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Séries LNH: Un printemps riche en rebondissements après le premier tour

Séries LNH: Un printemps riche en rebondissements après le premier tour
New York Islanders head coach Barry Trotz, center, gives instructions to Anders Lee (27) during the third period in Game 3 of an NHL first-round hockey playoff series against the Pittsburgh Penguins in Pittsburgh, Sunday, April 14, 2019. The Islanders won 4-1. (AP Photo/Gene J. Puskar)

Barry Trotz connaît mieux que quiconque les différences minimes qui existent entre l’agonie de la jubilation.

Il y a un an, les Capitals de Washington tiraient de l’arrière 2-0 lors de leur série de premier tour les opposant aux Blue Jackets de Columbus et les Blue Jackets sont passés bien près de remporter le troisième match, lorsque le tir d’Artemi Panarin a effleuré le poteau, alors que la marque était égale en fin de rencontre.

Si Panarin avait dénoué l’impasse à ce moment, les Blue Jackets auraient eu la chance de balayer la série. Mais non. Les Capitals avaient finalement réussi à se tirer d’affaire en l’emportant lors de la deuxième période de prolongation et ont poursuivi leur route jusqu’à la conquête du précieux trophée de Lord Stanley.

Alors, lorsque Trotz voit la pénalité majeure qui a coûté la victoire aux Golden Knights de Las Vegas lors du septième match ou encore l’erreur qui a aidé les Hurricanes de la Caroline à éliminer son ancienne équipe, l’entraîneur-chef des Islanders de New York constate simplement qu’il s’agit du hockey des séries éliminatoires.

«C’est comme si on arrivait au coin de la rue et qu’il y avait une semi-remorque, juste là, et que vous aviez deux options entre vous faire frapper et réussir à éviter l’accident de justesse, a déclaré Trotz jeudi, à titre comparatif. Rien ne m’a vraiment surpris, mais, en même temps, tout m’a surpris.»

Quelle ne fut pas la surprise des amateurs de hockey lorsqu’ils ont vu tour à tour les champions des quatre sections tomber au combat lors de la première ronde du tournoi printanier. C’est la première fois dans l’histoire des quatre sports majeurs en Amérique du Nord qu’une telle situation se produit. Les deux équipes finalistes de la dernière saison ont subi des défaites crève-coeur en prolongation et l’équipe lauréate du trophée du Président, qui a terminé avec 21 points de plus au classement que n’importe quelle autre équipe du circuit Bettman, a été humiliée par une équipe repêchée, s’inclinant en quatre matchs.

Plutôt dire que c’est le monde à l’envers.

Jusqu’à présent, le printemps a été riche en rebondissements. Les Bruins de Boston, les Blue Jackets, les Hurricanes, les Islanders, les Sharks de San Jose, l’Avalanche du Colorado, les Blues de St. Louis et les Stars de Dallas ont franchi la première étape et se dirigent vers les demi-finales d’association.

«Ce serait comme si les deux matchs de championnat de conférence de la NFL se déroulaient avec seulement des équipes repêchées, a déclaré Norm O’Reilly, chercheur à l’école d’administration du sport de l’Université de Guelph.

«Si vous aviez prédit correctement le lot des d’équipes qui allaient se retrouver en deuxième ronde, vous auriez pu gagner beaucoup d’argent. Ce serait comme gagner à la loterie.»

Quelqu’un qui aurait fait un pari de 10$ sur les huit équipes qui se qualifieraient au second tour empocherait 11 000$, selon les statistiques de BetOnline.

L’analyste et directeur de NBC Sports et ancien entraîneur, Pierre McGuire, a déclaré qu’il était étonnant et fascinant de regarder les surprises causées par les équipes moins bien classées. Cependant, tout ne tient pas au hasard.

Pour tenter d’expliquer ce qui a pu se produire, McGuire a souligné les ajustements faits par John Tortorella à Columbus, ceux apportés par Rod Brind’Amour en Caroline et d’autres facteurs qui ont contribué à ces résultats peu probables.

Parce qu’il y a tellement de parité dans la ligue aujourd’hui, grâce au plafond salarial, aux bons jeunes joueurs et à l’expansion de la ligue, que les marges sont plus minces que jamais.

«Le premier tour était génial, les entraîneurs ont élaboré plusieurs stratégies, suivant quelques tendances et optant pour un style opposé qui leur a permis de gagner», a expliqué McGuire.

«Dans la parité, vous devez vous ajuster. Si vous voulez gagner, si tout le monde est égal, quelque chose doit faire basculer l’ordre qui règne. Dans beaucoup de ces séries, les petits ajustements ont une différence énorme.»

La suspension de l’attaquant des Maple Leafs de Toronto Nazem Kadri a été le point tournant de la série et a expédié la formation torontoise vers la porte de sortie, tout comme la fracture de l’attaquant des Capitals T.J. Oshie et la pénalité majeure décernée à l’attaquant des Golden Knights Cody Eakin lors du match crucial. Ce sont des événements qui ont changé complètement l’allure de la série de ces équipes respectives.

Cela n’a pas aidé que certaines grandes vedettes comme Nikita Kucherov, Sidney Crosby et Johnny Gaudreau se soient effacés.

D’un autre côté, c’est la chance de découvrir d’autres joueurs comme l’attaquant de l’Avalanche, Nathan MacKinnon, le défenseur des Blue Jackets, Seth Jones, et beaucoup d’équipes qui n’ont pas connu de succès en séries éliminatoires dans les dernières années.

«Ce qui pourrait être vraiment bien, c’est l’émergence d’une nouvelle équipe ou d’une nouvelle histoire, d’un nouveau champion, ce qui pourrait être vraiment bon pour la ligue et bon pour le marché, a déclaré O’Reilly.

«Si une équipe émergente remporte sa première Coupe Stanley, c’est une véritable réussite du point de vue marketing pour ce marché, pour cette ville. Il y a une lueur d’espoir dans le nuage des problèmes du marketing en ce moment.»

Il ne reste que 24 joueurs en séries présentement qui ont déjà soulevé la Coupe. Les Blue Jackets, les Sharks et les Blues sont à la recherche de leur premier titre.

Et pour la 19e fois au cours des 20 dernières années, la LNH aura un nouveau champion. Alors que les équipes les plus menaçantes sont hors d’état de nuire, la Coupe pourrait appartenir à n’importe qui.

Stephen Whyno, The Associated Press