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L’intensité s’invite au camp d’entraînement des Alouettes de Montréal

L’intensité s’invite au camp d’entraînement des Alouettes de Montréal
Photo: La Presse canadienne/Cole BurstonL'entraîneur-chef des Alouettes, Mike Sherman

MONTRÉAL — Plus le camp avance, plus le niveau d’intensité augmente chez les Alouettes de Montréal. Peut-être un peu trop au goût de Mike Sherman.

La fin de l’entraînement des Alouettes, mardi matin, a été marquée par une échauffourrée impliquant plusieurs joueurs, dont John Bowman, qui en avait long à dire à Na’Ty Rodgers. Une fois que tout le monde a été séparé, l’entraîneur-chef Mike Sherman a d’ailleurs convié tous les joueurs présents à une petite réunion impromptue sur le terrain.

L’entraîneur Sherman aime bien que son équipe soit intense, mais il ne veut surtout pas que ses protégés tombent dans l’indiscipline et il leur a rappelé.

«Selon moi, il n’y a jamais trop d’intensité, mais on exige aussi de la discipline, a-t-il noté. On ne peut pas tolérer que ça tombe dans l’indiscipline. (…) Ils ont été très intenses au cours des trois derniers jours. Je leur ai lancé le défi d’être constants et ils ont bien répondu. 

«Parfois, les gars ne font que tomber et ils fauchent d’autres joueurs, qui sont fâchés car leurs jambes, c’est leur gagne-pain. C’est compréhensible. Mais on doit avoir assez de recul pour éviter ces situations. On a tout réglé avant de regagner le vestiaire.»

La pression de se tailler un poste pourrait aussi expliquer que les esprits s’échauffent plus facilement.

«Il y a beaucoup de pression, c’est certain, a admis Sherman. La moitié des gars dans ce vestiaire ne sera plus là après le camp. Si vous voulez vous assurer d’un poste, vaut mieux le faire très bientôt. Ce n’est pas comme dans la NFL, où le camp est plus long. Ici, on doit y aller à fond dès le départ.»

C’est notamment le cas pour les quarts de l’équipe. Sherman a encore fait appel à ses quatre principaux quarts, soit Antonio Pipkin, Matthew Shiltz, Jeff Mathews et Vernon Adams fils.

Sherman, même s’il avait dit au début du camp avoir besoin d’une dizaine de jours pour arrêter son choix, n’a pas encore identifié son quart partant, si bien que les quatre candidats seront utilisés jeudi, contre le Rouge et Noir d’Ottawa.

«J’ai hâte de les voir sous les feux de la rampe et ce sera bon pour eux d’avoir le ballon, a indiqué l’entraîneur. Je veux voir quelqu’un prendre le contrôle, faire bouger le ballon, être un meneur et prendre de bonnes décisions.»

Pipkin, pressenti par plusieurs pour être le no 1, a par ailleurs «payé le prix» de l’intensité de ses coéquipiers en défense. Rejoint par un secondeur, Pipkin a encaissé un choc et semblait avoir du mal à chasser une douleur au coude droit par la suite.

Mathews a aussi été secoué. Après avoir lancé une passe en déséquilibre, il a été poussé et l’une de ses jambes a encaissé le gros du choc.

Dans les deux cas, Sherman ne semblait pas préooccupé outre mesure.

Le centre Spencer Wilson et le bloqueur Tyler Johnstone n’ont pas participé à l’entraînement. Sherman n’a pas spécifié la nature de la blessure à Wilson et n’a pas pu confirmer sa présence pour la rencontre de jeudi.

Quant à Johnstone, de l’enflure au genou a poussé l’équipe médicale des Alouettes à lui donner une journée de traitements.

Ces deux absences ont entraîné un jeu de chaise musicale au sein de la ligne à l’attaque, si bien que Kristian Matte, utilisé comme garde à gauche depuis le début du camp, s’est retrouvé au centre, où il a joué la majeure partie de 2018.

«On joue un sport de contact. Ça n’arrive pas souvent qu’une ligne offensive reste ensemble toute l’année, a philosophé l’ex-porte-couleurs des Stingers de Concordia. Mais déjà, après deux semaines et demie, nous avons eu plusieurs variations de ligne offensive. On essaie de se trouver, on ne sait pas encore qui nous sommes au sein de la ligne offensive. On a une idée, mais il va falloir démontrer que les cinq gars qui seront là veulent être les cinq partants.

«Peu importe qui se greffe au groupe, il faut être capable de jouer tout le monde ensemble. Le plus important, c’est la chimie. Le fait de changer de ligne pendant le camp, comparativement à l’an dernier où la ligne avait été stable pendant le camp puis chamboulée lors de la saison, ce sera différent. Ça nous a permis d’établir une chimie avec tous les joueurs qui sont là.»

Après la rencontre de jeudi, l’état-major des Alouettes se réunira vendredi afin de procéder au choix de la formation, qui doit être officialisée auprès de la LCF le lendemain.

Frédéric Daigle, La Presse canadienne