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Grand Prix: oubliez la vitesse, Red Bull misera sur le freinage pour battre Ferrari

Grand Prix: oubliez la vitesse, Red Bull misera sur le freinage pour battre Ferrari
Photo: Charles Coates/Getty ImagesMax Verstappen, de l'écurie Red Bull

MONTRÉAL — S’il est déjà admis que Mercedes sera l’équipe favorite pour remporter le Grand Prix de Formule 1 du Canada, la lutte derrière pourrait monopoliser l’attention ce week-end.

Ainsi, pour la première fois depuis quelques saisons, l’équipe Red Bull peut aspirer au deuxième échelon de la hiérarchie mondiale — au détriment de Ferrari. L’équipe autrichienne entamera d’ailleurs le week-end en tirant de l’arrière 139-110 contre la Scuderia au championnat des constructeurs. En comparaison, Mercedes est en tête à 257.

Dans l’espoir de réduire l’écart qui persiste, Red Bull a indiqué plus tôt cette semaine qu’elle innovera au circuit Gilles-Villeneuve. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’amélioration apportée aux bolides de Max Verstappen et Pierre Gasly n’augmentera pas leur vitesse de pointe, mais plutôt l’efficacité de leur freinage.

Red Bull misera sur de nouveaux étriers et disques de frein avant plus performants, selon ce que rapporte le site internet ‘F1.com’. Évidemment, Verstappen est demeuré évasif sur les surprises que réserve Red Bull lorsque La Presse canadienne l’a rencontré dans un événement privé au Casino de Montréal mercredi soir.

«Nous disposerons de certaines innovations, car c’est une piste qui est très exigeante sur les freins, a-t-il reconnu. Mais je ne veux pas trop m’avancer; toutes les équipes sont préoccupées par la surchauffe de leurs freins ici.» 

Cet avantage — s’il est réel — pourrait être déterminant sur le tracé montréalais de 4,361 km, qui a la réputation d’être très exigeant sur les freins des bolides de F1. Et Verstappen en est conscient.

«Nous gagnons du terrain sur Ferrari, ça c’est certain. Quant à Mercedes, c’est différent, car ils sont loins devant», a d’abord déclaré Verstappen. 

«Pour Ferrari, encore là, ça dépend de la piste sur laquelle nous sommes, a-t-il poursuivi. Ils sont très compétitifs sur les pistes dotées de longues lignes droites, comme c’est le cas ici, alors que nous sommes supérieurs sur les tracés plus sinueux, comme à Monaco. Je crois donc que ça fluctuera, au fil de la saison.»

Cette évolution, jumelée au fait que le directeur de Ferrari Mattia Binotto a révélé ces derniers jours que les voitures de Sebastian Vettel et Charles Leclerc ne disposeront pas d’innovations majeures de sitôt, pourrait donc rendre le spectacle intéressant derrière Mercedes sur l’île Notre-Dame.

La voiture SF90 de Ferrari affiche certes une excellente vitesse en ligne droite — ce qui pourrait la favoriser à Montréal —, mais ses ratés au niveau de la direction, des réglages et du choix de pneus, l’ont souvent reléguée derrière ses rivales Mercedes et Red Bull.

Verstappen compte donc poursuivre son excellent début de saison au Grand Prix du Canada. Il a terminé dans le top-4 lors de chacune des six premières courses cette saison, et a même réussi deux podiums. Bien qu’il ne veuille pas se fixer d’objectif clair pour ce week-end, le principal intéressé admet que ses récents succès l’ont aidé à se développer.

«Quand tu as de bons résultats, on dirait que tu es plus détendu, plus confiant en tes moyens. Tu écoutes moins les commentaires stupides, ce qui te rend la tâche beaucoup plus facile», a mentionné le Hollandais avec son franc-parler légendaire.

Tout le monde se souvient encore de son accès de colère de l’an dernier, alors qu’il avait déclaré en conférence de presse qu’il allait «donner un coup de tête à quelqu’un» si on continuait de lui poser des questions sur ses erreurs en piste.

La table est donc mise pour le Grand Prix du Canada, où Vettel l’avait aisément emporté par plus de sept secondes devant Valtteri Bottas l’an dernier. Il s’agissait alors de la première victoire de Ferrari au pays en 14 ans, soit depuis la victoire de Michael Schumacher en 2004.

Hamilton, aux trousses de Schumacher

Lewis Hamilton connaît un début de saison du tonnerre, comme en font foi ses quatre victoires en six courses — les deux autres étant l’oeuvre de Bottas, son coéquipier chez Mercedes.

Le champion du monde en titre pourrait d’ailleurs profiter de son passage à Montréal pour écrire une autre page d’histoire. S’il l’emporte dimanche, Hamilton signerait sa septième victoire en carrière au Grand Prix du Canada, rejoignant ainsi Schumacher à ce chapitre.

Et les chances que ça se produise ont augmenté drastiquement après que Hamilton eut indiqué en début de semaine que les Flèches d’argent disposeront de plus de puissance ce week-end — comme si c’était nécessaire.

«Je crois que nous disposerons d’un nouveau moteur au Canada, donc la voiture continuera de progresser», a-t-il confié avec aplomb.

Habituellement, les motoristes apportent leur première mise à jour de la saison au Canada, car il s’agit d’un circuit où l’emphase est mise sur la puissance. Or, trois des motoristes ont déjà offert leurs premières innovations. Honda l’a fait à Bakou, tandis que Ferrari et Renault ont suivi lors de la course suivante en Espagne.

«Nous devrons amasser et analyser de nombreuses informations, a confié le Britannique à propos de la stratégie au Grand Prix du Canada. Nous tenterons surtout de mieux comprendre les pneus et de fournir de meilleurs résultats en termes de processus. Pour ma part, j’essaierai de travailler encore mieux avec mes ingénieurs.

«Ceci étant dit, j’ai vraiment l’impression d’avoir offert des performances ordinaires au cours des six premières courses cette saison. J’ai l’impression que je peux faire encore mieux», a-t-il ajouté.

Hamilton domine le championnat des pilotes avec 137 points, soit 17 de plus que Bottas. Vettel suit loin derrière à 82, quatre points devant Verstappen.

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse canadienne