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Harvey couronne sa carrière avec un autre podium à la Coupe du monde de Québec

Harvey couronne sa carrière avec un autre podium à la Coupe du monde de Québec
Photo: THE CANADIAN PRESS/Jacques BoissinotAlex Harvey s'est mérité la médaille d'argent de la poursuite 15 km style libre aux Finales de la Coupe du monde de ski de fond.

QUÉBEC — Même dans ses plus beaux rêves, Alex Harvey n’aurait pu imaginer plus belle fin de carrière. À sa dernière course, le fondeur canadien le plus décoré de l’histoire s’est offert la médaille d’argent de la poursuite 15 km style libre, dimanche, aux Finales de la Coupe du monde de ski de fond.

Devant une foule de plusieurs milliers de spectateurs massés sur les plaines d’Abraham et par une journée splendide, Harvey est entré dans le stade sous les cris nourris des amateurs et, à la faveur d’un sprint irrésistible sur la dernière ligne droite, il a devancé d’un dixième de seconde le Russe Alexander Bolshunov.

Devant eux, le Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo a imposé sa loi en se détachant du trio de tête dans la dernière montée du parcours, filant ainsi vers une troisième victoire en autant de jours à Québec. Cette victoire l’a assuré du globe de cristal du classement général de la saison.

Déjà médaillé d’argent la veille du 15 km style classique, Harvey a également couronné son week-end de rêve avec la victoire de l’étape, signant le meilleur temps du jour en 28 minutes 15,4 secondes.

«C’est la cerise sur le sundae, a réagi le fondeur de 30 ans lorsqu’il a été informé de sa réussite. C’est la plus belle façon de terminer ma carrière, avec deux podiums à la maison.»

Après avoir versé des larmes de joie samedi à l’issue de sa performance, Harvey a reconnu que ce week-end d’adieu restera au sommet de ses souvenirs en termes d’émotions.

«Hier, c’était vraiment émotionnel. J’y croyais encore à un podium, mais il fallait que je me force pour y croire. Aujourd’hui, ce n’était pas difficile d’y croire. Le podium, c’était à moi de le perdre aujourd’hui. Et je ne voulais pas que ça arrive.

«Ce matin, j’ai vraiment ‘focusé’ sur la course, je voulais offrir la meilleure performance, a-t-il ajouté. Au dernier tour, c’était difficile de rester dans ma bulle. Je commençais à savourer le moment. La foule m’a donné des ailes.»

Ce podium avait également une saveur particulière pour la famille Harvey puisque le paternel, Pierre, célébrait ses 62 ans, dimanche.

«Un méchant cadeau. Ça ne s’achète pas, a rigolé Pierre Harvey, qui a suivi la course avec des voisins et amis d’Alex à Saint-Ferréol-les-Neiges. Il a prouvé aujourd’hui que c’est un bon athlète, et il peut partir la tête haute.»

Harvey enfin serein

Klaebo, qui disposait au départ de la poursuite d’un coussin de 52 et 53 secondes sur Bolshunov et Harvey, a été rejoint par le duo à la mi-course. Le Russe a ensuite dicté le rythme en avant, pendant que les deux autres le laissaient faire le travail.

«Bolshunov et Harvey étaient vraiment forts, a avoué Klaebo. Bolshunov a fait la majeure partie du travail aujourd’hui. Au deuxième tour, j’ai senti que le rythme derrière était passablement élevé, donc j’ai décidé de les laisser revenir.

«Quand ils m’ont repris, j’ai senti que c’était beaucoup plus facile de me mettre à l’abri derrière et d’essayer de pousser fort dans la dernière montée avant l’arrivée. La tactique a bien fonctionné, et c’était encore mieux de voir Harvey battre le Russe. C’était fantastique!»

Harvey a lui aussi reconnu les mérites du Russe.

«Bolshunov était plus fort que Johannes ou moi aujourd’hui, a-t-il expliqué. Mais il ventait tellement. Et c’est un parcours où il faut être stratégique.

