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Lecteur pour carte OPUS à la maison: un mal nécessaire

La vente de titres de transport en ligne est proposée par la STM pour faire sauver du temps aux usagers. Photo: Archives Métro

La Société des transports de Montréal (STM) a dévoilé aujourd’hui un nouveau lecteur USB, qui permet de recharger sa carte OPUS pour le transport en commun à la maison directement. Un procédé qui semble à première vue archaïque à l’ère de la mobilité, mais qui peut tout de même s’expliquer assez facilement.

Le lecteur OPUS est un petit appareil aux couleurs de la carte OPUS, qui permet d’enregistrer sur sa carte de transport les titres achetés en ligne par le nouveau site Opus en ligne. Le lecteur coûte 14,49$, et permet pour l’instant d’acheter les titres mensuels et hebdomadaires seulement.

La nouvelle n’a pas manqué d’en faire rire plusieurs sur Twitter, avec la publication notamment de nombreux tweets sarcastiques que l’on peut consulter en suivant le mot-clic #InnoverCommeLaSTM.

Pourquoi ne pas simplement permettre d’acheter ses titres en ligne avec le numéro unique inscrit sur la carte? Car les terminaux utilisés pour lire les cartes OPUS dans les autobus et les stations de métro à Montréal ne sont pas connectés à l’Internet.

Lorsque vous posez votre carte OPUS sur le terminal, celui-ci ne vas pas consulter votre profil en ligne, une opération qui demanderait une connectivité mobile et qui prendrait plus de temps qu’à l’heure actuelle. Le terminal consulte plutôt sur la carte directement quels sont les titres disponibles et il enregistre ensuite la transaction.

Bref, pour acheter un titre de transport, celui-ci doit physiquement être enregistré sur sa carte OPUS, ce qui explique le besoin d’un lecteur USB comme celui lancé aujourd’hui par la STM.

Notons que dans le cas du programme Opus à l’année, les titres sont enregistrés sur la carte à l’avance, et la carte est mise sur une liste noire si l’abonnement n’est pas payé, un système qui ne pourrait pas non plus être utilisé pour l’achat de billets par Internet.

D’autres solutions permettent ailleurs de recharger sa carte sur Internet, mais demandent alors que les informations soient enregistrées dans les autobus le soir au garage (ce qui impose un important délai) ou transférées avec une connexion sans fil vers les autobus sur la route, ce qui demande un investissement important.

Et pourquoi pas une solution NFC?
Une option pour contourner le problème pourrait être d’effectuer les paiements sur Internet avec un téléphone intelligent et d’ensuite enregistrer les titres grâce à un téléphone intelligent équipé de la technologie de communication en champ proche (NFC).

Cette solution pourrait être plus économique (et plus efficace, car beaucoup ne voudront pas s’équiper d’un gadget à 14,49$ alors que les transactions sont normalement gratuites), mais la technologie NFC n’est pas encore des plus utilisées dans la population. Apple ne permet d’ailleurs pas d’utiliser la puce NFC que l’on retrouve dans ses nouveaux iPhone, et seuls les propriétaires d’un téléphone Android assez récent pourraient en profiter.

Bref, on passerait alors d’une solution un peu trop vieille, qui risque de s’avérer une perte de temps et d’argent parce que les gens voudront pas l’utiliser, à une solution un peu trop moderne, que la majorité des utilisateurs ne pourra pas utiliser.

Il ne fait toutefois aucun doute que c’est dans cette direction que la STM devrait cibler ces efforts. Pour reprendre une expression du monde du hockey, il faut se diriger vers où la rondelle sera, et non vers où elle est présentement.

Le développement d’une solution complètement mobile pourrait aussi permettre d’éviter ce genre d’acrobaties pour moderniser un système pourtant récent, mais conçu pour fonctionner comme à une autre époque.

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