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15:09 5 mars 2019 | mise à jour le: 8 mars 2019 à 22:11

Le bosseur Mikaël Kingsbury a connu une saison à la hauteur de ses attentes

Le bosseur Mikaël Kingsbury a connu une saison à la hauteur de ses attentes
Mikael Kingsbury. Photo: La Presse canadienne

MONTRÉAL — Mikaël Kingsbury peut dire mission accomplie. Il est demeuré le maître incontesté des bosses cette saison, enrichissant un palmarès déjà bien garni.

À peine de retour du Kazakhstan où il a disputé la dernière épreuve de la Coupe du monde samedi, Kingsbury a encore une fois tout gagné, ou presque, cette saison. Il a surtout atteint son principal objectif, celui d’être couronné double champion du monde le mois dernier à Deer Valley.

«Après l’année olympique, je ne pensais pas être capable de connaître une meilleure saison, a confié le sympathique athlète de 26 ans encore sous les effets du décalage horaire. C’était probablement ma plus belle saison avec la médaille d’or olympique et la conquête des deux globes de cristal.

«Pour surpasser ça, je me disais qu’il me fallait gagner les deux championnats du monde et les deux globes de cristal. J’ai réussi à remporter les deux, et j’ai enlevé sept Coupes du monde en neuf épreuves.»

Il aurait pu se permettre un relâchement après avoir connu la consécration olympique à Pyeongchang, le seul titre qui lui manquait. Mais ce n’est visiblement pas dans sa nature.

«Au contraire, je voulais prouver aux autres que je méritais encore une fois d’être considéré comme le meilleur au monde.

«Pour beaucoup, quand ils atteignent le summum de leur sport, ils ont besoin d’une pause après. Parce que c’est épuisant mentalement et physiquement. Pour moi, c’est le contraire. Mes succès aux Jeux olympiques et en Coupe du monde me gardent encore plus motivé. J’ai envie de revivre ces moments-là.»

Depuis ses débuts avec l’équipe nationale en 2009, Kingsbury collectionne les succès à un rythme jamais égalé. Au circuit de la Coupe du monde, il totalise 81 podiums, dont 56 victoires, en 99 départs. Il compte également quatre titres de champion du monde et deux médailles olympiques — incluant l’argent en 2014, derrière son coéquipier Alexandre Bilodeau.

Et ses rivaux risquent de devoir prendre leur mal en patience puisqu’il estime ne pas avoir encore atteint son plein potentiel…

Transition

Et dire que cette saison en était une de transition pour Kingsbury. Une restructuration chez Ski acro Canada l’été dernier a entraîné le départ de son entraîneur Rob Kober et l’entrée en scène de Michel Hamelin, qui dirigeait jusqu’alors uniquement le programme féminin. Les performances du principal intéressé démontrent qu’il s’est très bien adapté au changement.

«Ce changement ne pouvait arriver à un meilleur moment. Pendant les neuf années où j’ai travaillé avec Rob, il m’a enseigné des trucs que j’utilise encore et qui vont me rester. Il est un peu comme le Mike Babcock du ski de bosses», a décrit Kingsbury.

«Michel, lui, a une approche différente, mais tout aussi efficace. Il va m’amener au niveau où je veux d’ici la fin de ma carrière. J’avais besoin de ce changement pour demeurer l’homme à battre sur le circuit.»

Kingsbury et Hamelin ont d’ailleurs mis au point un plan de quatre ans pour permettre au bosseur d’être à son meilleur en 2022 aux Jeux de Pékin.

Avec la retraite annoncée de son coéquipier Philippe Marquis, Kingsbury est appelé à jouer un nouveau rôle, celui de vétéran de l’équipe masculine et mentor de la jeune génération qui pousse.

«J’ai eu l’impression d’être le plus jeune pendant longtemps. Et du jour au lendemain, je réalise que c’est moi maintenant le vétéran. C’est comme un nouveau défi pour moi. Phil (Marquis) a joué ce rôle de façon incroyable ces dernières années, comme Marc-Antoine (Gagnon), et ils m’ont montré le bon exemple pour être un leader.»

Même s’il est actuellement le seul bosseur de l’équipe masculine à prendre part régulièrement aux finales et à monter sur le podium, il estime que son sport est en santé et il se dit confiant pour la relève, surtout après avoir jeté un oeil aux Jeux du Canada qui se sont terminés dimanche à Red Deer, en Alberta.

Quand il parle de ses jeunes coéquipiers déjà au sein du programme de l’équipe nationale, Kingsbury affirme que ce n’est qu’une question de temps avant de les voir se faire un nom au circuit de la Coupe du monde.

«C’est un processus. Les performances ne sont pas encore au rendez-vous, mais ils sont toujours à une petite erreur de faire les finales ou d’obtenir un top-10.

«Laurent Dumais a déjà un podium en Coupe du monde — à Val Saint-Côme en 2016 — et il est sur le point de devenir un skieur qui peut monter sur le podium à toutes les courses. J’aime également la mentalité de Kerrian Chunlaud, qui y va toujours à fond et qui est très rapide. Et Gabriel Dufresne vient de vivre sa première saison sur le circuit.»

Pour l’heure, Kingsbury entend prendre du temps pour se faire plaisir et renouer avec sa famille et ses amis, question de se ressourcer.

«Ça me fait du bien d’être ici. Je ne passe pas beaucoup de temps à la maison. Quand tu prends le temps de bien décrocher, ça fait en sorte que le retour à l’entraînement est toujours plus agréable.»

Marc Delbès, La Presse canadienne

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