuites actuelles et décourager les poursuites futures.
Avec les 17 000 nouveaux brevets acquis en même temps que Motorola (et 7 500 autres en attente), Google devrait en effet avoir suffisamment de matériel pour poursuivre à son tour en justice (ou seulement menacer) ceux qui s’attaquent à Android.
Les compagnies qui possèdent autant de brevets en télécommunications que Motorola ne courent pas les rues (l’entreprise de Chicago a inventé le téléphone cellulaire, après tout!). Avec cette acquisition dispendieuse, Google pourrait bien mettre finalement un terme à la guerre des brevets, ou du moins la faire passer à un état de guerre froide.
Quel impact pour Android?
Si les partenaires de Google peuvent se réjouir d’une éventuelle fin des hostilités juridiques, ils peuvent aussi craindre – avec raison – les traitements de faveur potentiels de la compagnie envers sa nouvelle division.
Le PDG de Google, Larry Page, assure que ce ne sera pas le cas, que Motorola sera gérée comme une entreprise indépendante et qu’elle sera sur le même pied que HTC, Samsung et les autres quand viendra le temps, par exemple, de choisir quel fabricant aura droit aux nouvelles mises à jour d’Android.
Reste maintenant à voir combien de temps une telle situation pourra durer.