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Thierry Henry voit sa nomination à la barre de l’Impact comme un nouveau départ

Thierry Henry voit sa nomination à la barre de l’Impact comme un nouveau départ
Photo: Ryan Remiorz/La Presse CanadienneThierry Henry

MONTRÉAL — Personne n’est à l’abri de faux-pas au cours d’une vie et d’une carrière professionnelle, même les plus grands. Mais tout est dans l’apprentissage. C’est un peu le message qu’a énoncé, et même répété, Thierry Henry lors de sa première sortie officielle devant les journalistes montréalais, lundi matin.

Le Français au glorieux passé sur les terrains de soccer, partout sur la planète, est conscient que son curriculum vitae n’est pas aussi riche sur les lignes de côté. Ça ne l’empêche pas d’aborder avec optimisme sa nouvelle mission: celle de relancer l’Impact de Montréal, une organisation qu’il voit comme un tremplin pour un nouveau départ dans sa deuxième carrière au soccer.

Ce nouveau départ fait suite à une expérience peu concluante, alors que l’AS Monaco a coupé les ponts avec lui seulement trois mois après sa nomination, en janvier dernier. Il soutient avoir beaucoup appris de cette expérience, sans vraiment dire quoi, et assure qu’elle lui sera utile à Montréal.

«Je pourrais vous donner toutes sortes d’excuses pour expliquer pourquoi ça n’a pas fonctionné, mais en bout de ligne, je suis ici et je suis l’entraîneur de l’Impact de Montréal. J’ai appris beaucoup là-bas, a déclaré Henry lors d’une conférence de presse courue, au Centre Nutrilait.

«L’important, c’est de se relever et de faire face à ce qui s’est passé, a ajouté Henry. La seule erreur que vous pouvez faire, c’est de ne pas apprendre de ce qui est arrivé. Je suis des plus heureux d’avoir cette opportunité avec cette équipe et dans cette ville. Comme je l’ai dit, ça été un grand processus d’apprentissage et je suis très positif face à ce qui va arriver avec cette équipe.»

Sans entrer dans les détails du processus d’embauche, le directeur sportif Olivier Renard a déclaré que Thierry répondait à plusieurs critères qu’il jugeait importants.

«Je recherchais quelqu’un de motivé, quelqu’un qui aimait la ville, quelqu’un qui voulait venir, qui prône un jeu offensif. Il a fait un parcours après sa carrière qui est idéal au niveau de la formation d’entraîneurs. Il a obtenu ses diplômes, ç’a pris du temps. Ce que j’ai bien aimé, et il n’en a pas discuté, c’est qu’il est passé par les jeunes de l’Arsenal. Pour moi, c’est un point important de travailler avec les jeunes.»

Patience

Septième entraîneur-chef de l’Impact depuis 2012, Henry rejoint une organisation qui n’a pas réussi à se tailler une place en séries éliminatoires lors des trois dernières années en MLS. Sa nomination, jeudi dernier, a généré un vent d’enthousiasme, au point où le Français de 42 ans est presque vu comme le sauveur de l’Impact parmi les partisans de l’équipe. Or, il a cherché à pondérer les attentes du public.

«Il y a un nouveau départ et on doit aller droit devant, essayer de bien construire ce qui va se passer ici. On ne construit pas un héritage en deux mois, trois mois, voire un an. Il va falloir travailler dur, être patient. Mais on sait ce qu’on veut faire avec une certaine identité et philosophie. Il va falloir aussi amener la communauté avec nous, c’est super important, parce que je pense que les supporters ont besoin de se voir dans l’équipe et de voir que l’équipe aussi représente la ville et la communauté. Après, c’est à nous de les ramener de notre côté.»

Henry n’arrivera pas en terrain totalement inconnu avec l’Impact. Les entraîneurs-adjoints Patrice Bernier et Wilfried Nancy seront de retour, tout comme Rémy Vercoutre, l’instructeur des gardiens. Au moins une autre personne se joindra au groupe.

Le maintien de Bernier au sein du personnel d’instructeurs de l’Impact n’étonne pas compte tenu de son glorieux et long passé avec l’organisation montréalaise. Et de toute façon, il semble déjà exister une belle relation entre Bernier et Henry, qui a parlé du Montréalais avec beaucoup d’affection.

«Pat, c’est l’enfant de la maison, a-t-il illustré. J’ai côtoyé Pat sur le terrain, nous avons joué l’un contre l’autre, lors de matchs d’étoiles. (…) Il a été un joueur très intelligent, qui voit le jeu, qui connaît la ligue, qui connaît l’environnement ici, et tout ce qui s’en suit, la pression aussi pour les joueurs qui sont d’ici. Parce qu’il faut quand même prendre en considération que ce n’est pas toujours évident de jouer à la maison parce qu’il y a tellement d’attentes. Il peut être d’une aide extraordinaire pour ce genre de joueurs dans le club.»

Michel Lamarche, La Presse canadienne