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19:38 15 janvier 2020

Gerard Gallant est congédié par les Golden Knights

Gerard Gallant est congédié par les Golden Knights
Photo: David Becker/APGerard Gallant est congédié par les Golden Knights.

OTTAWA — Gerard Gallant a amorcé l’année avec les Golden Knights de Vegas au premier rang de la section Pacifique et en apprenant la nouvelle qu’il sera derrière le banc à l’occasion du prochain match des Étoiles de la Ligue nationale de hockey. Deux semaines plus tard, il était devenu le septième entraîneur-chef à perdre son emploi en 2019-2020.

Le directeur général Kelly McCrimmon a annoncé mercredi que le populaire Gallant, qui a mené les Golden Knights à la finale de la Coupe Stanley à titre de club d’expansion il y a deux ans à peine, avait été libéré de ses fonctions, tout comme son adjoint Mike Kelly.

La décision est survenue au terme d’une séquence de quatre défaites qui a sorti l’équipe du portrait des séries éliminatoires dans l’Association Ouest.

Peter DeBoer, congédié le mois dernier par les Sharks de San Jose, a été nommé au poste d’entraîneur-chef de l’équipe.

«À titre de gérant, parfois vous avez la sensation que quelque chose ne va pas tout à fait comme il faut ou comme vous le voulez», a déclaré McCrimmon à des journalistes à Ottawa, où les Golden Knights affronteront les Sénateurs jeudi soir.

«Nous avons le sentiment que nous n’avons pas joué aussi bien que nous aurions dû, et ce n’est pas quelque chose qui est totalement de la faute à Mike et à Gerard. Mais parfois, vous avez l’impression qu’un changement est nécessaire et ç’a fait partie de la décision.»

Les Golden Knights présentent une fiche de 8-6-1 dans leurs 15 dernières rencontres, mais n’accusent que trois points de retard sur le premier rang dans la section Pacifique. Mardi, ils ont subi une défaite de 4-2 aux mains des Sabres de Buffalo qui a laissé un goût amer à la bouche des joueurs.

McCrimmon a admis être déçu de la séquence de défaites des Golden Knights, mais ça n’a pas été la raison principale du congédiement de Gallant, a-t-il fait remarquer.

«Ç’a n’a pas été un segment spécifique de matchs ou un match en particulier. C’est difficile de trouver les bons mots à moins que vous ayez occupé ces emplois. C’est plus le sentiment qui vous habite qu’un changement est peut-être nécessaire. J’aimerais pouvoir être plus précis que ça, mais c’est vraiment ce que nous ressentions. Nous y avons pensé beaucoup. Ce n’est certainement pas quelque chose qui a été fait de façon hâtive ou en fonction des quatre plus récents matchs. C’est une décision à laquelle nous sommes arrivés avec du temps.»

Les Golden Knights (24-19-6) croient qu’ils peuvent encore atteindre leurs objectifs malgré la décision. L’équipe amorcera le match de jeudi à égalité avec les Jets de Winnipeg pour la dernière place donnant accès aux séries éliminatoires dans l’Association Ouest. Les Jets ont cependant joué deux matchs de moins.

«Nous sommes comme beaucoup d’équipes, nous avions des attentes vraiment élevées pour la saison, et nos attentes demeurent vraiment élevées», a déclaré McCrimmon.

«Nous sommes dans une position unique, nous sommes au plus fort de la lutte et ce n’est donc pas comme si nous avions fait une chute vertigineuse et que nous n’avions plus aucun choix. Il s’agit d’une situation où, de façon proactive, nous croyions qu’il s’agissait de la meilleure chose pour notre organisation.»

La nouvelle a frappé les joueurs des Golden Knights de plein fouet.

«Je m’en veux d’avoir laissé ça arriver, a déclaré le gardien Marc-André Fleury. Pour un groupe, pour une équipe, c’est difficile de coûter l’emploi de quelqu’un. Il y a tant de respect pour eux. Ils ont toujours été très honnêtes avec nous, respectueux à l’endroit des joueurs, et vous n’entendrez jamais un mot négatif à leur sujet.

«Je me sens responsable d’avoir laissé ça se produire.»

Visiblement émotif, Nate Schmidt a été pris de court par la décision.

«Je suis seulement déçu de moi que nous n’ayons pas pu faire plus pour le garder avec nous, a déclaré le défenseur des Golden Knights. Il est un homme merveilleux et j’ai adoré jouer pour lui. Peu importe ce qui est arrivé ici, j’espère qu’il pourra aboutir quelque part où il sera heureux.»

Selon Fleury, c’est maintenant aux joueurs de prendre leurs responsabilités.

«C’est une bonne prise de conscience pour nous tous. De toute évidence, c’est plus facile de changer deux entraîneurs que de changer 15 joueurs. Je pense que nous devons entendre le message de façon claire et nette, renverser la vapeur et être meilleurs.»

Le congédiement de Gallant survient moins de deux ans après qu’il eut remporté le trophée Jack-Adams, remis à l’entraîneur-chef par excellence, pour son rôle dans la présence des Golden Knights en finale de la Coupe Stanley, qu’ils ont perdue contre les Capitals de Washington.

Ils ont également participé aux séries éliminatoires l’an dernier mais ont été éliminés en première ronde face aux Sharks, que dirigeait DeBoer.

Le nouvel entraîneur-chef des Golden Knights, que Gallant a qualifié de «clown» pendant les séries du printemps dernier, devait arriver à Ottawa mercredi soir ou jeudi matin, à temps pour le match de jeudi.

DeBoer est devenu le deuxième entraîneur-chef à avoir trouvé un emploi après avoir été limogé plus tôt au cours de la saison, après John Hynes, qui est passé du New Jersey à Nashville. DeBoer en sera à sa quatrième équipe dans la LNH après des passages au New Jersey, en Floride et à San Jose.

«Je pense qu’il a toujours été un entraîneur-chef qui a mérité beaucoup de respect de ses joueurs, selon McCrimmon. Il communique bien avec les joueurs. Il est un homme intelligent. Ses équipes ont toujours été très bonnes au niveau des unités spéciales. Il a participé à la finale de la Coupe Stanley avec deux équipes différentes, il a connu beaucoup de succès dans la LNH à titre d’entraîneur et je pense que ça va continuer avec cette opportunité.»

San Jose et Vegas ont développé une rivalité après leur duel en matchs éliminatoires, que les Sharks ont gagné en sept parties. Fleury a admis que l’embauche de DeBoer l’avait étonné.

«En apprenant la nouvelle, ç’a été un peu surprenant. Pete a beaucoup d’expérience, il a passé à travers beaucoup de choses et son équipe a eu de bonnes batailles contre nous au cours des deux dernières années. C’est du passé maintenant. Il fait partie de l’équipe, de notre équipe, et nous allons en tirer le meilleur parti.»

Lisa Wallace, La Presse canadienne