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Les Rays pourraient jouer certains matchs à domicile à Montréal

Les Rays pourraient jouer certains matchs à domicile à Montréal
Photo: AP Photo/Michael Dwyer

MONTRÉAL — Les Rays ont reçu la permission du comité exécutif du Baseball majeur afin d’étudier la possibilité de disputer quelques matchs en début de saison à Tampa Bay, avant de compléter leur calendrier à domicile à Montréal.

C’est le commissaire Rob Manfred qui en a fait l’annonce à la conclusion de la réunion des propriétaires.

«L’objectif serait de consolider le marché de Tampa, mais d’améliorer les conditions économiques du club en jouant une partie de leurs matchs à Montréal, a indiqué le commissaire en conférence de presse. Nous n’avons pas promis d’approuver quelque plan que ce soit, seulement accordé la permission d’explorer cette possibilité.

«Tout est possible, a-t-il ajouté en réponse à une question portant sur la possibilité que l’équipe joue à Montréal dès l’an prochain. C’est certain que ce genre d’arrangement demanderait des discussions compliquées entre les Rays et les différents gouvernements de la Floride et de Montréal. Une fois que ces discussions sont engagées, j’imagine que toutes les conclusions sont possibles. (…) Il n’y a toutefois pas eu de discussion au sujet d’une relocalisation permanente de l’équipe.»

Selon ce plan, qualifié de «possibilité à long terme» par Manfred, les Rays disputeraient des matchs dans de nouveaux stades dans les deux marchés de Tampa et Montréal. Le nombre de matchs qui seraient disputés dans chaque ville n’a pas été déterminé, pas plus que la formule employée en cas de participation aux séries.

Jointe par La Presse canadienne, la direction des Rays n’a pas voulu commenter. L’organisation a toutefois convié les médias mardi prochain, afin de discuter «des commentaires du commissaire Manfred lors de la réunion des propriétaires».

«Ma priorité est toujours la même: je souhaite garder le baseball à Tampa Bay pour les générations à venir, a déclaré le propriétaire des Rays, Stuart Sternberg, par communiqué. Je crois que ce concept mérite qu’on l’étudie sérieusement.»

Du côté de St. Petersburg, la réplique du maire, Rick Kriseman, n’a pas tardé.

«Laissez-moi être clair: les Rays n’ont pas le droit de jouer quelque rencontre de saison que ce soit à Montréal ou ailleurs avant 2028 sans négocier au préalable un protocole d’entente avec la ville de St. Petersburg, a-t-il rappelé en point de presse. Cette décision me revient et je n’ai aucune intention de présenter ce projet à notre conseil municipal.

«En fait, je trouve que ça s’en vient un peu ridicule toute cette histoire, a-t-il poursuivi. J’ai énormément de respect pour Stu Sternberg et son équipe de direction. J’adore le produit qu’ils mettent sur le terrain et j’aime de la façon dont ils jouent. Mais après 12 années d’indécision, dont trois années à explorer leurs options dans la région de Tampa Bay, comme plusieurs personnes, je suis lassé par leurs manigances pour la construction d’un stade.»

Stephen Bronfman a quant à lui réagi par communiqué en après-midi.

«Nous travaillons d’arrache-pied depuis plusieurs années pour examiner comment nous pouvons ramener le baseball à Montréal de manière durable. Ce concept est vraiment intéressant pour mes partenaires et pour moi et nous avons hâte de l’étudier plus en profondeur.»

Le Groupe de Montréal ne fera aucun autre commentaire avant la tenue de la rencontre de presse des Rays. 

L’Association ne commente pas

Les Rays devraient aussi obtenir l’approbation de l’Association des joueurs afin de partager son calendrier avec Montréal. L’Association des joueurs (MLBPA) n’a pas souhaité commenter la nouvelle pour le moment.

«Il ne s’agit que de la permission d’explorer la possibilité d’instaurer ce plan pour l’instant, a déclaré son porte-parole. Il n’y a rien à commenter pour l’instant.»

On peut facilement imaginer que d’importantes questions de logistiques seront soulevées si ce projet va de l’avant. Steve Rogers, qui est conseiller spécial aux services aux joueurs à la MLBPA, avait laissé entendre lors des célébrations entourant le 50e anniversaire des Expos, en mai dernier, qu’il serait difficile d’imaginer deux domiciles pour une équipe en raison des contraintes du calendrier ainsi que des réalités familiales des joueurs.

Maintenant, les Rays ont été incapables jusqu’ici de trouver du financement pour un stade pour 81 rencontres; seront-ils en mesure d’en trouver pour une saison tronquée? La — faible — base de partisans qui suit l’équipe continuera-t-elle à le faire à temps partiel?

La même question se pose pour Montréal: le groupe voudra-t-il s’engager dans la construction d’un nouveau stade pour une portion de calendrier seulement? La MLB a déjà statué qu’un retour au Stade olympique de façon permanente n’est pas envisageable.

Bronfman et son groupe se sont associés au promoteur immobilier Devimco afin de développer le quartier du bassin Peel, où le Groupe de Montréal souhaite ériger un stade de baseball.

Jusqu’ici en 2019, les Rays n’ont attiré que 14 456 spectateurs par match, la deuxième plus faible moyenne du Baseball majeur. Ils ont attiré la plus faible foule de leur histoire — 5786 spectateurs — contre les Blue Jays de Toronto le mois dernier. Ils ont terminé derniers au chapitre des assistances de 2012 à 2017, et ont terminé au 29e rang l’an dernier.

À la Régie des installations olympiques, son porte-parole, Cédric Essiminy, a déclaré que personne en lien avec le Baseball majeur, les Rays ou le Groupe de Montréal ne l’avait contacté.

Frédéric Daigle, La Presse canadienne