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Par son attitude contagieuse, Herdman est en train de changer le soccer canadien

Par son attitude contagieuse, Herdman est en train de changer le soccer canadien
Photo: Alexandre Schneider/Getty ImagesJohn Herdman

TORONTO — Dans les jours menant au match du Canada dans la Ligue des Nations de la Concacaf contre les États-Unis mardi soir, l’entraîneur-chef John Herdman a déclaré que ses joueurs n’avaient pas besoin de lui pour se motiver.

Une séquence de 34 ans sans victoire contre les États-Unis et le besoin de récolter de précieux points de la FIFA, afin de se tracer une route plus directe vers les qualifications de la Coupe du monde, allaient suffire, soutenait-il.

Ainsi, est-ce que l’homme de 44 ans, reconnu pour son aptitude à servir d’inspiration, s’est retenu?

«Je pense qu’il a un discours de motivation chaque minute de la journée», a déclaré, souriant, Lucas Cavallini, qui a marqué le filet d’assurance dans les temps d’arrêt de la deuxième demie dans le gain de 2-0 du Canada contre les États-Unis au stade BMO.

«C’est pourquoi nous sommes ici. C’est pourquoi nous faisons des choses importantes.»

«Depuis que John a pris la relève, il se concentre à changer l’identité du soccer canadien, a renchéri le défenseur Kamal Miller. Et pas par pas, à chaque camp, nous n’avons cessé de nous améliorer. Nous avons l’impression que nous pouvons atteindre de nouveaux sommets.»

«Il sait ce qu’il fait… parce qu’il a une stratégie lors de chaque match», a noté, de son côté, l’attaquant adolescent Jonathan David.

Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour l’équipe masculine du Canada, détentrice du 75e échelon au classement de la FIFA, il est permis d’avancer que Herdman a transformé le visage du soccer au Canada depuis sa nomination à la tête de l’équipe féminine il y a huit ans.

«Il a apporté du nouveau football au Canada… Merci d’avoir apporté l’esprit, la foi, l’énergie à ces gars-là», a déclaré le vétéran gardien Milan Borjan, alors qu’il était assis à côté de Herdman lors de la conférence de presse d’après-match.

Herdman a hérité d’une formation féminine en mauvaise posture après une dernière place lors d’une désastreuse Coupe du monde, en Allemagne, en 2011. Herdman a contribué à rebâtir le bassin de joueuses de talent, a rappelé aux femmes pourquoi elles jouaient au soccer et pour qui elles le faisaient. Il les a menées à des médailles de bronze consécutives aux Jeux olympiques et à la quatrième place au classement de la FIFA.

En janvier 2018, il a choisi d’orienter ses actions vers l’équipe masculine du Canada — un autre groupe à la recherche de la route pour sortir des profondeurs de la Concacaf.

L’annonce ultérieure que le Canada serait l’un des trois pays-hôtes de la Coupe du monde de 2026 allait offrir aux amateurs un objectif futur, compte tenu que l’équipe masculine canadienne n’avait participé qu’une seule fois au prestigieux événement, en 1986.

Herdman en voulait plus.

«Nous allons nous qualifier pour 2022 à Qatar, a-t-il lancé lors d’une conférence de presse en février 2019. Et établir les assises pour 2026.»

Herdman porte de nombreux chapeaux: entraîneur, confident, motivateur, entre autres. Il s’entoure de gens de talent, et son cercle restreint inclut l’instructeur des gardiens Simon Eaddy et le spécialiste en condition physique Cesay Meylan, qui étaient avec lui pendant ses années avec l’équipe féminine.

Bien qu’il ait effectué des changements au personnel actuellement en place avec l’équipe masculine, il a aussi gardé auprès de lui de vétérans membres de l’équipe. Et après le match de mardi, il a pris le temps de nommer plusieurs employés de Soccer Canada pour s’assurer qu’ils reçoivent la reconnaissance qu’ils méritent pour la victoire.

Neil Davidson, La Presse canadienne