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Les États-Unis sont renversés par la France à la Coupe du monde de basketball

Les États-Unis sont renversés par la France à la Coupe du monde de basketball
Photo: Lintao Zhang/Getty ImagesKemba Walker, de l'équipe américaine, et Frank Ntilikina de l'équipe française.

DONGGUAN, Chine — Pas de médaille d’or. Pas même de podium. Et la fin d’une séquence victorieuse. Le règne des États-Unis au sommet de la hiérarchie du basketball international a pris fin aux mains de la France à la Coupe du monde, mercredi.

Pour la première fois depuis 2006, les États-Unis ont délégué des joueurs de la NBA à un important tournoi international et n’en reviendront pas avec le titre de champions.

Evan Fournier a marqué 22 points et Rudy Gobert en a contribué 21 en plus d’ajouter 16 rebonds à sa fiche pour la France, qui a pris la mesure des Américains 89-79 en quarts de finale.

Les Français ont effacé un déficit de sept points au quatrième quart pour réussir cet exploit. Ils affronteront l’Argentine, vendredi, en demi-finale.

«Nous sommes venus ici pour gagner l’or, a affirmé Gobert. Nous savions que ça ne serait pas facile. Beaucoup de gens nous croyaient battus, mais nous avons obtenu la victoire.»

Gobert a rappelé que l’objectif de la France n’était pas de vaincre les États-Unis mais de remporter les grands honneurs de la compétition.

«Ça n’a aucune importance si vous ne gagnez pas à la fin.»

Les États-Unis avaient remporté 58 matchs consécutifs, si on inclut ceux disputés dans les tournois de la FIBA et des Jeux olympiques, depuis la conquête du bronze aux Mondiaux de 2006. Les Américains tentaient de devenir le premier pays à gagner trois Coupes du monde consécutives, après avoir décroché trois médailles d’or de suite aux Jeux olympiques pendant cette période.

Cependant, ils ne pourront terminer mieux qu’en cinquième place en Chine et sont assurés d’obtenir leur pire classement lors d’un tournoi d’importance dans lequel ils comptaient sur des joueurs de la NBA depuis leur sixième place aux Championnats du monde de 2002. Ils pourront se consoler avec leur qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

«N’importe quelle défaite fait mal, a déclaré Gregg Popovich, l’entraîneur-chef de la formation américaine. Et dans cette situation, ça fait encore plus mal. Mais la vie continue. C’était quelque chose de très important et nous aurions aimé avoir gagné … mais nous sommes tous des adultes, nous avons tous des familles et des vies, et la vie continue.»

Donovan Mitchell s’est signalé avec 29 points pour les Américains, tous inscrits au cours des trois premiers quarts. Les États-Unis ont été blanchis pendant six possessions consécutives en fin de rencontre, ouvrant ainsi la porte aux Français, qui n’en demandaient pas tant.

«À ce stade-ci, il faut accepter les choses comme un homme, a commenté le garde américain Kemba Walker. Nous avons perdu. Il n’y a rien que nous puissions y faire. Nous avons lutté. Nous avons bataillé depuis le premier jour du camp d’entraînement. Nous avons tout donné ce que nous avions. Je sais que nous sommes Équipe USA et autres choses du genre, qu’ils ont gagné depuis bon nombre d’années. Mais vous savez quoi, nous n’avons pas eu la chance d’y arriver.»

La France présentait un dossier de 0-9 contre les États-Unis lors de rencontres internationales, la plupart de ces défaites ayant été à sens unique. Toutefois, lors du dernier rendez-vous entre les deux nations, aux Jeux olympiques de Rio, les États-Unis avaient difficilement défait la France 100-97 dans un match où Gobert, Nando De Colo et Nicolas Batum avaient joué pendant quelques-minutes.

Aucun des joueurs qui avaient porté les couleurs des États-Unis lors de ce duel à Rio ne faisait partie de l’équipe présente à la Coupe du monde.

Dans l’autre match de quarts de finale au programme mercredi, à Shanghai, Patty Mills a marqué 24 points pour mener l’Australie vers une victoire de 82-70 contre la République tchèque.

En demi-finale, les Australiens croiseront le fer avec l’Espagne vendredi.

Tim Reynolds, The Associated Press