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Samuel Piette dit comprendre la frustration des partisans de l’Impact

Samuel Piette dit comprendre la frustration des partisans de l’Impact
Photo: Denis Germain/Métro média

MONTRÉAL — Lorsque les joueurs de l’Impact de Montréal sauteront sur le terrain samedi pour y affronter le FC Cincinnati, ce sera la première fois en deux semaines qu’ils joueront devant leurs partisans. Quand on sait comment s’est terminé le dernier match au stade Saputo, c’est peut-être une bonne chose que le délai ait été aussi long.

Alors que l’Impact avait une chance de grimper jusqu’au cinquième rang du classement de l’Association Est — d’autant plus qu’il avait reçu de l’aide d’autres équipes de sa section — la troupe de Wilmer Cabrera s’est plutôt lamentablement écrasée 3-0 face à D.C. United, pourtant privé de Wayne Rooney.

À la fin du match, on a d’ailleurs vu ce qui ressemblait à une discussion animée entre Samuel Piette et certains partisans parmi les plus enflammés de l’équipe. Lorsqu’on lui a rappelé brièvement l’anecdote jeudi, Piette a souri, mais ce n’est pas parce qu’il voulait se moquer des amateurs. Bien au contraire.

Or, s’il fallait que l’Impact n’amorce pas la rencontre de samedi avec conviction et énergie, il se pourrait que les partisans de l’équipe manifestent rapidement leur impatience.

«C’est sûr que je comprends la frustration des fans, leur sentiment envers nous en ce moment, a déclaré Piette. Mais nous, on sait qu’un match peut se gagner autant à la 89e minute qu’à la première minute.

«Même si les choses ne vont pas bien au début et qu’on ne marque pas dans les 15 premières minutes, ça ne veut pas dire qu’on va perdre ce match, même si on accorde un but dans les premières minutes, comme on a fait contre Vancouver. On est quand même revenu au score pour gagner ce match-là. Donc, il ne faut pas lancer la serviette jusqu’à temps que le coup de sifflet final ait été entendu.»

La défaite contre D.C. United a fait glisser l’Impact jusqu’au huitième rang dans l’Association Est et, donc, hors du portrait des séries éliminatoires. Toutefois, la formation montréalaise n’accuse que deux points de retard sur le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, qui rendra visite au Orlando City SC samedi.

Le Revolution a cependant un match en main. C’est donc dire que, dans les faits, l’Impact ne contrôle pas vraiment sa destinée. Du moins pas entièrement, nuance le milieu de terrain.

«Ça va être compliqué, évidemment», a reconnu Piette lorsqu’il a été invité à donner sa perspective du sprint final de la saison régulière.

«Ce n’est pas totalement entre nos mains, mais on peut contrôler certaines choses si on est capable d’aller chercher les points que l’on doit aller chercher, surtout ici à la maison. Les autres équipes ont aussi des calendriers difficiles, elles peuvent trébucher. Évidemment, si on gagne nos quatre matchs et que la Nouvelle-Angleterre fait la même chose, on ne pourra pas les rattraper. Je pense qu’il faut y aller un match à la fois. Il faut commencer par samedi. On ne peut pas commencer à penser à mercredi, au Championnat canadien, ou au match contre LA Galaxy (la semaine suivante). Si on ne gagne pas en fin de semaine, ça va être très, très compliqué pour le reste.»

Cette séquence vitale s’amorcera avec le passage à Montréal de la pire équipe du circuit Garber. Une équipe déjà éliminée mais qui, doit-on le rappeler, est allée chercher trois points face à l’Impact le 11 mai, en Ohio.

Le match de samedi est si crucial que Piette n’a même pas fait allusion à l’aspect revanche. La position actuelle de l’équipe au classement suffit pour en justifier l’importance.

«Rendu à ce point-ci de la saison, on ne peut plus trouver des excuses. Il faut gagner, il faut commencer par samedi, a tranché Piette. C’est un match un peu dangereux parce que si on perd, c’est la misère, on se met dans le trouble et, évidemment, il n’y a rien de positif. Et si on gagne, c’est un match que l’on est censé gagner et tout le monde va dire, c’est ce qui était supposé arriver. Donc, c’est un match très, très piège, surtout que ce sont les derniers de l’Est. Évidemment, il faut absolument gagner samedi.

«C’est un peu le même ‘speech’ qui ressort depuis quelques semaines, quelques mois, a renchéri Piette. On a encore une place en séries à jouer, un Championnat canadien. Au final de la saison, si on est capable d’atteindre ces deux objectifs-là, on pourra dire que la saison est quand même positive. Il faut se battre et je pense que les gars sont conscients qu’il y a de bonnes choses à accomplir.»

Michel Lamarche, La Presse canadienne