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Éric Lapointe dit que le temps presse pour la vente des Alouettes

Éric Lapointe dit que le temps presse pour la vente des Alouettes
Photo: La Presse canadienne

Le temps presse pour Éric Lapointe.

L’ex-demi offensif est encore intéressé à réunir un groupe d’investisseurs pour acheter les Alouettes de Montréal. Cependant, Lapointe a indiqué qu’il devra très bientôt avoir l’heure juste dans ce dossier.

Lapointe a déclaré qu’il avait brièvement échangé quelques textos la semaine dernière avec le directeur des Alouettes Andrew Wetenhall, dont le père, Bob, est le propriétaire. Cette conversation n’a toutefois rien donné de concret.

«Ç’a été très bref, a dit Lapointe mardi. J’ai envoyé une liste d’environ 20 questions, mais il n’a jamais répondu.

«Je dirais qu’il a l’air déçu que je sois sa dernière chance, ou l’une de ses dernières chances, et il était prêt à vendre, mais on dirait qu’il va vendre à la ligue puisqu’il n’y a pas d’autre option du côté football. Il pourrait y avoir des investisseurs, mais ils n’ont présenté aucune offre formelle à Andrew.»

Des rumeurs ont circulé mercredi dernier à l’effet que les Alouettes seraient sur le point d’être vendues. Les dirigeants du club ont d’abord refusé de commenter la situation, mais en fin de soirée mercredi le président Patrick Boivin a déclaré aux partisans pendant la visite du commissaire de la LCF Randy Ambrosie à Montréal que la concession n’était pas à vendre.

«Ça n’a pas empêché des gens de venir sonder le terrain, de discuter avec nous et de nous poser des questions, a mentionné Boivin. Andrew, en tant qu’homme d’affaires avisé, les a écoutés. 

«L’objectif principal de notre propriétaire est de redresser l’organisation, et c’est là-dessus que nous travaillons en collaboration avec la ligue.»

Il y a deux ans, Lapointe a approché l’avocat principal de Wetenhall afin de lui présenter un partenariat d’affaires, ou carrément de vendre l’équipe au groupe qu’il représentait, mais son offre a été refusée. Lapointe, un Montréalais âgé de 44 ans, travaille maintenant en finance, et il a répété mardi qu’il pourrait rapidement assembler un groupe d’hommes d’affaires pour faire l’achat du club, à condition qu’il soit averti — et qu’il le sache, idéalement, dès cette semaine.

«L’argent n’est pas un problème, a dit Lapointe. C’est plutôt le fait que… des changements doivent être apportés dès maintenant, nous devons négocier de nombreuses choses.

«Nous sommes à la mi-mars et le repêchage approche à grands pas, et tu veux aligner une équipe compétitive sur le terrain. Je suis un homme de parole, mais je ne suis pas fou. Je peux accomplir certaines choses, mais nous ne nous laisserons pas berner simplement parce que le processus est lent.»

Des rumeurs ont aussi circulé à l’effet que d’autres groupes seraient intéressés à acheter la concession de la LCF, ce qui pourrait ralentir davantage le processus.

«Si des gens appellent (Andrew Wetenhall), alors c’est facile de dire: ‘Hey, je suis intéressé. Voyons les chiffres’, a évoqué Lapointe. Puis, ils voient les chiffres et soudainement ça ne les intéresse plus, mais nous venons de perdre une autre semaine.

«C’est un défi, surtout que je ne suis pas à la retraite… et si tu me fais perdre des semaines sans obtenir de résultat, alors je ne suis pas certain que je devrais poursuivre mes démarches. C’est la raison pour laquelle je dis que s’il y a d’autres groupes intéressés, alors peuvent-ils se manifester? Ça me permettrait de retirer mon offre.»

Lapointe croit toujours que son groupe pourrait permettre aux Alouettes de connaître du succès à Montréal, mais a ajouté qu’il doit avoir accès aux registres du propriétaire afin de savoir ce qui lui pend au bout du nez. Lapointe a ajouté que ses investisseurs ne sont pas intéressés à perdre de l’argent, ou encore à simplement sauver leur mise.

«Les gens qui veulent perdre de l’argent ne font pas partie de mon groupe, a-t-il dit sans détour. Je suis le genre de gars qui protège les actifs et qui réussit à les faire passer aux deuxième, troisième générations.

«Vous me placez dans une situation où je pourrais laisser des gens s’emballer et peut-être perdre de l’argent? Ce n’est pas pour moi. Je ne recommanderais jamais un investissement où les risques sont plus grands que les gains envisageables. Je pourrais le faire avec mon propre argent, car c’est différent.»

Lapointe s’était joint aux Alouettes à titre de joueur autonome en 2001, et il est demeuré dans le nid jusqu’à la fin de 2006. Il a été intronisé au Temple de la renommée du football canadien en 2012.

À l’arrivée en poste de Wetenhall, les Alouettes étaient une puissance de la ligue. Entre 1999 et 2012, la concession montréalaise a dominé la section Est à neuf reprises et a pris part à huit matchs de la Coupe Grey, dont trois ont culminé avec la conquête du précieux trophée.

Le dernier titre des Alouettes remonte à 2010. Ils ont raté les éliminatoires au cours des quatre dernières saisons, et ont présenté une piètre fiche de 21-51 pendant cette séquence.

Dan Ralph, La Presse canadienne