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Non, l’UE ne forcera pas les éleveurs à utiliser des traitements homéopathiques

Photo: capture d'écran

(Promesse de l’Inspecteur viral: il ne fera aucune blague de « vache folle » dans cet article.)

Les tabloïds britanniques se sont emportés comme des bovins fous (promesse rompue… désolé) cette semaine, alors que le Telegraph titrait en panique: «L’Union européenne ordonne aux fermiers bio de donner des traitements homéopathiques à leurs animaux malades». Le sous-titre nous informe que «Bruxelles» impose des traitements «non-scientifiques» aux fermiers britanniques, cela à l’heure où le Royaume-Uni pourrait tenir un référendum sur l’adhésion à l’Union européenne (UE) en 2017.

Les sceptiques de ce monde en ont raffolé. Même SciBabe, cette blogueuse qui a sauvagement démoli la «guru» de la nutrition (lire: charlatane), Food Babe (au plus grand plaisir de l’inspecteur), a partagé l’article sur sa page Facebook:

«D’après ce que je peux déterminer, ceci n’est pas une blague. Même pour les gens bio, c’est complètement dingue», a-t-elle écrit.

(NOTE: elle s’est depuis ravisée)

Soyons clair: l’homéopathie n’est aucunement efficace (non, ce n’est pas une opinion de l’inspecteur. Cette étude systématique de toutes les études portant sur l’homéopathie a déterminé que ces traitements sont moins efficaces que l’effet placebo… ouais), mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut s’insurger et partager n’importe quel article qui en parle en mal.

C’est malheureusement un problème grandissant de la communauté de sceptiques sur internet, qui, de bonne foi, tend à faire précisément ce qu’elle reproche aux pseudoscientifiques: ne pas vérifier et partager sur un coup de tête. Ce n’est pas parce qu’un article confirme ce que l’on sait déjà qu’il est nécessairement bien recherché et équilibré.

Vous en doutez, l’article d’aujourd’hui, qui a été repris ici et ici, entre autres, relève plus de la panique que du bon journalisme.

Le blogue EUReferendum, un site « eurosceptique » a solidement démantelé l’affaire, titrant : «Les journalistes n’ont pas l’envergure intellectuelle nécessaire pour couvrir l’Union européenne». Ouch.

L’auteur dénonce aussi la «coprophagie (acte de manger des excréments)» médiatique. Double ouch.

L’article du Telegraph affirme que «Une directive de l’UE maintient que les traitements naturels et homéopathiques doivent être utilisés de préférence avant d’avoir recours aux antibiotiques» chez le bétail.

Or, le règlement, adopté en 2007 (!) dit: «Les animaux malades doivent être traités immédiatement pour limiter la souffrance. Les traitements allopathiques vétérinaires chimiques et synthétiques, dont les antibiotiques, peuvent être utilisés si les traitements phytothérapeuthiques et homéopathiques ne sont pas efficaces.» (Traduction libre, et le gras a été rajouté par l’inspecteur.)

Nous sommes loin du «vous devez utiliser l’homéopathie!»

Il est curieux qu’un document de l’Union européenne semble cautionner l’homéopathie, si non-scientifique soit-elle, mais le but semble davantage de pousser les éleveurs à explorer d’autres options avant d’avoir recours aux antibiotiques… ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Pour lire une réfutation des plus complètes de l’article du Telegraph, c’est ici (en anglais seulement).

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