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16:36 20 novembre 2019

Les Maple Leafs ont congédié l’entraîneur-chef Mike Babcock, Keefe lui succède

Les Maple Leafs ont congédié l’entraîneur-chef Mike Babcock, Keefe lui succède
Photo: Bruce Bennett/Getty ImagesMike Babcock

TORONTO — Brendan Shanahan en avait vu assez. Et puisqu’il avait contribué à l’arrivée de Mike Babcock à Toronto au printemps de 2015, le président des Maple Leafs était d’avis qu’il était de mise qu’il soit présent pour la fin de son règne.

Inconfortablement situés à l’extérieur du portrait des séries éliminatoires dans l’Association Est, les Maple Leafs ont limogé Babcock mercredi et l’ont remplacé par Sheldon Keefe, qui occupait le poste d’entraîneur-chef des Marlies de Toronto, le club-école de l’organisation dans la Ligue américaine.

Shanahan s’est envolé vers l’Arizona où les Maple Leafs — une formation qui a amorcé la saison avec l’espoir de gagner la coupe Stanley mais qui est loin d’avoir répondu à ces ambitieuses attentes — se préparent à affronter les Coyotes jeudi soir.

Une fois sur place, en compagnie du directeur général Kyle Dubas, Shanahan a informé Babcock de sa décision.

«Ça n’a pas été une conversation facile à avoir, et ça n’a pas été très agréable. Des journées comme aujourd’hui ne le sont pas», a dit Shanahan lors d’une rencontre avec les journalistes dans un hôtel d’une banlieue de Scottsdale, quelque deux heures après la publication du communiqué de l’équipe.

«Mais nous pensions que c’était important pour l’équipe. Une fois que vous réalisez que vous devriez faire quelque chose, que vous devez le faire, donc c’est préférable d’agir en ce sens.»

Les Maple Leafs affichent un dossier de 9-10-4 pour un total de 22 points et occupaient le 10e rang au classement général de l’Association Est, à deux points du huitième échelon avant les matchs de mercredi. Mardi soir, ils ont subi une défaite de 4-2 contre les Golden Knights de Vegas lors du deuxième d’une séquence de six matchs à l’étranger.

Enlisée dans un sérieux creux de vague, la formation torontoise affiche un dossier de 0-5-1 à ses six dernières sorties, ses cinq derniers revers étant survenus en temps réglementaire. Les Maple Leafs n’ont pas gagné depuis le 7 novembre, alors qu’ils avaient battu les Golden Knights 2-1 en prolongation à domicile. Il s’agissait alors de la 700e victoire de Babcock à titre d’entraîneur-chef dans la LNH.

Les Maple Leafs ont accordé au moins quatre buts lors de chacune de leurs cinq dernières rencontres, et viennent au 30e rang du circuit Bettman avec 81 buts concédés. Seuls les Red Wings de Detroit (86) ont fait pire jusqu’à maintenant.

«C’est quelque chose que vous surveillez et que vous évaluez pendant un certain temps», a déclaré Shanahan au sujet de la décision.

«Kyle et moi sommes en communication régulière. Tout tourne autour des deux dernières semaines, et ça s’est rendu à un point où nous nous sommes parlés au cours des 48 dernières heures. Je trouvais que c’était quelque chose qui devait être fait, et Kyle voyait les choses de la même façon.»

Un confrère respecté

Des confrères de Babcock ne sont pas restés indifférents à la nouvelle, incluant Claude Julien, qui a travaillé avec lui aux Jeux olympiques de 2014, à Sotchi, et à la Coupe du monde de 2016.

«Comme à toutes les fois qu’un entraîneur est congédié, on se supporte beaucoup», a déclaré Julien avant le match du Canadien, mercredi face aux Sénateurs d’Ottawa.

«Ce n’est pas un boulot qui est facile. Une chose qu’on sait tous, Babcock a fait ses preuves à tous les niveaux, il a gagné à tous les niveaux. C’est un bon entraîneur qui, s’il le veut, devrait trouver du travail assez rapidement.»

D.J. Smith, le rival de Julien mercredi soir au Centre Bell, a été l’adjoint de Babcock pendant quatre ans avec les Maple Leafs. Il a rendu hommage à son professionnalisme.

«Il m’a donné ma chance dans la Ligue nationale de hockey. Il m’a montré la LNH et a fait un excellent travail tous les jours. Il s’agit d’un moment difficile pour lui et sa famille et j’ai certainement mal pour lui.»

Embauché le 20 mai 2015, date à laquelle il a signé un contrat de 50 M$ US pour huit ans — le plus lucratif pour un entraîneur-chef dans l’histoire de la LNH — Babcock, 56 ans, a dirigé 351 matchs avec les Maple Leafs. Il a présenté une fiche globale de 173-133-45, mais ses équipes n’ont gagné que huit matchs sur 20 en séries éliminatoires.

Après avoir été exclus des séries lors de la première saison de Babcock, en 2015-2016, les Maple Leafs ont été éliminés dès le premier tour lors de chacune des trois saisons suivantes, la première année par les Capitals de Washington et les deux autres, par les Bruins de Boston.

Babcock s’était présenté à Toronto avec un impressionnant curriculum vitae, incluant une conquête de la coupe Stanley avec les Red Wings de Detroit en 2008 et des médailles d’or olympiques consécutives lors des Jeux de 2010, à Vancouver, et de 2014. Il a aussi mené les Red Wings et les Mighty Ducks d’Anaheim aux finales de la coupe Stanley en 2009 et en 2003, respectivement

En carrière, il présente une fiche de 700-418-183 avec Toronto, Detroit et Anaheim.

Âgé de 39 ans, Keefe avait entamé sa cinquième saison derrière le banc des Marlies. En 319 matchs, Keefe a mené les Marlies à une fiche de 199-89-22-9, et a aidé l’équipe à finir au premier rang du classement général de la Ligue américaine en deux occasions.

En quatre participations aux séries éliminatoires, les Marlies ont présenté une fiche de 38-21 avec Keefe à la barre. L’équipe a récolté sa première conquête de la coupe Calder en 2018.

Joshua Clipperton, La Presse canadienne