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Les parachutistes volants

Parce que l’été, on parle surtout baseball, soccer, vélo, course à pied et… hockey (ah, le CH!), Métro est parti à la recherche de sports inusités. Cette série estivale s’adresse autant aux amateurs d’activités physiques originales qu’aux chasseurs de «Like» sur Facebook (photos d’action, selfies d’enfer). Aujourd’hui, place au wingsuit, le sport qui permet à l’humain d’imiter l’oiseau l’espace de quelques minutes.

«Pourquoi sauter d’un avion en parfait état de marche?» est une question tout à fait pertinente pour celui qui n’est jamais monté au sommet d’un escabeau (comprendre, l’auteur de ces lignes).

Pour les amoureux du parachutisme, la réalité est tout autre. Surtout quand il est question de la forme absolue de la discipline, le wingsuit. Armés de cette combinaison sur laquelle des toiles ont été ajoutées entre les jambes et entre les bras et le corps, les sauteurs accomplissent, l’espace d’un instant, ce que l’humain a toujours rêvé de faire: voler, et sans l’aide d’un bolide quelconque.

«La chute libre procure une sensation de chute, tandis que le wingsuit donne une sensation de vol, explique Martin Dumas, pilote d’avion et instructeur chez Parachutisme Atmosphair. C’est un peu comme si tu étais dans un petit jet, mais la structure du jet, c’est ton corps.»

Il y a deux façons de pratiquer le wingsuit: sauter d’un avion ou d’un flanc de montagne (basejump). Les deux pratiques offrent des sensations complètement différentes, et l’une d’elles est beaucoup plus dangereuse (on vous laisse deviner laquelle).

«En sautant à 13 000 pieds d’un avion, il est possible de planer jusqu’à quatre minutes», dit Francis Belzile, copropriétaire de Parachutisme Atmosphair.

«C’est le terrain de jeu idéal pour voler et s’amuser tout en ouvrant à une altitude sécuritaire», affirme pour sa part Ulysse Bélanger, instructeur de wingsuit chez Parachute Montréal.

M. Bélanger est d’ailleurs en Italie en ce moment, au mont Brento, où il a réalisé ses premiers sauts de basejump en wingsuit, une activité qu’il ne recommande pas nécessairement. «C’est très risqué; la décision de le faire ne doit pas être prise à la légère.»

«Le danger, c’est notre propre ego, prévient quant à lui M. Dumas. Si on en fait beaucoup en montagne, on devient plus confortable. On peut être attiré par un plus grand rush et se mettre à flirter avec le relief.»

La patience est de mise
On ne met pas les pieds dans une école de parachutisme pour la première fois en demandant de faire du wingsuit. Il y a beaucoup d’étapes à franchir avant de jouer à l’écureuil volant des kilomètres au-dessus du plancher des vaches.

  • «Une personne doit avoir fait 200 sauts en parachute avant de pouvoir faire un saut en wingsuit, et, même rendu là, elle doit porter une combinaison pour débutant [avec peu d’ailes]», explique Francis Belzile, copropriétaire de Parachutisme Atmosphair, dans la région de Québec, et instructeur de wingsuit. Après 100 autres sauts, la personne pourra enfiler la combinaison intermédiaire. Même chose avant de revêtir la combinaison réservée aux experts.
  • Tous les échelons sont très importants pour bien apprécier la pratique du wingsuit, indique pour sa part Ulysse Bélanger, instructeur chez Parachute Montréal. «C’est un sport où il n’est pas bon de brûler les étapes, affirme-t-il. Elles sont toutes importantes pour s’amuser et s’améliorer en sécurité.»

Parachute Montréal
29, route 125, Saint-Esprit

Parachutisme Atmosphair
1600, rue de l’Aéroport, St-Jean-Chrysostome

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