Sports

Alex Harvey se retire l’âme en paix et s’apprête à relever de nouveaux défis

Alex Harvey se retire l’âme en paix et s’apprête à relever de nouveaux défis
Race winner Johannes Hoesflot Klaebo of Norway, left, skies behind second place finish Alex Harvey, centre, of St-Ferreol-les-Neiges, Que. and third place Alexander Bolshunov, right, during the men's 15 km pursuit free Sunday, March 24, 2019 at the COOP FIS cross country World Cup in Quebec City. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

QUÉBEC — De nombreux partisans ont scandé en choeur «Une autre année» à l’intention d’Alex Harvey lorsque ce dernier a été porté en triomphe à l’issue de sa course d’adieu couronnée d’une deuxième place à la poursuite 15 km des Finales de la Coupe du monde de ski de fond.

De toute évidence, cette manifestation de reconnaissance n’a pas suffi pour inciter le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges à reconsidérer sa décision de prendre sa retraite.

«Non, non, il n’est pas question d’une année de plus pour moi, a réagi Harvey avec le sourire. Terminer comme ça avec un podium, ça me conforte davantage dans ma décision parce que j’ai toujours voulu m’arrêter au top.

«Même si ç’a été une saison difficile pour moi, je pense que les deux dernières semaines ont été très, très bonnes.»

Et pour sa dernière course, il a eu l’occasion de savourer pleinement son podium puisque très tôt dans l’épreuve, il est devenu évident que l’issue se jouerait à trois avec le Norvégien Johannes Hoesflot Klaebo et le Russe Alexander Bolshunov.

«Je n’ai eu que du plaisir pendant toute la journée. C’est fou pour moi de terminer comme ça à Québec avec finalement deux podiums, même trois avec le meilleur temps de la journée, aux Finales de la coupe du monde.»

En milieu d’après-midi, lors d’une dernière conférence de presse en tant que membre de l’équipe nationale, il a tenu à remercier la foule qui l’a soutenu pendant tout le week-end.

«Sans ces milliers de personnes présentes dès vendredi, je n’aurais probablement pas pu skier comme ça. Je n’avais pas ma meilleure forme physique.»

Nouveaux défis

Invité à dire s’il avait connu la carrière dont il avait rêvé, l’athlète de 30 ans a expliqué qu’il lui a fallu beaucoup de détermination pour se rendre aussi loin.

«Honnêtement, plus jeune, je n’étais pas le meilleur au Québec. C’est d’ailleurs le ‘running gag’ à la maison que je suis le seul dans la famille à ne pas avoir gagné une médaille aux Jeux du Québec. Mes deux soeurs et mes deux parents l’ont fait. Pas moi.

«Mais quand ç’a commencé à débloquer, tout est allé tellement vite. D’un rêve lointain, presque inaccessible, je me suis retrouvé quelques années plus tard, avec un, deux, trois podiums par année en Coupe du monde. J’y rêvais plus jeune, mais je ne peux pas dire que je croyais me rendre à ce niveau.»

À défaut du défi de la compétition, Harvey reconnaît qu’il devra désormais s’adapter à sa nouvelle vie de retraité du sport de haut niveau, une transition qui n’est pas toujours évidente

«J’ai vécu en fin de semaine et plus tôt dans ma carrière, un niveau d’intensité, d’extase, lorsque tu réalises un gros objectif. C’est difficile de recréer ça dans la vie de tous les jours. Il me faudra réajuster mes attentes même si je sais qu’il y a de nouveaux défis motivants qui m’attendent.»

Dans l’immédiat, Harvey prendra la direction d’Ottawa, lundi, et il sera reçu à Rideau Hall le lendemain comme 39 autres personnes lauréates des distinctions de la gouverneure générale.

Et avant de compléter ses études en droit, il s’accordera des vacances bien méritées en avril et scellera son union avec sa fiancée, Sophie Ringuet, le 22 juin.

Déçu mais pas surpris

Au fil de sa carrière, Harvey a souvent décrié le dopage dans son sport et les événements des derniers championnats du monde à Seefeld, en Autriche, ne l’ont guère surpris. Cinq athlètes y ont notamment été arrêtés lors d’un raid contre un réseau de dopage sanguin actif depuis plusieurs années.

«C’est décevant, mais pas surprenant, a-t-il réagi. Du dopage, il y en a encore. De le voir à Seefeld — le fondeur autrichien Max Hauke a été pris en flagrant délit avec une seringue dans le bras dans sa chambre d’hôtel — ça lève le coeur. On a aussi vu que ce ne sont pas juste les meilleurs au monde qui se dopent.»

Marc Delbès, La Presse canadienne