«Bolshunov court d’une seule façon, à fond dès le début. Le premier tour a été très difficile pour moi. Après, j’ai réussi à récupérer et avoir un regain d’énergie. Dans le dernier tour, je savais que le podium était assuré, alors je voulais rester stratégique. Johannes avait plus de jambes dans la dernière montée. N’oublions pas qu’il nous fallait combler un retard sur lui. J’ai eu un bon sprint à la fin.»

Dans l’aire d’arrivée, après avoir été félicité par Klaebo, Harvey est allé voir le Russe et lui a fait signe en se touchant le biceps pour dire que c’est lui qui avait été le plus fort.

«C’est lui qui a travaillé tout au long de la course. Mais c’est ça la beauté de mon sport; ce n’est pas le plus fort qui gagne tout le temps.

«C’est pour ça que j’ai été capable de gagner des courses, parce que je ne pense pas que je n’ai jamais été le plus fort physiquement. Mais il y a une part de stratégie, de technique et parfois d’équipement.»

Pour sa dernière course, Harvey s’est dit plus serein qu’au début de ce mini-tour.

«Même hier (samedi), j’étais beaucoup mieux que la veille. Vendredi, je dois admettre que j’étais assez stressé. Il y a toujours beaucoup d’incertitude dans un sprint. Je ne m’étais pas qualifié en Coupe du monde depuis fin novembre et je savais que je devais non seulement me qualifier, mais idéalement me rendre en demi-finales pour récolter de bonnes secondes de bonification. J’étais assez nerveux vendredi.»

Harvey complète sa carrière avec un solide palmarès. Il totalise 32 podiums au circuit de la Coupe du monde, dont 29 individuels, et cinq aux championnats du monde, dont sa victoire au 50 km à Lahti, en Finlande, en 2017.

Nilsson se plaît à Québec

Plus tôt dans la journée, la Suédoise Stina Nilsson a poursuivi son histoire d’amour avec la ville de Québec.

Après y avoir savouré la victoire en sprint en 2016 et 2017, la fondeuse de 25 ans a poursuivi sa domination en remportant la poursuite 10 kilomètres des Finales de la Coupe du monde de ski de fond.

«C’est un week-end parfait. Je n’aurais pu demander mieux. J’aime beaucoup le Québec!» s’est exclamée Nilsson, avouant sa surprise d’avoir raflé les trois épreuves au programme de ce mini-tour.

Nilsson a complété l’épreuve en 23 minutes et 55,1 secondes, devançant respectivement les Norvégiennes Therese Johaug et Ingvild Flugstad Oestberg de 12,9 et 15,1 secondes.

Partie 33 secondes devant Oestberg et 49 secondes devant Johaug, Nilsson croyait être rattrapée rapidement par le duo norvégien.

«Quand j’ai vu qu’elles ne l’ont pas fait, j’ai commencé à penser que je n’aurais peut-être pas à livrer un sprint à la fin. À la dernière montée, avec 20 secondes d’avance, j’étais soulagée. J’ai pu savourer les derniers 100 mètres.»

Après avoir remporté le sprint vendredi, Nilsson avait tenu tête aux favorites norvégiennes pour s’imposer au 10 km classique en départ de groupe samedi. La Suédoise a ainsi terminé en tête du classement de cette coupe du monde, qui se dispute selon une formule de mini-tour.

Oestberg a néanmoins mis la main sur le grand globe de cristal, remis à la championne du classement général de la Coupe du monde.

Pour sa part, Emily Nishikawa, de Whitehorse, au Yukon, a été la meilleure fondeuse canadienne en vertu de sa 31e place, à 3:53,9 de Nilsson.

Katherine Stewart-Jones, de Chelsea, a réussi une belle course en se classant 44e après avoir pris le départ du 51e rang.

«Je me sentais vraiment bien aujourd’hui, a confié Stewart-Jones. J’étais avec des filles qui étaient plus rapides que moi hier et je savais que ce serait un bon défi pour moi. C’est une façon positive de terminer ma saison.»

Marc Delbès, La Presse canadienne