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18:45 21 janvier 2020 | mise à jour le: 25 janvier 2020 à 00:02

Laurent Duvernay-Tardif est fasciné par toute l’ampleur du Super Bowl

Laurent Duvernay-Tardif est fasciné par toute l’ampleur du Super Bowl
Photo: Christian Petersen/Getty ImagesLaurent Duvernay-Tardif

MONTRÉAL — Comme n’importe quel amateur de football, Laurent Duvernay-Tardif a toujours aimé jeter un coup d’oeil aux statistiques des Super Bowl qu’il regardait au petit écran, entouré d’amis. Celles qu’il avait l’habitude de consulter, toutefois, méritent le qualificatif de «hors de l’ordinaire». Un peu comme le joueur de football qu’il est devenu un peu moins de six ans après avoir été réclamé au 200e rang du repêchage de la NFL.

Lors d’une conférence téléphonique fort courue mardi après-midi, et à moins de deux semaines du match ultime contre les 49ers de San Francisco, le bloqueur des Chiefs de Kansas City a parlé de ses souvenirs du Super Bowl, qui sont moins clairs que l’on pourrait penser.

«Je ne pourrais pas dire», a-t-il répondu avec candeur, depuis Kansas City, lorsqu’il a été invité à identifier le premier Super Bowl qu’il a regardé.

«J’ai grandi chez nous sans télévision, pratiquement, définitivement sans le câble. Le premier Super Bowl que j’ai regardé, c’est probablement avec Sasha (Ghavami, son agent), au cégep, avec les amis des cliniques d’André-Grasset. J’aurais tendance à dire ça, mais ce n’est pas un souvenir marquant dans ma vie.»

Ce que Duvernay-Tardif peut dire, toutefois, c’est que le Super Bowl est une affaire grandiose à bien des niveaux.

«Ce qui me fascine toujours du Super Bowl, c’est l’ampleur que cet événement a dans l’esprit de tout sportif. Ça transcende le football et même, je pourrais dire que ça transcende le sport d’une certaine façon. C’est un événement qui est capable d’aller chercher tellement de monde de différentes sphères, que ce soit pour le football, le show de la mi-temps ou juste l’attraction en général.

«Et à chaque Super Bowl que j’ai regardé dans ma jeunesse, au cégep, à l’université, je ne pouvais pas m’empêcher d’aller voir les statistiques folles, comme le nombre de personnes qui le regardent, mais aussi le nombre d’avocats et de ‘chicken wings’ qui sont consommés aux États-Unis, etc. etc. Je pense que ça témoigne juste de l’ampleur et de la grandeur de cet événement-là et d’avoir la chance de participer à ça, c’est quelque chose. Maintenant, il reste juste à le gagner.»

S’il est conscient de la stature de l’événement, Duvernay-Tardif reconnaît aussi qu’il entre dans un monde qui lui est inconnu. Quelque 48 heures après la victoire de 35-24 contre les Titans du Tennessee, Duvernay-Tardif avait encore de la difficulté à réaliser ce qui était arrivé dimanche.

Pour l’aider à mieux comprendre le phénomène, il compte se tourner vers Jean-Philippe Darche, un ancien joueur de la NFL, également originaire du Québec et ayant participé, lui aussi, à un Super Bowl, en 2006 avec les Seahawks de Seattle.

Darche est aussi un collègue du domaine médical, qui pratique au sein du système de santé de l’Université du Kansas.

«On n’arrête pas de se faire dire à quel point ça va être plus gros que ce qu’on peut même imaginer. D’avoir quelqu’un qui l’a vécu, d’avoir quelqu’un qui sait exactement quelles sont les sources de distraction, comment les éviter, quel genre d’approche on devrait prendre par rapport à ça, c’est sûr que c’est de l’information qui est une mine d’or. De parler à ‘JP’, ça va être dans mes priorités cette semaine et aussi, parler à d’autres collègues dans le vestiaire qui ont eu la chance d’accéder au Super Bowl avec d’autres équipes», a déclaré Duvernay-Tardif.

Les Chiefs, l’équipe qui a choisi de faire confiance à cet obscur bloqueur de l’Université McGill le 10 mai 2014, participeront au troisième Super Bowl de leur histoire le 2 février prochain à Miami. Les hommes d’Andy Reid tenteront alors de mettre fin à la 100e saison de la Ligue nationale de football en procurant à la plus grande ville du Missouri un premier titre en exactement 50 ans.

«Il y a une tradition de football à Kansas City, on a des fans vraiment incroyables. Juste d’avoir gagné le trophée de la AFC il y a deux jours, c’était fou le sentiment dans la ville, dans le stade. il y avait une frénésie, une énergie, c’était vraiment incroyable. Je pense que c’est juste un avant-goût de ce que le Super Bowl sera dans deux semaines», a noté Duvernay-Tardif.

Le 11 janvier 1970 à La Nouvelle-Orléans, les Chiefs qui évoluaient encore dans l’American Football League — un circuit rival de la NFL — avaient causé une vive surprise en se moquant des puissants Vikings du Minnesota, qui étaient favoris par 13 points, 23-7. L’année suivante, les deux ligues fusionnaient mais les Chiefs ne sont plus jamais allés au Super Bowl avant cette année.

Pour l’instant, ce sont les Chiefs qui sont favoris, selon les preneurs aux livres de Las Vegas, par un maigre point. Le duel se dessine comme une bataille entre une ligne offensive imperméable, celle des Chiefs, qui accorde toute la marge de manoeuvre dont a besoin le spectaculaire quart Patrick Mahomes, et une ligne défensive athlétique.

«C’est probablement l’un des plus gros défis auxquels on a fait face cette année. Individuellement, on a peut-être déjà rencontré des joueurs plus talentueux, mais collectivement, en tant qu’unité offensive, ça va être de loin le meilleur front défensif qu’on va affronter, qu’il s’agisse des joueurs à l’intérieur ou à l’extérieur, estime Duvernay-Tardif.

«Il faut bien faire nos devoirs et la bonne nouvelle aussi, on a offert à Patrick (Mahomes) une très bonne protection dans les dernières semaines. Il faut continuer ça et prendre beaucoup de fierté à donner le plus de temps possible au meilleur quart de la Ligue nationale. Si on est capable de faire ça, nos chances de gagner vont être d’autant plus augmentées.»

Michel Lamarche, La Presse canadienne

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