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09:44 15 janvier 2020

Sébastien Toutant est retourné à ses racines; se dit prêt à reprendre le collier

Sébastien Toutant est retourné à ses racines; se dit prêt à reprendre le collier
Photo: Christian Murdock/The Gazette/La Presse Canadienne/APSebastien Toutant

Sébastien Toutant l’admet d’emblée, il avait besoin de s’éloigner quelque temps des projecteurs après sa conquête de l’or en Big Air aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018.

Ironie du sort, c’est en quelque sorte la notoriété découlant de sa victoire dans les montagnes de la Corée du Sud qui lui a permis de quitter les écrans radars pour concrétiser en 2019 certains projets chers à ses yeux.

«Mon but, ce n’était pas de disparaître de la place publique, c’était davantage de connaître des expériences différentes de celles que j’ai vécues pendant et avant les Jeux olympiques (de Pyeongchang). Et cette saison, je retombe dans un ‘beat’ de compétitions», a-t-il évoqué à l’automne.

Il a donc passé l’essentiel de l’an dernier à travailler sur des projets personnels qui lui tenaient à coeur, notamment grâce à son commanditaire Red Bull. Ce dernier lui a notamment créé une rampe sur mesure pour les escaliers du film ‘Rocky’, afin qu’il puisse en faire un film.

«Je voyage depuis que j’ai 14 ans, donc j’avais besoin d’une pause et de faire des films, a-t-il expliqué. Je crois qu’on me considère maintenant comme un vétéran, car ça fait des années que je suis là, mais en même temps je sais qu’il me reste encore plusieurs années devant moi.»

Le planchiste, âgé de 26 ans, se dit maintenant prêt à reprendre le collier en vue des épreuves de qualifications pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, en 2022.

Le Québécois participe cette semaine à l’épreuve de Coupe du monde de slopestyle à Laax, en Suisse, où il s’est classé troisième en demi-finales, mercredi. La finale aura ensuite lieu vendredi. Par la suite, il planifie prendre part aux X Games d’Aspen, du 23 au 26 janvier, et à l’escale du Dew Tour à Copper Mountain, du 6 au 9 février.

Une créativité renouvelée

Alors, ses exploits réalisés loin des réflecteurs ont-ils atténué sa soif de médailles?

«Est-ce que cette expérience-là m’enlève un petit peu de pression? Peut-être. Est-ce que ça m’enlève le goût de vouloir gagner, ou d’amener quelque chose de nouveau? Zéro. La motivation est toujours là», assure l’athlète de l’Assomption.

«Je voulais cependant sortir de l’espèce de bulle, vous savez, dans laquelle tout le monde effectue des routines similaires. J’ai toujours voulu être différent des autres — c’est ce qui me motive, qui m’inspire —, et je crois que c’est cette créativité-là qui me pousse à me surpasser, tant en surf des neiges que dans la vie en général», a-t-il poursuivi.

Selon le principal intéressé, c’est d’ailleurs ses journées passées à tourner dans l’arrière-pays (backcountry), hors des sentiers battus, ou encore dans les rues, qui stimulent sa créativité.

«J’aime bien le slopestyle, parce que ça demande des descentes complètes et qu’il n’y en a jamais deux identiques, a-t-il évoqué. Je crois donc que lorsque je participe à des projets de films, à l’extérieur du cadre compétitif, j’apprends des choses différentes que je peux appliquer dans des compétitions de slopestyle, par exemple. Au fond, tout ce que tu peux aller chercher en filmant en ‘backcountry’ ou dans la rue, ça va te servir en compétition.»

Toutant est aussi très actif sur les réseaux sociaux. Il n’est pas rare qu’il publie de courtes vidéos sur Twitter notamment où on le voit exécuter des manoeuvres en planche à roulettes, ou sur divers appareils dans un gymnase. Quant à savoir s’il pourrait un jour imiter l’Américain Shaun White, un médaillé d’or en surf des neiges qui aspire à participer aux épreuves de planche à roulettes aux JO de Tokyo l’été prochain, Toutant assure qu’il n’en est rien.

«Je pratique déjà quelques sports d’été, dit-il. Mais de là à dire que je ferais juste un autre sport pour me rendre aux JO, je ne pense pas que je sois aussi bon que ceux qui font ça à temps plein. Je me débrouille, mais c’est davantage pour ma satisfaction personnelle.

«Et puis, je me connais, et je sais que j’ai besoin d’un répit pendant l’été, pour ne pas penser au surf des neiges. C’est ce qui me rend heureux», conclut ‘Seb Toots’.

Alexandre Geoffrion-McInnis, La Presse canadienne