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Charlie Montoyo a bien hâte de retrouver le Stade olympique et Montréal

Charlie Montoyo a bien hâte de retrouver le Stade olympique et Montréal
Photo: La Presse canadienne/Nathan DenetteMark Shapiro

MONTRÉAL — Charlie Montoyo ne garde que de bons souvenirs de son passage à Montréal.

«J’ai frappé pour ,400!», a lancé le nouveau gérant des Blue Jays de Toronto à la blague, lorsque questionné sur ce qu’il retient de ses quelques matchs dans l’uniforme des Expos, en 1993.

Montoyo a effectivement maintenu une moyenne de ,400: deux coups sûrs en cinq présences étalées sur quatre rencontres, dont un double et trois points produits. Comment se fait-il qu’il ne soit pas devenu un joueur régulier?

«Si vous vous rappelez, Felipe Alou comptait sur toute une équipe, a-t-il expliqué au cours d’une téléconférence, lundi. Rondell White était un réserviste, Cliff Floyd, Mike Lansing, Marquis Grissom, Larry Walker, Moises Alou: c’était une grande équipe. J’ai eu beaucoup de plaisir.»

Le deuxième-but s’était joint aux Expos des Brewers de Milwaukee, en compagnie de l’illustre Oreste Marrero pour deux joueurs des ligues mineures. Confiné derrière Lansing, Montoyo a tiré le maximum de ce qu’Alou a pu lui donner dans cette course aux séries, que les Expos ont finalement perdue par trois matchs, derrière les Phillies de Philadelphie.

Les Expos ont remporté trois des quatre rencontres du mois de septembre dans lesquelles Montoyo a été utilisé. Son contrat a ensuite été racheté par les Phillies au printemps 1994, mais il n’a plus jamais rejoué dans les Majeures.

Il a ensuite fait ses classes pendant plus de 20 ans comme instructeur, puis gérant dans les ligues mineures. Avec le club AAA des Rays de Tampa Bay, les Bulls de Durham, il a participé aux séries six fois et remporté deux titres en huit ans, en plus de perdre une autre finale, ce qui lui a valu d’être intronisé au Temple de la renommée de la Ligue internationale. Les Rays n’allaient pas le laisser filer, et ils l’ont promu comme instructeur au troisième-but en 2015, sous le gérant Kevin Cash. Il est devenu son adjoint la saison dernière.

Ses faits d’armes ne sont toutefois pas passés inaperçus, et quand les Jays ont eu besoin de se trouver un nouveau gérant, ils ont rapidement contacté les Rays pour s’enquérir de Montoyo.

Proche de ses joueurs, Montoyo dit s’être inspiré de Felipe Alou dans son approche.

«J’ai retenu que Felipe communiquait beaucoup avec ses joueurs. Il expliquait ses décisions. Quand j’ai amorcé la deuxième phase de ma carrière, je m’en suis rappelé et j’ai décidé d’adopter la même philosophie», a-t-il expliqué.

À son premier camp comme gérant dans la MLB, Montoyo a adoré ce qu’il a vu de ses protégés.

«Ils ont connu un excellent camp. Nos partants ont été très bons, puis quand on a fait de la place à notre relève — les Dante Bichette, Cavan Biggio, Vladimir Guerrero fils —, ces joueurs ont aussi joué du bon baseball. Ç’a été bien plaisant de voir ça.»

Guerrero ne sera pas des matchs à Montréal en raison d’une blessure aux obliques. Le fils de l’ex-vedette des Expos a beaucoup fait parler de lui au cours des 18 derniers mois, étant nommé l’espoir par excellence de plusieurs publications spécialisées, y compris de la liste établie par ‘MLB.com’. Mais il a aussi fait parler de lui en raison de son poids: il s’est présenté au camp des Jays à 250 livres. Mais Montoyo ne semble pas s’en faire outre mesure.

«Je ne suis pas inquiet. Il bougeait bien au troisième-but, jouant très bien en défense, en plus d’avoir de bons élans au bâton. Je n’ai donc pas trop porté attention à cela. Malheureusement, il vient de se blesser. J’espère qu’il se remettra rapidement sur pied et que nous le verrons bientôt à Toronto.

«Tout le monde peut se blesser à la cage thoracique, je ne crois pas que son poids ait quoi que ce soit à voir avec cela. (…) Il sera toujours costaud. Pourrait-il perdre cinq ou 10 livres? Il faudra voir avec les entraîneurs. Mais il sera toujours un joueur au physique imposant.»

Montoyo présentera à Montréal la formation qui devrait amorcer la saison des Jays le 28 mars, face aux Tigers de Detroit. À 10 jours de ce premier match, il reste toutefois quelques duels à se jouer chez les Jays, dans l’enclos et pour le poste de réserviste.

«Dans l’enclos, nous n’avons pas encore statué si nous garderons sept ou huit releveurs, a dit le gérant de 53 ans. Mais pour l’instant, disons que nous avons des gens qui luttent pour trois postes. Comme ‘joueur d’utilité’, la lutte est entre Eric Sogard et Richard Urena.»

Urena semble avoir l’avance dans cette course. Plus jeune (23 ans), le frappeur ambidextre fait déjà partie de la formation des 40 joueurs des Jays et peut être utilisé partout à l’avant-champ, sauf au premier sac. Il connaît un très bon camp avec des moyennes de ,290/,389/,452.

Sogard, à 32 ans, offre moins. Il peut jouer essentiellement aux deuxième et troisième buts et connaît un camp plutôt modeste (,226/,366/,355).

Frédéric Daigle, La Presse canadienne