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Coco Laboy est heureux et surpris qu’on se souvienne toujours de lui

MONTRÉAL — «Coco» Laboy n’en revient tout simplement pas. Jamais il n’aurait pensé que 50 plus tard, Montréal se souvienne d’un «jeune Portorician venu y jouer au baseball».

«J’ai été très surpris qu’on pense à moi pour ces célébrations, a-t-il dit à La Presse canadienne il y a quelque semaines au sujet de sa participation aux festivités entourant le 50e anniversaire des Expos dans le cadre de la série de deux matchs préparatoires des Blue Jays de Toronto contre les Brewers de Milwaukee au Stade olympique. J’ai très hâte de revoir la ville à nouveau.»

Jose Alberto Laboy a d’abord signé un contrat avec les Giants de San Francisco, mais l’aventure n’a pas duré et il a été rapidement libéré avant de passer 10 années dans les ligues mineures. Quand les nouvelles de l’expansion ont commencé à circuler, Laboy y voyait alors sa planche de salut.

Embauché par les Expos, il a passé cinq années à Montréal, de 1969 à 1973. S’il n’a pas été le meilleur joueur de l’équipe d’expansion à cette époque, les Montréalais ont toujours gardé un excellent souvenir de celui qu’ils connaissent seulement sous le nom de Coco.

«Je suis très surpris que les Montréalais se rappellent toujours de moi, comme ça me surprenait à l’époque qu’ils venaient nous voir à tous les jours! Je pense que c’est en raison de la proximité qu’offrait le parc Jarry: la foule était très proche de l’abri. Puis il fallait marcher dans le parc pour se rendre au vestiaire, alors les gens nous arrêtaient et discutaient avec nous. Ça créait une proximité. C’est ce que j’aimais de ce parc.

«Tous les gens étaient si gentils avec moi! Ils me demandaient toujours s’ils pouvaient faire quelque chose pour moi ou s’il me manquait quoi que ce soit. Je me suis fait de bons amis à Montréal.»

L’homme de 78 ans fait preuve d’humilité quand il attribue la reconnaissance des Montréalais à l’architecture du parc Jarry. Après tout, sa première saison a marqué l’imaginaire, alors qu’il était au plus fort de la course pour le titre de recrue de l’année dans la Nationale.

Laboy a patrouillé le troisième coussin lors de 157 matchs des «Z’Amours» cette saison-là, terminant la campagne avec des moyennes de ,258/,308/,409. Ses 29 doubles, 18 circuits et 83 points produits ont retenu l’attention de tous les journalistes couvrant les activités des Ligues majeures et lui ont permis de terminer deuxième dans la course à la recrue de l’année derrière le deuxième-but des Dodgers Tom Sizemore, qui avait pourtant des statistiques plus modestes, mise à part sa moyenne au bâton de ,271.

Le troisième dans la course en 1968? Un certian Al Oliver, que les partisans des Expos connaissent aussi très bien!

«Je me rappelle avoir connu toute une première saison! Je ne sais pas pourquoi on a préféré Sizemore», a-t-il simplement répondu quand on lui parle de ses sentiments à l’époque.

Laboy n’a pas connu une carrière aussi longue que Sizemore, ni aussi fructueuse. Sa deuxième saison a été difficile, avec des moyennes de ,199/,254/,299 seulement. À compter de 1970, le no 39 a dû négocier avec l’émergence de Bob Bailey et des problèmes de santé.

«Je ne sais pas comment ça se fait que j’ai connu une si bonne (première) saison. Je voyais la balle très bien. Il y a un peu de chance aussi, car lors des saisons suivantes, vous voyez que ça n’a pas aussi bien fonctionné!

«Au cours de mes deux dernières saisons, mon genou droit m’a embêté au point où j’ai dû être opéré. C’est pourquoi j’ai beaucoup moins joué, ajoute-t-il. Puis, j’ai compris qu’il était temps de rentrer à la maison.

«Quand je suis revenu à Porto Rico, j’ai tenté de me remettre en forme pour tenter un retour, mais mon genou était en piteux état. J’ai donc décidé de demeurer dans le baseball en devenant entraîneur, ce que j’ai fait pendant six ans à Porto Rico. Puis, je me suis retiré pour de bon.»

L’homme a ensuite embrassé une carrière politique, en plus de faire profiter de son expérience aux jeunes baseballeurs portoricains.

S’il a hâte de participer aux cérémonies au Stade olympique, il y a une autre chose qu’il se promet de faire au cours de son passage à Montréal.

«C’est certain que je veux aller voir ce qu’est devenu le parc Jarry. Je veux prendre une belle photo! Je veux revoir les alentours, de quoi ça a l’air aujourd’hui.»

Frédéric Daigle, La Presse canadienne