Sports

Les Leafs quittent pour l’été avec plusieurs points d’interrogation

Les Leafs quittent pour l’été avec plusieurs points d’interrogation
Toronto Maple Leafs centre Nazem Kadri speaks to reporters after a locker clean out at the Scotiabank Arena in Toronto, on Thursday, April 25, 2019. THE CANADIAN PRESS/Christopher Katsarov

TORONTO — Nazem Kadri insiste sur le fait que les Maple Leafs pourront compter sur lui pour garder son calme à l’avenir.

Reste à voir si les hauts dirigeants du club lui feront de nouveau confiance.

Le futur de Kadri avec les Leafs étaient l’un des sujets de discussion les plus chauds, jeudi, lorsque les joueurs ont rencontré les médias pour la dernière fois après avoir été éliminés au premier tour des séries suite à une défaite de 5-1 lors du septième match face aux Bruins.

Les Maple Leafs ont dû se débrouiller sans Kadri après que celui-ci eut frappé Jake DeBrusk à la tête lors du deuxième match. La saison dernière, Kadri avait aussi écopé d’une suspension de trois matchs pour son geste posé à l’endroit de l’attaquant des Bruins Tommy Wingels. Kadri s’était alors projeté sur Wingels alors qu’il était dans une position vulnérable, face à la rampe. La formation torontoise s’était par la suite inclinée face aux Bruins, lors du match crucial.

La question que l’on se pose lorsqu’on regarde la situation de Kadri en vue de la saison morte c’est: Est-ce que les Maple Leafs peuvent-ils faire confiance à Kadri pour qu’il ne reproduise pas la même erreur une troisième année de suite?

«Ils peuvent (me faire confiance), a soutenu Kadri, au Scotiabank Arena. (Les dirigeants) savent que je ne suis pas une personne égoïste. Tout le monde se tient debout pour les autres.

«Je ferais n’importe quoi pour cette équipe, pour mes coéquipiers. Personnellement, je préfèrerais avoir un joueur qui prend le jeu trop à coeur que d’avoir un joueur qui ne s’en fait pas du tout. C’est simplement quelque chose que je dois apprendre à contrôler.»

Lorsqu’il a été questionné sur le même sujet, le directeur général des Maple Leafs, Kyle Dubas, a été clair en stipulant que Kadri devait apprendre à contrôler ses émotions.

«Son tempérament est un point important, a soutenu Dubas. Il est un excellent joueur et apporte quelque chose de nouveau, de frais. Oui, il aime défendre ses coéquipiers et il travaille fort, mais nous avons besoin de lui sur la glace.

Suspendue pour un total de 19 matchs en séries depuis 2013 – y compris huit des 14 dernières avec Toronto – la dernière infraction de Kadri a sérieusement affaibli les Leafs, qui se fiaient alors sur John Tavares et Auston Matthews contre Boston.

Alors que Dubas a déclaré que l’équipe ferait tout son possible pour aider Kadri, le joueur a ajouté qu’il allait aussi chercher de l’aide.

«Habituellement, je ne pense pas aux conséquences à l’avance, a avoué Kadri. J’essaie de m’en rendre compte et de m’améliorer.»

Même si les Leafs croient que Kadri peut changer, il y a de fortes chances que ce soit un bon moment pour eux de le laisser partir.

La saison prochaine, Kadri soufflera ses 29 bougies. Cette saison, il a enregistré la pire récolte de sa carrière au chapitre des buts (16) après avoir enfilé 32 buts lors des deux saisons consécutives précédentes. Il reste trois ans à écouler à son contrat d’une valeur annuelle de 4,5 millions $.

Cette fenêtre d’opportunité pourrait aider les Leafs en défense — puisque Jake Gardiner quittera vraisemblablement la métropole le 1er juillet —, mais pourrait aussi lui permettre de libérer de l’espace sur la masse salariale, ce qui les aiderait à parapher une entente avec Mitch Marner, qui deviendra joueur autonome avec compensation. Marner devrait demander aux alentours de 11 millions par année. Les attaquants Kasperi Kapanen et Andreas Johnson auront aussi besoin de signer de nouvelles ententes.

Même si les Leafs croient que Kadri peut changer, il y a de fortes chances pour que ce soit le moment d’agir.

«Je ne m’inquiète pas pour ça, a précisé Kadri à propos de son avenir avec les Leafs. Je sais que Kyle (Dubas) sait ce que je suis capable de faire.»

Pour sa part, Dubas a signifié que la négociation du contrat de Marner serait sa priorité.

«C’est impératif pour toutes les autres facettes de notre équipe, a soutenu le directeur général. Nous devons juste aller droit au but et le faire.«

Marner, qui a mené les Leafs avec un record en carrière de 94 points et qui aura 22 ans le 5 mai, a souligné que rester à Toronto était l’objectif.

«Je veux être ici, a-t-il dit. Je veux jouer pour cette équipe.»

Dubas, qui a signé en février dernier une prolongation de cinq ans d’une valeur de 58,17 millions $ à Matthews, souhaite éviter une situation comme celle de William Nylander. Les discussions s’étaient étendues jusqu’à la fin de l’été dernier, s’étaient poursuivies au camp d’entraînement avant d’aboutir le 1er décembre avant que les deux parties parviennent à un accord.

Et Nylander en a souffert. Il n’a inscrit que huit buts en 61 matchs de saison régulière et de séries.

Les Leafs détenaient une avance de 1-0, 2-1 et 3-2 sur les Bruins dans leur série, mais n’ont pas réussi à capitaliser. Les Torontois ont une fois de plus laissé filer une occasion en or de se qualifier pour le deuxième tour des séries pour la première fois depuis 2004. La formation torontoise n’a pas soulevé la Coupe Stanley depuis 1967.

«Tu ne sais jamais ce qui va arriver, a tenté d’expliquer Matthews. Tu souhaites évidemment profiter au maximum de chaque opportunité.»

Après avoir été critiqué sur quelques tactiques utilisées en séries — surtout lors du septième match — l’entraîneur-chef des Leafs, Mike Babcock, croit que son équipe est sur le droit chemin.

«La croissance d’une équipe doit parfois passer par des moments plus pénibles, a philosophé Babcock. Nous sommes dans la partie du processus où nous tentons de remonter à la surface, nous sommes tout près.

«Nous voulions rester plus longtemps, évidemment.

Dubas n’a pas voulu pointer du doigt personne en particulier lorsqu’il a été questionné sur les possibilités d’un départ pour Kadri ou Babcock.

«Nous pourrions avoir remporté la Coupe Stanley et les discussions seraient les mêmes, a-t-il affirmé.

«Nous ferons ce que nous pensons être le meilleur pour nous.»

Et les partisans des Leafs devront une fois de plus attendre.

Joshua Clipperton, La Presse canadienne