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L'Agence mondiale antidopage pardonne à la Russie

World Anti-Doping Agency President Craig Reedie speaks to the media following a WADA meeting in Montreal, Thursday, May 12, 2016. THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes

Eddie Pells - The Associated Press

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a ménagé la chèvre et le chou en permettant à l’agence russe, la RUSADA, de poursuivre ses activités après qu’elle eut obtenu les données du laboratoire de Moscou, qui pourraient causer la perte de plusieurs tricheurs.

Cette décision était toutefois accompagnée d’un avertissement: mentez-nous de nouveau et vous pourriez être privés de Jeux olympiques.

Des dirigeants de l’AMA ont obtenu les données recherchées plus de deux semaines après la date butoir du 31 décembre, en raison d’une volte-face des autorités russes.

Mais l’agence les a bel et bien reçues et son président, Craig Reedie — fustigé au fil des ans pour ne pas être assez sévère à l’endroit de la Russie et des tricheurs en général — a plaidé afin que cette cueillette de données soit perçue comme une victoire pour les défenseurs de compétitions propres.

Plusieurs ne seront toutefois jamais en accord avec cette affirmation. Ceux-là considèrent comme une trahison à l’endroit des athlètes propres devancés par des Russes aux Jeux d’hiver de 2014, à Sotchi, la réadmission par l’AMA de la RUSADA avant que la Russie ne réponde à toutes les conditions qui lui avaient été imposées.

L’obtention de ces données était toutefois l’objectif ultime de l’AMA quand elle a pris cette décision controversée, en septembre. Et c’est ce qu’elle a obtenu.

«Nous sommes en bonne position, a déclaré Gunter Younger, qui a mené la délégation de l’AMA qui a récupéré les données russes. Nous savons ce que nous cherchons. Nous avons identifié les cas les plus suspects. Nous n’avons besoin que de données complémentaires pour aller de l’avant.»

Le directeur général de l’AMA, Olivier Niggli, a estimé le nombre de cas potentiels à une ou des centaines.

L’AMA aura besoin d’encore deux ou trois mois pour authentifier les données. Éventuellement, elle aura aussi besoin d’échantillons d’urine, dont la plupart se trouvent toujours dans le laboratoire de Moscou, qui était jusqu’à tout récemment sous scellés des autorités russes.

Le président de la commission de vérification de l’agence, Jonathan Taylor, a toutefois été très clair: si les preuves ont été manipulées, la commission se réunira afin de réviser les faits et de suggérer des sanctions, qui pourraient aller jusqu’à l’exclusion de la Russie des Jeux olympiques de Tokyo, en 2020.

Le nouveau président de la RUSADA, Yuri Ganus, a bien accueilli les développements de mardi, bien qu’ils puissent entraîner des conséquences indésirables pour la Russie.

«Il est bien possible que nous puissions perdre des médailles, a-t-il dit. Mais personne ne peut nous enlever l’héritage des Jeux de Sotchi. C’étaient de grands Jeux, parmi les mieux organisés. Je souhaite sincèrement que nous puissions tourner la page et régler tous nos différends, mais ont ne peut tout simplement pas oublier.»

Le Tribunal arbitral du sport a déjà exonéré 28 Russes accusés de dopage aux JO 2014. Impossible de savoir si ces cas seront revus par l’acquisition des données moscovites.

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Le journlaiste de l’AP James Ellingworth, à Moscou, a contribué à cet article.

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