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Wilmer Cabrera aime prendre des risques et veut faire jouer les jeunes

Wilmer Cabrera aime prendre des risques et veut faire jouer les jeunes
Photo: THE CANADIAN PRESS/Ryan RemiorzWilmer Cabrera

MONTRÉAL — À sa première rencontre avec les journalistes, Wilmer Cabrera a plusieurs fois prononcé le mot «risque». Comme celui qu’il dit prendre en acceptant de diriger l’Impact de Montréal dans un contexte fort particulier. Et comme celui qu’il veut voir ses joueurs prendre sur la pelouse.

«Le fait que je sois ici prouve que je prend des risques. Je veux voir mes joueurs prendre des risques car peu importe l’issue, nous aurons toujours le sentiment que nous aurons fait de notre mieux pour gagner», a expliqué Cabrera, jeudi.

Reste à savoir jusqu’à quel point Cabrera pourra être téméraire avec un groupe de joueurs qu’il connaît à peine, dans un match de grande importance pour l’Impact face au Toronto FC, samedi soir, au BMO Field.

Non seulement Cabrera connaît peu ses joueurs, qu’il a surtout vus depuis mardi grâce à la magie de la vidéo, il ne semblait pas trop savoir qui il aura sous la main pour le «derby» de samedi.

On sait déjà que Ignacio Piatti et Samuel Piette seront au rancart. Et les défenseurs centraux Victor Cabrera et Rudy Camacho manquaient également à l’appel lors de l’entraînement, vendredi, au Centre Nutrilait.

«Sept partants ne se sont pas entraînés, avait d’ailleurs fait remarquer Cabrera lors de la conférence de presse, jeudi. Si vous avez ces sept joueurs sous la main, vous vous sentez bien. Mais ils n’étaient pas ici. Je ne peux pas me lamenter ou souffrir à cause des joueurs qui ne sont pas là. Il faut regarder qui on a, c’est tout.»

Cabrera, qui n’a pas rencontré les médias vendredi matin, semble enclin à vouloir donner une chance aux jeunes joueurs de montrer leur savoir-faire.

«À un certain moment, les jeunes doivent jouer. C’est la raison pour laquelle ils sont dans la formation. On ne peut pas avoir peur de faire jouer un jeune et il faut prendre ce genre de risques. Peut-être deviendra-t-il un joueur fantastique, mais si on ne prend pas le risque, on ne le saura jamais.»

Insuccès à l’étranger

Si le passé est garant de l’avenir, les partisans de l’Impact ont peu de raisons d’être optimistes en vue du duel de samedi, dans une ville où la formation montréalaise n’a signé que deux victoires en dix matchs (2-5-3) en saison régulière depuis 2012.

Son dernier gain à Toronto remonte au 20 septembre 2017 et depuis, l’Impact y a subi deux défaites. L’Impact s’est aussi incliné 2-0 lors du premier rendez-vous entre les deux équipes en 2019, le 13 juillet au stade Saputo.

L’Impact a perdu ses six derniers matchs à l’étranger en MLS, sa dernière victoire loin du stade Saputo remontant au 8 mai contre les Red Bulls de New York.

De plus, Cabrera semblait avoir perdu la recette pour gagner à l’étranger comme le démontre sa fiche de 1-10-0 lors de ses 11 dernières rencontres à la barre du Dynamo de Houston, dont cinq revers par blanchissage. La bonne nouvelle pour l’Impact, c’est que cette seule victoire est venue… au BMO Field, le 20 juillet.

Toutefois, un changement d’entraîneur peut souvent provoquer un nouvel élan au sein d’une formation. L’Impact l’a vécu le 11 mai lorsqu’il s’est incliné contre le FC Cincinnati quelques jours à peine après que la formation de l’Ohio eut limogé son entraîneur-chef.

Greg Vanney, l’entraîneur-chef du Toronto FC, le sait très bien, mais il est aussi conscient qu’un nouveau patron sur la ligne de touche ne peut tout changer dans un aussi court laps de temps.

«Je ne crois pas que Wilmer aura un très grand impact sur l’équipe à court terme. On ne peut pas changer le monde en deux jours», a-t-il illustré après la séance d’entraînement de ses joueurs, jeudi.

«Nous allons affronter un groupe très motivé, très concentré et nous allons nous préparer pour contrer les joueurs que nous devrons garder à l’œil.»

L’Impact (10-13-4) et le Toronto FC (9-10-7) aborderont le match de samedi avec 34 points au compteur. Après cette rencontre, il restera six matchs à l’Impact dont cinq à domicile, tandis que le Toronto FC complétera son calendrier régulier avec cinq matchs sur sept à l’étranger, dont trois consécutifs à compter du 31 août.

Les deux formations se reverront aussi deux autres fois, les 18 et 25 septembre dans le cadre de la finale aller-retour du Championnat canadien.

Michel Lamarche, La Presse canadienne