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Après ses succès aux mondiaux, Biles sera une tête d’affiche aux Jeux de Tokyo

Après ses succès aux mondiaux, Biles sera une tête d’affiche aux Jeux de Tokyo
Photo: Wikipedia CommonsSimone Biles

STUTTGART, Allemagne — Tokyo est désormais le prochain objectif de Simone Biles.

Avec Usain Bolt et Michael Phelps à la retraite depuis les derniers Jeux olympiques de Rio de Janeiro, la gymnaste américaine sera la principale tête d’affiche des jeux.

En gymnastique, elle est sans égale. Biles a remporté cinq des six médailles d’or aux championnats du monde la semaine dernière et a battu le record de tous les temps de 25 médailles par un gymnaste, hommes et femmes confondus.

«Elle est tout simplement supérieure à tout ce que nous avons vu dans la discipline», a commenté Nadia Comaneci, quintuple médaillée d’or aux Jeux olympiques, à propos de Biles, louangeant «la domination qu’elle a démontrée sur tous les autres gymnastes qui ont concouru ici.»

Biles n’est pas seulement extrêmement talentueuse. Elle a la personnalité d’une vedette olympique.

Il y a le souci du détail à l’entraînement, le même humour décontracté qui a contribué à la grande popularité de Bolt et, surtout à l’ère moderne, un usage avisé des médias sociaux.

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a affirmé, dimanche, que le statut de vedette de Biles ferait de la gymnastique un événement phare aux Jeux olympiques de Tokyo.

«Vous pouvez avoir des légendes confirmant leur statut, comme nous venons de voir avec Simone Biles, cette performance incroyable à la poutre, mais vous avez également de nouvelles vedettes, a-t-il mentionné. La gymnastique a tous les ingrédients pour être à l’avant-scène une autre fois à Tokyo.»

En dépit de son désaccord avec Biles sur la notation de son nouveau double-double à la poutre — son classement a été réduit en partie afin de ne pas encourager les gymnastes moins qualifiées à tenter ce mouvement risqué — la Fédération internationale de gymnastique reconnaît que Biles est essentielle à son sport.

Le président de la Fédération internationale, Morinari Watanabe, a qualifié la jeune femme de «merveille» et d’«héroïne», souhaitant que Biles ne prenne pas sa retraite après les Jeux olympiques de Tokyo. «J’espère qu’elle continuera après 2020, car c’est une excellente athlète», a-t-il dit, dimanche.

Malgré sa domination sur la discipline, Biles n’a pas encore convaincu tout le monde.

«Il n’est pas nécessaire de la transformer en une reine imbattable. Si j’avais 15 ans de moins, je serais prête à relever le défi contre l’Américaine», a affirmé la gymnaste russe Svetlana Khorkina dans un commentaire publié sur le site Web du Comité olympique russe.

Khorkina a remporté 20 médailles aux championnats du monde entre 1994 et 2001 et a détenu le record féminin jusqu’à ce que Biles l’améliore, mardi dernier.

Un record restera probablement hors de portée de Biles. La gymnaste soviétique Larisa Latynina a gagné un record de 15 médailles olympiques entre 1956 et 1964. Biles a remporté cinq médailles olympiques à Rio de Janeiro et pourrait en ajouter six de plus à Tokyo, mais il semble très peu probable qu’elle continue jusqu’aux Jeux olympiques de 2024.

Il lui reste toutefois un autre record à viser. En égalant sa performance des championnats du monde de la semaine dernière, Biles deviendrait la première gymnaste à remporter cinq médailles d’or en une seule olympiade et la première athlète à le faire dans tous les sports depuis la nageuse est-allemande Kristin Otto en 1988.

Après avoir réussi des «premières» à la poutre et au sol — un double salto arrière combiné à une triple vrille — son entraîneur Laurent Landi a précisé qu’il souhaitait affiner ses routines existantes en vue des Jeux olympiques plutôt que d’ajouter des nouveautés.

«Je peux ajouter de nombreuses améliorations, mais il faut être réaliste et seules les médailles comptent à la fin, a-t-il mentionné. Nous n’avons pas besoin de montrer tout ce que nous pouvons faire.»

James Ellingworth, The Associated Press