Les sports de combats fascinent.
Instinctif chez l’être humain, le combat est une déclinaison ancestrale de la survie. L’instinct de survie, c’est une puissante force derrière l’envie de vivre, bien souvent. Vouloir faire des raccourcis, on pourrait dire que le combat, c’est la vie.
Dans notre quotidien, les combats prennent plusieurs formes. L’usage des poings et de la violence, en société, n’est plus une nécessité. Par contre, des centaines d’adeptes d’arts martiaux mixtes se sont rangés, au fil des ans, derrière l’utilisation de la violence contrôlée afin de se façonner une vie paisible autour.
François Méthé, avec son documentaire Hors combat, diffusé sur les ondes de Télé-Québec à 21h00 ce soir, plonge brièvement dans l’univers de quatre de ces adeptes. D’ailleurs, il n’a pas eu à voyager énormément. Le succès planétaire de Georges St-Pierre a frappé le Québec de plein fouet et le circuit amateur québécois débordent de jeunes ambitieux qui s’imaginent sous les projecteurs qui enveloppent présentement le combattant de Saint-Isidore.
La différence, sur les circuits amateurs, c’est l’ampleur de l’opération. St-Pierre est au sommet de son sport et travaille pour le plus grand promoteur du monde: l’UFC. Les jeunes Québécois au centre du film de Méthé, eux, se battent dans des foires agricoles ou des petits amphithéâtres de la province, souvent les mêmes que nos aspirants hockeyeurs toujours sur les bancs d’école. Ils se bataillent des ceintures en plastique et en cuirette devant famille et amis, utilisant le symbole comme démonstration concrète des heures investies.
Les moyens sont modestes, voire un brin risible, mais les rêves sont réels, tangibles.
L’univers de ces combattants est difficile à cerner au cours du film, parce qu’il se situe à des kilomètres de notre réalité quotidienne.
S’entraîner des dizaines d’heures par semaine pour un combat de quelques minutes par mois, souvent moins. La quantité d’effort ne résonne pas chez le téléspectacteur parce que, fondamentalement, elle ne peut pas résonner. La passion des autres ne se vit pas et, surtout, ne se quantifie pas.
Les combattants de Méthé sont passionnés et ils rêvent grand. Trop grand peut-être? Le réalisateur ne pose pas la question et n’offre pas vraiment la réponse non plus. Mais il ouvre la fenêtre sur un monde inconnu de plusieurs et, pour cela, l’effort est louable.
Avec le passage de St-Pierre à Tout le monde en parle, dimanche, et l’éventuel retour de l’UFC à Québec, en avril, la fascination envers les arts martiaux mixtes n’ira pas en s’amenuisant. On pourrait même parler d’un nouveau sport identitaire dans un avenir rapproché. Seul le temps nous le dira.
D’ici là, les coups sont réels, les combats ne viennent pas avec un scénario et les aspirations de ces jeunes hommes dépendront toujours du résultat de ces rares batailles à l’intérieur d’une cage portative, réutilisable. La vie façonne les collisions entre les pugilistes, mais la vie continue bien longtemps après ces mêmes collisions.
